Ce qui relevait jusqu’ici de documents parlementaires italiens et d’informations relayées en Tunisie est désormais officiellement confirmé.
L’Italie lancera en 2026 une nouvelle mission bilatérale de coopération militaire en Tunisie, baptisée Mibit, a annoncé le général Giovanni Maria Iannucci, commandant du Commandement opérationnel interarmées italien (Covi), lors d’une audition devant les commissions des Affaires étrangères et de la Défense de la Chambre des députés et du Sénat italiens consacrée aux missions internationales prévues pour 2026.
Cette déclaration vient confirmer les informations rapportées début juin, fondées sur des documents officiels du Parlement italien. Ces documents faisaient état d’une nouvelle mission de la Guardia di Finanza en Tunisie destinée à renforcer la coopération avec la Garde nationale maritime tunisienne dans le domaine de la surveillance maritime et de la gestion des frontières.
Une mission de formation et d’assistance
Devant les parlementaires italiens, le général Iannucci a précisé que « la Défense entend mettre en œuvre une mission bilatérale de coopération en Tunisie, la Mibit, qui prévoit des activités de formation, de conseil et d’assistance ».
Selon lui, cette mission pourrait également s’intégrer au Nato Framework for the South, initiative de l’Otan destinée à renforcer le dialogue et la coopération avec les pays partenaires du flanc sud de l’Alliance.
Les activités prévues porteront notamment sur l’entraînement, le mentorat, le conseil ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles et institutionnelles des pays partenaires qui en feront la demande.
Une coopération qui s’inscrit dans la stratégie italienne en Méditerranée
Cette officialisation intervient alors que Rome redéfinit ses priorités militaires en Méditerranée et en Afrique du Nord.
Le général Iannucci a présenté un dispositif de quarante missions internationales prévues pour 2026, mobilisant jusqu’à 11.900 militaires. Le flanc sud constitue désormais l’un des axes stratégiques de la politique extérieure italienne, aux côtés des opérations déjà menées en Libye, dans le Sahel et en Méditerranée.
Dans cette architecture régionale, la Tunisie apparaît comme un partenaire appelé à jouer un rôle croissant dans la stratégie sécuritaire italienne.
Des informations connues en Italie, mais toujours sans communication à Tunis
Les documents du Parlement italien évoquaient une mission pouvant mobiliser 22 agents de la Guardia di Finanza, déployés notamment à Tunis et à Sfax, pour un budget estimé à 8,83 millions d’euros, financé par l’État italien.
Ces documents indiquaient également que cette coopération s’inscrivait dans le prolongement du mémorandum migratoire signé entre les deux pays en 2017 et d’un échange de notes diplomatiques intervenu en décembre 2025.
À l’époque, Majdi Karbai avait dénoncé le contraste entre la transparence des institutions italiennes, qui publient les détails et le financement de leurs missions extérieures, et le silence observé du côté tunisien. Plus d’un mois après ces révélations, aucune autorité tunisienne n’a encore communiqué officiellement sur les contours, les objectifs ou les modalités de cette future mission.
M.B.Z











