Un important incendie survenu dimanche 28 juin 2026 dans la délégation de Nebeur (gouvernorat du Kef) a détruit près de 120 hectares de terres agricoles, causant d’importantes pertes aux agriculteurs de la région. Intervenant mardi 30 juin 2026 sur Express FM, la membre du conseil local de Sidi Khiar, Rim Nasr, est revenue sur les circonstances du sinistre, son lourd bilan et les difficultés rencontrées pour maîtriser les flammes.
Selon l’élue, le feu s’est déclaré alors que des habitants étaient en train de transporter des bottes de foin. Une étincelle, survenue à proximité d’un oued, aurait déclenché l’incendie avant que les vents violents ne favorisent sa propagation rapide.
Un lourd bilan pour les agriculteurs
Rim Nasr a indiqué que l’incendie a ravagé environ 70 hectares de blé sur pied et 50 hectares de chaumes, détruisant également près de 1.500 bottes de paille.
Les flammes ont également endommagé près de 77 oliviers, des vignes ainsi que plusieurs équipements agricoles utilisés pour l’exploitation des oliveraies.
« Les dégâts sont très importants », a-t-elle souligné.
Les habitants mobilisés avant l’arrivée des secours
L’élue a expliqué que les habitants ont été les premiers à intervenir afin d’empêcher le feu d’atteindre les habitations voisines.
Armés de branches et d’outils rudimentaires, ils ont tenté d’éteindre les flammes avant d’être rejoints par plusieurs agriculteurs venus avec leurs tracteurs pour créer des coupe-feu et limiter la propagation de l’incendie.
Les unités de la Protection civile et les agents des forêts des délégations de Nebeur et de Sakiet Sidi Youssef sont ensuite intervenus, avant d’être renforcés par des équipes venues des gouvernorats du Kef et de Jendouba.
L’incendie a finalement été maîtrisé après environ trois heures d’intervention.
Un drone utilisé pour évaluer les dégâts
Une fois le feu circonscrit, un drone a été mobilisé afin de délimiter précisément la superficie touchée et d’évaluer l’ampleur des dégâts. Rim Nasr a précisé que cet équipement n’a pas servi à combattre les flammes mais uniquement à réaliser le constat des pertes.
Par ailleurs, les autorités locales, la Garde nationale et les services compétents ont ouvert une enquête afin de déterminer les causes exactes de l’incendie. Selon l’élue, les investigations sont toujours en cours.
« Nebeur manque cruellement de moyens »
Au-delà de cet incendie, Rim Nasr a dénoncé le manque de moyens dont souffre la délégation de Nebeur pour prévenir ce type de catastrophes.
Elle a notamment regretté l’absence d’un bulldozer permettant d’entretenir les pistes agricoles et de débroussailler les accotements avant la saison des moissons. Selon elle, cet engin est en panne depuis de longs mois, ce qui a favorisé l’accumulation d’herbes sèches et de broussailles le long des routes et des pistes agricoles.
« Nous avons alerté à plusieurs reprises les autorités locales, régionales et le ministère sur la nécessité de disposer d’un bulldozer, mais nos demandes sont restées sans réponse », a-t-elle affirmé.
L’élue a également estimé que les moyens de la Protection civile demeurent insuffisants, précisant que la délégation de Nebeur ne dispose que d’un seul camion d’intervention, auquel s’ajoute un véhicule relevant des services forestiers, alors que le territoire couvre neuf secteurs administratifs et de vastes superficies agricoles.
Des mesures de prévention réclamées
Rim Nasr a enfin appelé à renforcer les mesures préventives avant chaque saison des récoltes, notamment en procédant au nettoyage des pistes agricoles et au débroussaillage des zones à risque.
Elle a également invité les agriculteurs à aménager des bandes coupe-feu entre les parcelles et à équiper leurs tracteurs de citernes d’eau afin de pouvoir intervenir rapidement en cas de départ de feu.
Selon elle, de telles mesures permettraient de limiter considérablement les dégâts causés par les incendies agricoles, récurrents dans la région de Nebeur.
M.B.Z










