Le ministère des Finances estime que la création d’une banque postale, ou le renforcement de la participation de la Poste tunisienne dans le capital d’une banque existante, constitue un choix stratégique qui ne peut être tranché dans le cadre du projet de loi relatif à la lutte contre l’exclusion financière.
Le département souligne qu’une telle orientation nécessite une analyse approfondie des aspects juridiques, économiques et financiers, ainsi qu’un large consensus entre les différentes parties prenantes afin d’en garantir la réussite et l’atteinte des objectifs fixés.
Le sujet débattu au Parlement
Ces précisions ont été apportées lors d’une audition tenue à la fin de la semaine dernière par la commission des Finances et du Budget de l’Assemblée des représentants du peuple, consacrée à l’examen du projet de loi sur la lutte contre l’exclusion financière.
La proposition de créer une banque postale a occupé une place importante dans les échanges entre les députés et les représentants du ministère des Finances.
Les députés plaident pour une meilleure inclusion financière
Plusieurs députés ont mis en avant le potentiel du vaste réseau des bureaux de poste, présent sur l’ensemble du territoire, pour renforcer l’inclusion financière.
Selon eux, une banque postale permettrait de rapprocher les services bancaires des citoyens, notamment dans les régions de l’intérieur, de faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises à des financements adaptés, de développer les services d’épargne et de paiement numérique et, plus largement, de stimuler l’activité économique tout en réduisant les disparités régionales.
Les parlementaires estiment également que l’intégration d’un chapitre consacré à la banque postale dans le projet de loi ouvrirait de nouvelles perspectives pour la modernisation du système financier national et une meilleure valorisation des capacités de la Poste tunisienne.
Une réforme qui dépasse le cadre du texte
En réponse, les représentants du ministère des Finances ont rappelé que le projet de loi actuellement examiné s’inscrit dans une réforme plus globale et ne peut, à lui seul, répondre à l’ensemble des réformes structurelles attendues dans les secteurs bancaire et financier.
Ils ont souligné que la Poste tunisienne joue déjà un rôle central dans le système financier national, tout en insistant sur le fait qu’une éventuelle création d’une banque postale ou une extension de ses activités bancaires suppose une évaluation complète de ses impacts avant toute décision.
S.H










