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DPNI et avortement sélectif : les sages-femmes dénoncent des « amalgames non fondés »

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Par Sarra Hlaoui

    Face à la polémique qui enfle sur les réseaux sociaux autour du dépistage prénatal non invasif (DPNI), alimentée par une vidéo largement relayée d’un médecin gynécologue-obstétricien suivi par des milliers d’internautes, l’Association tunisienne de maïeutique et d’obstétrique a publié, vendredi 3 juillet 2026, un communiqué pour réfuter tout lien entre cette technique médicale et un supposé recours à l’avortement sélectif en Tunisie.

    Dans cette vidéo, devenue virale en quelques heures, le praticien présente le DPNI comme un facteur susceptible de favoriser les interruptions volontaires de grossesse en fonction du sexe du fœtus, un scénario décrit sur un ton particulièrement alarmiste. Des affirmations que l’association juge dépourvues de fondement scientifique et qui l’ont conduite à intervenir publiquement afin de recadrer le débat.

    L’organisation estime que les affirmations présentant le DPNI comme un facteur favorisant les interruptions de grossesse en fonction du sexe du fœtus ne reposent sur aucune donnée scientifique nationale et relèvent davantage de spéculations que d’une réalité documentée.

    « Aucun lien direct n’est établi »

    Dans son communiqué, l’association affirme que le rapprochement entre le DPNI et l’avortement sélectif est « non étayé par des données nationales », reposant sur « des extrapolations contextuelles non vérifiées » et comportant « des erreurs méthodologiques dans le raisonnement ».

    Elle considère qu’ériger une hypothèse en « risque sociétal avéré » ne relève pas d’un débat scientifique, mais d’une dramatisation injustifiée, contraire aux principes de la médecine fondée sur les preuves.

    L’association met ainsi en garde contre le remplacement de l’analyse scientifique par un discours alarmiste, estimant qu’une telle approche risque d’altérer la qualité du débat public et d’éroder la confiance des citoyens dans les pratiques médicales.

    Une mise au point face à un discours alarmiste

    L’organisation indique avoir suivi de récentes publications sur les réseaux sociaux associant le DPNI à un hypothétique déséquilibre démographique résultant d’avortements sélectifs selon le sexe du fœtus.

    Selon elle, ces discours reposent sur une succession de conclusions non scientifiques : ils partent d’une hypothèse non démontrée pour aboutir à des généralisations susceptibles d’alimenter des inquiétudes infondées en matière de santé publique.

    L’association estime que cette prise de parole très médiatisée, relayée massivement sur les réseaux sociaux, a contribué à diffuser des interprétations erronées d’un examen médical pourtant largement utilisé dans le suivi des grossesses.

    Elle souligne également que ce type de déclarations crée de la confusion au sein de l’opinion publique, détourne le débat des véritables enjeux liés à la santé maternelle et infantile et contribue à fragiliser la confiance dans les technologies médicales modernes.

    Le DPNI, un outil de dépistage médical

    L’Association tunisienne de maïeutique et d’obstétrique rappelle que le dépistage prénatal non invasif est une technique de génétique médicale dont l’objectif est de détecter précocement certaines anomalies chromosomiques afin d’améliorer le suivi de la grossesse et d’orienter les décisions médicales sur la base de données scientifiques.

    Elle souligne que cet examen n’a jamais été conçu comme un outil permettant de choisir le sexe de l’enfant ni comme un facteur pouvant conduire, à lui seul, à des pratiques d’avortement sélectif.

    Un appel à recentrer le débat

    En conclusion, l’association estime que réduire le DPNI à un prétendu « instrument de l’avortement sélectif » sans démonstration d’un lien de causalité revient à dénaturer sa vocation médicale et à le sortir de son contexte scientifique.

    Elle appelle ainsi à privilégier une approche fondée sur les preuves et à recentrer le débat sur les véritables priorités de santé publique, notamment la protection de la santé de la mère et de l’enfant.

    S.H

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