La chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a prononcé, dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 juillet 2026, l’acquittement de l’ancien ministre Mehdi Ben Gharbia dans l’affaire du dégel des avoirs de l’homme d’affaires Marouane Mabrouk.
En première instance, le 2 mars 2026, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis avait condamné Mehdi Ben Gharbia à six ans de prison, aux côtés de l’ancien chef du gouvernement Youssef Chahed, de l’homme d’affaires Marouane Mabrouk, ainsi que de plusieurs anciens ministres et hauts responsables.
Le dossier porte sur la décision de dégeler les avoirs de Marouane Mabrouk, prise à l’issue d’un conseil ministériel restreint tenu en janvier 2018. Les poursuites concernaient notamment des accusations d’exploitation par un agent public de sa qualité afin de procurer un avantage indu à autrui, de préjudice causé à l’administration et de participation à ces infractions.
Le jugement de première instance avait également condamné à six ans de prison les anciens ministres Mabrouk Korchid, Ridha Chalghoum, Mohamed Anouar Maarouf et Khemaies Jhinaoui, ainsi que l’ancien directeur général d’Al Karama Holding, Adel Grar, et l’ancien conseiller économique Lotfi Ben Sassi.
Le tribunal avait en outre prononcé des amendes de 800 millions de dinars contre les condamnés et ordonné la restitution solidaire du même montant.
L’acquittement de Mehdi Ben Gharbia intervient dans le cadre de l’examen en appel de cette affaire, dont les autres décisions rendues par la Cour n’ont pas encore été détaillées.
L’ancien ministre a, rappelons-le, été incarcéré en octobre 2021 dans le cadre d’une série de procédures judiciaires complexes et controversées, marquées par des décisions contradictoires, des recours successifs et de longues périodes de détention provisoire.
Il est visé par des accusations de corruption et de blanchiment d’argent dans plusieurs dossiers sensibles. Le premier dossier ayant motivé son mandat de dépôt a connu par la suite des évolutions importantes. Après plusieurs mois de détention, le juge d’instruction de Sousse a avancé que les conditions juridiques du maintien en prison n’étaient plus réunies. Cette décision a toutefois été contestée par le parquet, et la procédure s’est poursuivie dans un contexte institutionnel tendu, marqué notamment par des changements au niveau de l’instruction.
En janvier 2025, le tribunal de première instance de Sousse a prononcé finalement un acquittement total de Mehdi Ben Gharbia dans les principales accusations de corruption et de blanchiment d’argent qui avaient conduit à son arrestation. Il a cependant été condamné à quatre ans de prison pour des infractions fiscales et de comptabilité parallèle. En appel, cette décision a été globalement confirmée, tout en maintenant les condamnations liées aux infractions financières.
Parallèlement, de nouvelles procédures judiciaires ont été ouvertes, notamment dans le cadre de l’affaire du meurtre de Rahma Lahmar, assassinée en septembre 2020. Dans ce dossier, le principal auteur du crime a été arrêté, reconnu coupable et condamné. Mehdi Ben Gharbia a toutefois été mis en cause à un stade ultérieur de l’enquête, malgré l’absence d’audition préalable prolongée et la contestation de ces accusations par la défense de la famille de la victime.
Cette affaire a entraîné l’émission d’un mandat de dépôt en mai 2025, prolongé par la suite, dans un contexte judiciaire toujours en instruction.
En parallèle, ses avoirs financiers ont été gelés, une mesure qui a compliqué également la situation de sa famille, notamment celle de son fils mineur et orphelin de mère.
N.J












Commentaire
Mohamed Mabrouk
La supposition de l’existence d’un préjudice a l’administration dû a la levée du gel des fonds de Marouane n’est qu’une supposion a base idéologique, inspirée par une interprétation excessive du marxisme; puisque l’administration etait dans une meilleure situation quand ces fonds n’etaient pas gelés. En comparant les situations avant et apres, le pouvoir d’achat moyen a été presque divisé par 2. Autorisez un sondage d’opinions si vous voulez vraiment vérifier en laissant l’ideologie de coté