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Poisson-lapin : faut-il craindre cette espèce désormais présente en Tunisie ?

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    Des photos d’un étrange poisson aux allures inquiétantes circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Présenté comme dangereux, voire mortel, le « poisson-lapin » suscite de nombreuses interrogations : est-il réellement présent en Tunisie ? Est-il venimeux ? Représente-t-il un risque pour les baigneurs ?

    BN Check fait le point entre réalité scientifique et idées reçues.

    Oui, le poisson-lapin est bien présent en Tunisie

    Le terme « poisson-lapin » désigne plusieurs espèces appartenant à la famille des Siganidés, dont les plus répandues en Méditerranée sont Siganus luridus et Siganus rivulatus. Son nom provient de sa petite bouche et de ses dents, qui rappellent celles d’un lapin et lui permettent de brouter les algues.

    Originaire de la mer Rouge et de l’océan Indien, il a gagné la Méditerranée en empruntant le canal de Suez, un phénomène connu sous le nom de migration lessepsienne. Avec le réchauffement des eaux, cette espèce poursuit progressivement son expansion vers l’ouest.

    La Tunisie fait aujourd’hui partie des pays où sa présence est scientifiquement confirmée. Les premières observations remontent à plusieurs années et concernent notamment les côtes du centre et du sud du pays. Les chercheurs estiment d’ailleurs que son aire de répartition pourrait continuer à s’étendre dans les années à venir.

    Est-il dangereux pour l’être humain ?

    La réponse est oui, mais dans des circonstances très précises.

    Contrairement à ce que laissent entendre certaines publications, le poisson-lapin n’est pas un poisson agressif. Il ne chasse pas l’être humain et n’attaque pas les baigneurs.

    En revanche, il possède des épines dorsales, pelviennes et anales reliées à des glandes à venin. Une piqûre peut survenir lorsqu’un pêcheur manipule un spécimen vivant ou lorsqu’une personne marche accidentellement dessus.

    Cette blessure provoque généralement une douleur intense accompagnée d’un gonflement, d’une rougeur et, dans certains cas, de nausées. Les complications graves demeurent toutefois rares.

    En cas de piqûre, il est recommandé de consulter rapidement un professionnel de santé. En attendant la prise en charge médicale, l’immersion de la zone touchée dans une eau chaude – sans risque de brûlure – peut contribuer à soulager la douleur.

    Attention à une confusion fréquente

    L’une des principales sources de désinformation concerne la confusion entre le poisson-lapin et le poisson-globe à joues argentées (Lagocephalus sceleratus).

    Or, il s’agit de deux espèces très différentes.

    Le poisson-globe est connu pour contenir de la tétrodotoxine, une neurotoxine extrêmement puissante pouvant être mortelle en cas de consommation. Le poisson-lapin, lui, n’est pas connu pour contenir cette toxine. Son danger est essentiellement lié à ses épines venimeuses et non à sa chair.

    Assimiler les deux espèces, comme c’est souvent le cas sur les réseaux sociaux, conduit donc à exagérer les risques réels.

    Un véritable enjeu… mais surtout pour la biodiversité

    Si le poisson-lapin ne constitue pas une menace permanente pour les baigneurs, il inquiète davantage les scientifiques pour son impact sur les écosystèmes marins.

    Grand consommateur d’algues, il peut profondément modifier les habitats côtiers méditerranéens. Dans certaines zones, sa prolifération entraîne une forte régression de la végétation sous-marine, indispensable à de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés pour se nourrir, se reproduire ou s’abriter.

    C’est pourquoi le poisson-lapin est aujourd’hui considéré comme une espèce exotique envahissante, susceptible d’avoir des conséquences importantes sur l’équilibre de la biodiversité méditerranéenne.

    Verdict

    Les publications affirmant que le poisson-lapin est présent en Tunisie sont fondées. En revanche, les messages qui le présentent comme un poisson extrêmement dangereux ou mortel pour les baigneurs sont trompeurs.

    Cette espèce ne se montre pas agressive envers l’être humain. Son principal risque réside dans une piqûre accidentelle provoquée par ses épines venimeuses, tandis que son impact le plus préoccupant concerne la biodiversité marine, où son expansion continue de retenir l’attention des chercheurs.

    R.A.

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    Commentaire

    1. Roberto Di Camerino

      Répondre
      29 juin 2026 | 14h28

      Pourquoi n’a-t-il pas migré vers le detroit d’Hormouz? Peur des Mollahset de leurs drones ou la mer est tellement polluée par tout le petrole qui s’y deverse qu’il a fui vers le Nord?

    Répondre

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