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Perspectives économiques : une illusion du progrès

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Par Houcine Ben Achour

    Pour les macroéconomistes et, au-delà, toute la communauté des économistes et tous les acteurs de la scène économique tunisienne vont-ils passer des vacances studieuses en épluchant et le Budget économique et le document du Plan de développement 2026-2030, tentant de découvrir quelle stratégie de développement a adopté le gouvernement pour les prochaines cinq années ? Il aurait été utile qu’ils aient à disposition le Rapport annuel sur le budget de l’État ainsi que le Rapport sur le cadre budgétaire de moyen terme couvrant la période 2026-2030. Ces deux Rapport s’apparentent fort à l’Arlésienne, celle qu’on annonce et qui ne vient pas. À défaut, ils devront se contenter des résultats provisoires de l’exécution du budget 2026 que devrait publier mensuellement le ministère des Finances. Là aussi, c’est « circulez, y a rien à voir ». Ils ont besoin de tout cela afin de, par la suite, pouvoir éclairer les Tunisiens sur leur devenir. D’autant plus que certaines circonstances y concourent.

    Deux visions de gestion de la crise

    La réunion de la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, avec les directeurs généraux des banques et des établissements financiers en constitue une illustration. Car, ce n’est pas tant le financement de l’économie et particulièrement le financement de l’investissement et de l’entreprise privée que le besoin de financement de l’État qui préoccupait le plus Mme Slama Khaldi. Le communiqué issu de la réunion était au trois-quarts consacré aux émissions prochaines des Bons du Trésor sur le marché et de la contribution des institutions de dépôts et des organismes financiers à la réussite de ces sorties.

    Depuis le début de l’année, le volume des créances nettes sur l’État des institutions de dépôt, banques et Banque centrale de Tunisie (BCT), a augmenté de 2,5 milliards de dinars environ à fin avril 2026, selon les statistiques financières de la BCT.  Dans le même temps, les crédits octroyés aux opérateurs et aux ménages n’ont augmenté que 1,5 milliard de dinars. Ainsi donc, ce qui importe le plus serait selon le ministère des Finances de préserver un équilibre budgétaire extrêmement fragile.

    Ce n’est pas le même son de cloche qu’émet le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, qui, en marge de son audition devant les commissions permanentes de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), suggérait que la priorité stratégique du pays serait de stimuler la croissance, seule à même de venir à bout du déséquilibre persistant des finances publiques. Autrement dit, c’est la croissance qui résoudra les problèmes et non pas l’émission à tout va de Bons du Trésor. L’option est d’autant plus raisonnable qu’implicitement, elle desserre l’étau de l’endettement pour combler les déficits jumeaux du budget et des paiements extérieurs.

    Des prévisions chimériques

    Sauf que, cette croissance se fonde sur des prévisions chimériques. Ce sera toujours la consommation qui tirera la croissance vers le haut. Ce ne sera pas l’investissement, ni l’exportation. En tout cas, pas comme pourrait le souhaiter M. Abdelhafidh.

    Certes, le ministre de l’Économie et de la Planification table sur une augmentation de plus de 80% du volume de l’investissement à l’horizon de 2030 par rapport à 2025. Néanmoins, en termes de ratio, on demeure loin, bien loin du compte. Car le taux d’investissement qui mesure le stock d’investissement par rapport au PIB n’évoluera pas au même rythme que le volume. Il ne gagnera que 4,5 points de pourcentage, passant de 15,5% en 2025 à 20% en 2030. Il faut savoir que le taux d’investissement moyen mondial est d’environ 26% du PIB. Des économies émergentes comme la Chine affichent souvent des taux d’investissement supérieurs à 40% du PIB. S’agissant de la dynamique d’exportation qui stimulerait la croissance, l’objectif semble être revu à la baisse, entre le moment de la rédaction du Budget économique et celui du projet de Plan de développement 2026-2030. Dans le premier document, le ministère de l’Économie et de la Planification estime que les exportations de biens et de services ont augmenté de 3,8% en 2025 et prévoit une hausse de 4,6% en 2026. Dans le second document, il n’est question que d’une augmentation des exportations de biens et services de 2,7% en 2025 et 2,9% en 2026.

