La condamnation à mort du principal accusé dans l’affaire du meurtre du chauffeur de taxi du Kram a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Beaucoup ont salué un verdict qu’ils jugent à la hauteur de l’émotion provoquée par ce crime, mais certains sont allés bien plus loin.
Parmi eux, Mehrez Ghannouchi. Celui que des milliers de Tunisiens suivent quotidiennement pour ses bulletins météo n’a pas seulement applaudi la décision de justice. Il a exprimé le souhait que la condamnation soit exécutée « sur une place publique » et retransmise afin de servir d’exemple.
« Nous espérons que l’exécution aura lieu sur une place publique et qu’elle sera diffusée. Qu’elle serve de leçon à tout criminel », a-t-il écrit sur sa page Facebook.
La publication a rapidement récolté des milliers de réactions positives et de commentaires approbateurs, sans susciter de véritable contradiction.

De la justice à la mise en scène de la mort
Il y a pourtant une différence fondamentale entre soutenir la peine capitale et réclamer que l’État transforme une exécution en spectacle public.
Ce que propose la star météo de Facebook ne relève plus seulement de la politique pénale, mais évoque des pratiques que l’on croyait reléguées aux livres d’histoire : des pendaisons sur les places publiques destinées à impressionner la foule, où la mort devient un instrument de communication.
L’idée n’est pas nouvelle puisqu’elle a longtemps été utilisée par les régimes autoritaires ou les sociétés où le supplice devait autant punir le condamné que terroriser la population. La plupart des démocraties y ont renoncé depuis des décennies, considérant qu’une justice moderne ne se confond pas avec la vengeance collective.
Un moratoire qui résiste… mais un débat qui régresse
En Tunisie, la peine de mort figure toujours dans le Code pénal. Toutefois, aucune exécution n’a été pratiquée depuis 1991.
Le pays observe de fait un moratoire depuis plus de trois décennies, même si les tribunaux prononcent récemment de plus en plus de condamnations à mort dans les affaires les plus graves.
Ces dernières années, plusieurs dossiers particulièrement médiatisés ont ravivé le débat et nourri des appels à une reprise des exécutions. Les émotions suscitées par des crimes atroces rendent le sujet particulièrement sensible.
Mais franchir une étape supplémentaire en appelant à des exécutions publiques retransmises dépasse largement la question du maintien ou non de la peine capitale.
L’influence d’une parole banalisée
Le plus préoccupant est l’écho que rencontre un tel message.
Mehrez Ghannouchi n’est pas un internaute anonyme. Au fil des années, il s’est imposé comme l’un des visages les plus connus de la météo sur Facebook, où il est suivi par plusieurs de milliers de personnes. Sa parole bénéficie d’une crédibilité acquise dans un tout autre domaine.
Ce n’est d’ailleurs pas sa première sortie controversée. Lors du passage de l’ouragan Milton en Floride, il avait publiquement présenté la catastrophe comme un « châtiment divin », provoquant déjà de nombreuses critiques.
Aujourd’hui, le registre change, mais le mécanisme demeure : des propos radicaux, formulés sans nuance, relayés à une audience considérable et largement validés par les réactions qu’ils suscitent.
Quand les réseaux récompensent les instincts les plus primaires
Les réseaux sociaux excellent à amplifier les émotions les plus immédiates notamment la colère, l’indignation et le désir de punir.
Dans ce contexte, réclamer une pendaison publique filmée devient presque un contenu comme un autre, générant approbations, partages et visibilité.
Pourtant, une justice digne de ce nom n’a jamais eu pour vocation d’organiser des spectacles de la mort.
Le débat sur la peine capitale peut exister. Celui sur le retour des exécutions publiques appartient, lui, à un autre âge.
R.B.H











Commentaire
Roberto Di Camerino
Exemple frappant du Liberal qui reflechit avec son ventre ET comme le dit Corneille »
AUX AMS BIEN NEES LA VALEUR N’ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNÉES
Au Pays qui a inventé la democratie, encore les executions sont publiques, Ou les gens peuvent assister à une execution a travers des vitres, mais ils y assistent qund méme.