Une nouvelle femme est morte dans des circonstances d’une violence insoutenable. Mercredi 1er juillet 2026, une jeune femme a succombé à ses blessures au service de réanimation de l’unité des grands brûlés de l’hôpital universitaire Ibn El Jazzar de Kairouan, après avoir été aspergée d’une substance inflammable puis incendiée en pleine route, selon les informations rapportées par Mosaïque FM.
Les faits se sont déroulés mardi dans les environs de la délégation de Bouhajla, dans le gouvernorat de Kairouan. Alors qu’elle rentrait en voiture vers le domicile familial, la victime a été interceptée par un homme qui l’a forcée à s’arrêter. D’après les premiers éléments de l’enquête, il l’a ensuite violemment agressée avant de lui verser un liquide inflammable et d’y mettre le feu.
Transportée dans un état critique à l’unité des grands brûlés, la jeune femme n’a pas survécu à l’étendue de ses blessures.
L’auteur présumé de l’agression s’est ensuite immolé par le feu. Lui aussi grièvement brûlé, il a été admis à l’hôpital où il demeure dans un état extrêmement critique.
Le parquet a ouvert une enquête afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. Les premières informations évoquent un différend entre la victime et son agresseur, sans qu’aucun élément officiel ne permette, à ce stade, d’en préciser la nature ou le mobile.
Une violence contre les femmes qui ne cesse de gagner en intensité
Au-delà de ce drame, cette affaire vient s’ajouter à une liste toujours plus longue de crimes visant des femmes en Tunisie. Ces dernières années, les féminicides et les violences d’une extrême brutalité se sont multipliés, suscitant une inquiétude grandissante au sein de l’opinion publique et des associations de défense des droits des femmes.
Poignardées, étranglées, battues à mort, tuées par balle ou désormais brûlées vives, les victimes tombent souvent sous les coups d’un conjoint, d’un ancien partenaire ou d’un homme de leur entourage. Derrière chaque affaire se dessinent des mécanismes récurrents : violences antérieures, menaces, emprise, conflits conjugaux ou refus d’accepter une séparation.
Malgré l’existence d’un arsenal juridique renforcé pour lutter contre les violences faites aux femmes, les drames continuent de se succéder à un rythme alarmant. Chaque nouveau féminicide ravive les mêmes interrogations sur la prévention, la protection effective des victimes et la capacité des institutions à intervenir avant qu’il ne soit trop tard.
À Kairouan, une famille est aujourd’hui plongée dans le deuil. Mais au-delà de cette tragédie, c’est toute une société qui est une nouvelle fois confrontée à une violence dont l’ampleur ne peut plus être considérée comme une succession de faits divers isolés.
N.J