    Ce n’est nullement avec de telles données de départ que l’on atteindra les objectifs fixés pour 2030.

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    5 commentaires

    1. Salah tataouine

      Répondre
      10 juillet 2026 | 8h35

      « Une lumière éteinte qui veut briller. Il m’apostrophe. ‘Le financier.’ Un faux titre. Il parle de pays qui se sont redressés. D’hommes compétents. De 750 000 fonctionnaires. Mais il ne propose rien. Aucune solution. Juste du mépris. Le chameau propose un audit de la dette. Lui, il insulte. Les médiocres, les faignants. La lumière éteinte croit briller. Mais elle n’éclaire rien. Juste elle crie. Le désert reste silencieux. » 💡🐪

    2. Salah tataouine

      Répondre
      5 juillet 2026 | 15h02

      Le chiffre qui tue :

      « De 2019 à 2026, la Tunisie aura remboursé environ 129 milliards de dinars en service de la dette. Presque 130 milliards. Deux fois le budget annuel de l’État. Partis en fumée. Pas une école. Pas un hôpital. Pas un pont. Juste des intérêts et du principal. Voilà le vrai scandale. Pas les documents absents. Pas les prévisions chimériques. Ça. 130 milliards. Le chameau a compté. Et il pleure. » 💸🇹🇳🐪

      129 milliards de dinars. Le prix du sang. Le chameau a fait l’addition.

    3. Salah tataouine

      Répondre
      5 juillet 2026 | 13h57

      « La mère patrie, c’est du sacré. On ne l’enfonce pas. Même quand elle saigne. Même quand elle est mal gouvernée. Même quand les caporaux du printemps kharab la gèraient mal. On la sert. On la défend. On lui donne tout. Pour qu’elle se lève. Pour qu’elle se mette debout. C’est ça, être fils de cette terre. Pas de fauteuil. Pas de Doliprane. Juste l’amour. Et la transmission. » 🇹🇳❤️🐪…. ASUIVRE

    4. Salah tataouine

      Répondre
      5 juillet 2026 | 13h41

      « J’ai lu votre analyse. Intéressante. Mais permettez-moi une remarque.

      Vous critiquez l’absence de documents, le manque de stratégie, les prévisions chimériques. Sur la forme, c’est vrai. Mais sur le fond, il faut être juste.

      Ceux qui gouvernent aujourd’hui ont hérité d’un pays dévasté entre 2011 et 2019. Les responsables de cette destruction, eux, sont en prison, ou chez les Anglais, ou entre Doha et Istanbul. Les gouvernants actuels, qu’on le veuille ou non, ont des circonstances atténuantes. Ils bouchent les trous depuis 7 ans. Avec peu de succès, c’est un fait. Mais avec les moyens du bord.

      La dette est colossale. Les marges de manœuvre sont étroites. Les solutions miracles n’existent pas.

      Alors oui, il faut continuer à exiger des comptes. La transparence. Les documents. Les rapports. Mais sans oublier d’où on vient. Et sans accabler ceux qui essaient, maladroitement peut-être, de réparer ce que d’autres ont brisé.

      Quant aux solutions, je n’en ai qu’une à suggérer : un audit de la dette. Pour savoir ce qu’on doit vraiment. À qui. Pourquoi. C’est la base.

      Salah Tataouine. Le sans-bac. Qui préfère la grotte au fauteuil. » 🐪

      • le financier

        Répondre
        9 juillet 2026 | 16h30

        N importe quoi , il y a eu des dizaines de pays qui ont ete dans le gouffre et se sont redressè grace a des hommes competent et pas mediocre qui continuent a endetter le pays pour payer le salaire de 750 000 fonctionnaire. Faut arreter de defendre le dernier de la classe parcequ il est mediocre et faignant

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