Invité de l’émission Expresso sur Express FM vendredi 3 juillet 2026, l’ambassadeur d’Italie en Tunisie Alessandro Prunas a longuement détaillé les grandes lignes du forum économique et entrepreneurial tuniso-italien. Il a notamment mis l’accent sur les dynamiques de mobilité, de formation et de migration légale, avant d’élargir la réflexion aux enjeux économiques et stratégiques du partenariat bilatéral.
Revenant sur les échanges consacrés à la mobilité des talents, le diplomate a insisté sur une évolution qu’il juge structurante dans la relation entre les deux pays. Il a rappelé d’abord le cadre posé en 2023 : « un mémorandum visant à favoriser l’entrée en Italie de travailleurs tunisiens à hauteur d’environ 4000 par an pour trois années successives ».
Depuis, les résultats ont dépassé les attentes initiales. Selon lui, « sur la période 2024-2026, nous avons plus que triplé le nombre de visas de travail vers l’Italie », avec « plus de 15.000 visas de travail délivrés à ce jour », une dynamique encore en cours sur l’année 2026.
Dans le même temps, les visas d’études ont, eux aussi, connu une progression significative : « ils ont doublé », a-t-il souligné, tandis que les flux de mobilité légale dans leur ensemble « ont pratiquement triplé ».
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout un changement de paradigme que l’ambassadeur a mis en avant. Pour lui, l’enjeu central est désormais de structurer une mobilité « circulaire », capable de transformer les départs en opportunités de retour et de transfert de compétences : « il faut éviter le phénomène du brain drain et faire en sorte qu’il y ait plutôt un brain gain ».
Cette logique repose sur une double approche. D’un côté, répondre aux besoins du marché du travail italien à travers des formations ciblées et des voies légales d’accès à l’emploi. De l’autre, préserver les équilibres du tissu productif tunisien en garantissant un retour des compétences et une circulation des savoir-faire.
Dans ce cadre, il a évoqué une coopération structurée impliquant plusieurs acteurs économiques majeurs ainsi que des organisations professionnelles italiennes engagées dans des parcours de formation finalisés à l’emploi.
L’ambassadeur a souligné également l’ampleur des dispositifs en cours : « une vingtaine de projets pour créer des voies légales de migration », soutenus par environ « 15 millions d’euros mobilisés pour la formation professionnelle de jeunes Tunisiens ».
Cette approche s’inscrit, selon lui, dans une vision plus large du Plan Mattei pour l’Afrique, où la formation professionnelle devient un pilier central de la coopération euro-méditerranéenne.
Au-delà des mécanismes institutionnels, Alessandro Prunas a insisté sur un indicateur qu’il juge particulièrement révélateur : l’évolution des flux migratoires. Il a affirmé ainsi que, pour la première fois, « les arrivées régulières de citoyens tunisiens vers l’Italie ont largement dépassé les arrivées irrégulières ».
Une inversion de tendance qu’il considère comme déterminante, notamment en matière de protection des travailleurs. Une arrivée légale permet, selon lui, d’assurer « une sécurité sociale, un statut légal, un accès à un compte bancaire et une situation beaucoup plus stable ». À l’inverse, les parcours irréguliers exposent davantage à l’exploitation et à la précarité.
Cette évolution est présentée comme le résultat d’une politique de coopération renforcée, mais aussi d’une meilleure adéquation entre les besoins des entreprises et les formations dispensées des deux côtés de la Méditerranée.
Le diplomate est également revenu sur la dimension économique et stratégique du partenariat tuniso-italien, rappelant l’ampleur de la mobilisation lors du forum économique : « plus de 200 entreprises italiennes ont accompagné M. Tajani », tandis que « plus de 400 rencontres B2B ont été organisées ».
Pour Alessandro Prunas, ces chiffres traduisent une réalité structurelle : la Tunisie demeure une destination attractive pour les investisseurs italiens, portée par sa proximité géographique, son capital humain et son rôle régional.
Cette dynamique économique s’inscrit dans un cadre plus large, celui des relations entre la Tunisie et l’Union européenne dont le poids se ressent dans l’économie tunisienne : près de 70% des exportations tunisiennes sont destinées au marché européen, tandis que les pays de l’Union européenne figurent parmi les principaux investisseurs en Tunisie, générant des centaines de milliers d’emplois.
L’ambassadeur a ainsi insisté sur la volonté de renforcer davantage l’intégration économique et institutionnelle entre la Tunisie et l’Union européenne, en capitalisant sur les complémentarités existantes, assurant que « la Tunisie a beaucoup à offrir dans le domaine de l’innovation ».
N.J











Commentaire
"Paroles, paroles , parolaids"... Yezina basta 3ad, Alessandro. Don't call it by its name, le dit cas K. Qaramita horass el touliane...
https://m.youtube.com/shorts/Vx9DaE4gf0U
https://m.youtube.com/shorts/XNLUP5L1C4U
Basta Kwazi.