Les réseaux sociaux ont largement relayé ces dernières heures une publication affirmant que « l’administration Trump restreint le lancement de GPT-5.6 » et que les modèles d’intelligence artificielle les plus puissants seraient désormais « sous le contrôle du gouvernement américain ». La publication affirme également qu’OpenAI n’a autorisé l’accès au nouveau modèle qu’à un petit groupe de partenaires approuvés pour des raisons de sécurité. Face à ces affirmations, BN Check a vérifié les informations disponibles afin de déterminer ce qui est vrai, ce qui est exagéré et ce que cela signifie réellement.

Après vérification, il apparaît que cette affirmation est partiellement vraie, mais elle nécessite d’importantes précisions. OpenAI a bien annoncé un lancement progressif de GPT-5.6, réservé dans un premier temps à un nombre limité de partenaires de confiance établis aux États-Unis. Cette décision intervient à la suite d’échanges avec le gouvernement américain et d’une demande des autorités fédérales visant à mettre en place une phase de prévisualisation avant une diffusion plus large. Toutefois, cela ne signifie pas que le gouvernement américain prend le contrôle de GPT-5.6 ou qu’il en décide seul de l’utilisation.
Dans un billet publié par OpenAI, l’entreprise explique avoir présenté ses plans ainsi que les capacités de GPT-5.6 au gouvernement américain avant son lancement. Elle précise que, « à la demande du gouvernement », la diffusion débute par une préversion limitée destinée à un petit groupe de partenaires de confiance dont les noms ont été communiqués aux autorités. OpenAI ajoute néanmoins que cette mesure est temporaire et qu’elle vise à préparer un déploiement plus large dans les semaines suivantes.
Cette approche s’inscrit dans un contexte particulier. En vertu d’un décret signé par le président Donald Trump, les entreprises développant les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés doivent collaborer avec le gouvernement américain afin d’établir un cadre d’évaluation et de déploiement des systèmes considérés comme les plus puissants. OpenAI indique travailler avec la Maison-Blanche pour mettre en place ce mécanisme, tout en soulignant publiquement son désaccord avec l’idée qu’un tel processus d’autorisation gouvernementale devienne la norme à long terme.
L’entreprise affirme d’ailleurs sans ambiguïté qu’elle ne souhaite pas que ce type d’accès préalable par les autorités constitue un modèle permanent. Selon OpenAI, une telle procédure risque de retarder l’accès aux meilleurs outils d’intelligence artificielle pour les utilisateurs, les développeurs, les entreprises, les chercheurs en cybersécurité et les partenaires internationaux. La société présente donc cette phase limitée comme une mesure exceptionnelle destinée à accélérer une ouverture plus large plutôt qu’à instaurer un contrôle durable.
Au terme de cette vérification, il est exact qu’OpenAI a limité le lancement initial de GPT-5.6 à un petit groupe de partenaires à la demande du gouvernement américain. En revanche, affirmer que l’administration Trump « contrôle » GPT-5.6 ou que les modèles d’intelligence artificielle les plus puissants sont désormais placés sous le contrôle direct du gouvernement américain est une interprétation exagérée qui ne correspond pas aux déclarations officielles de l’entreprise.
R.A.












