Le projet des sociétés communautaires, présenté depuis plusieurs années comme le nouveau moteur du développement économique voulu par le président Kaïs Saïed, franchit une nouvelle étape. Le ministère de l’Agriculture a annoncé avoir identifié une première série de terres agricoles domaniales destinées à être louées en priorité à ces structures.
Dans une réponse adressée à la députée Manel Bdida à la suite d’une question écrite déposée le 10 mars 2026, le département de l’Agriculture indique qu’une commission interministérielle a arrêté une première liste de 38 exploitations agricoles domaniales, réparties sur dix gouvernorats et 24 délégations, représentant une superficie totale d’environ 17.014 hectares.
Cette commission, créée le 5 février 2025, réunit des représentants des ministères de l’Agriculture, des Domaines de l’État et de l’Emploi. Sa mission consiste à identifier les terres pouvant être attribuées aux sociétés communautaires dans le cadre de l’arrêté conjoint du 4 novembre 2025, qui leur accorde un droit de priorité pour la location de terres agricoles domaniales sous forme de métayage.
Une nouvelle étape dans le projet des sociétés communautaires
Le ministère précise que le travail ne s’arrête pas à cette première sélection. Une deuxième liste d’exploitations est actuellement en cours d’examen afin d’élargir le dispositif.
Les autorités indiquent également que plusieurs terrains domaniaux récupérés et aujourd’hui vacants dans la délégation d’El Amra, dans le gouvernorat de Sfax, pourraient être intégrés à leur tour au programme de location réservé aux sociétés communautaires.
Cette accélération traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer un modèle économique devenu l’un des principaux marqueurs du projet présidentiel. Depuis leur création, les sociétés communautaires bénéficient d’un important soutien de l’État, à travers des avantages réglementaires, des mécanismes de financement dédiés et, désormais, un accès prioritaire à une partie du foncier agricole public.
Un modèle toujours en quête de résultats
Le dispositif continue toutefois de susciter des interrogations. Malgré les moyens mobilisés et les nombreux avantages accordés, les sociétés communautaires peinent encore à démontrer leur capacité à produire des résultats économiques à grande échelle ou à créer une dynamique durable de développement.
Le choix d’affecter progressivement une partie des terres agricoles domaniales à ce modèle intervient par ailleurs dans un contexte où de nombreuses petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu économique tunisien, traversent une crise persistante, tandis que les finances publiques demeurent sous forte pression.

S.H










