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Après sa disparition de la délégation en Norvège, Ghofrane Belkhir représentera désormais l’Allemagne

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Par Imen Nouira

    Sa disparition soudaine de la délégation tunisienne en Norvège en octobre 2025, avait provoqué une onde de choc et alimenté pendant plusieurs semaines les spéculations. Présentée à l’époque comme une véritable « fuite » par les responsables sportifs, l’affaire Ghofrane Belkhir avait fait grand bruit bien au-delà du monde de l’haltérophilie. Neuf mois plus tard, le mystère est levé. La championne tunisienne a annoncé, samedi 4 juillet 2026, qu’elle défendra désormais les couleurs de l’Allemagne sur la scène internationale.

    Après plusieurs mois de silence sur son avenir, le parcours de l’haltérophile tunisienne Ghofrane Belkhir se précise ainsi. Son cas est loin d’être isolé. Ces derniers mois, plusieurs champions tunisiens, parmi lesquels Ahmed Jaouadi, Raoua Tlili ou encore Firas Kattousi, ont publiquement dénoncé des difficultés administratives, financières ou organisationnelles, relançant le débat sur l’accompagnement réservé aux sportifs d’élite en Tunisie.

    Ghofrane Belkhir a annoncé qu’elle représentera désormais l’Allemagne en compétition internationale. La championne tunisienne officialise ainsi un choix pressenti depuis son départ de la délégation nationale lors des Championnats du monde en Norvège, en octobre 2025.

    L’avenir de Ghofrane Belkhir se précise

    Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Ghofrane Belkhir a officialisé son choix de poursuivre sa carrière sous les couleurs de l’Allemagne. Cette annonce confirme ce que beaucoup pressentaient depuis son départ spectaculaire de la délégation tunisienne lors des Championnats du monde en Norvège, en octobre 2025, épisode qui avait suscité une vive polémique.

    Selon plusieurs médias, la championne évoque un profond sentiment d’amertume et de frustration, ainsi qu’un manque d’accompagnement de la part des instances sportives tunisiennes pour expliquer sa décision.

    Née le 11 août 2001, Ghofrane Belkhir s’est imposée très jeune comme l’un des grands espoirs de l’haltérophilie tunisienne. Championne des Jeux olympiques de la jeunesse en 2018, elle a confirmé son potentiel sur la scène internationale. Après une suspension provisoire en 2024 à la suite d’un contrôle antidopage positif, elle avait signé un retour remarqué en 2025 en remportant trois médailles d’or lors des Championnats d’Afrique.

    Un malaise plus large chez les sportifs d’élite

    Le parcours de Ghofrane Belkhir s’inscrit dans un contexte marqué par les prises de parole de plusieurs sportifs tunisiens de haut niveau dénonçant des difficultés dans leur accompagnement.

    En novembre 2025, le nageur Ahmed Jaouadi, champion du monde du 800 m nage libre, avait affirmé avoir tenté « à plusieurs reprises » de joindre les services concernés afin de régulariser sa situation administrative, sans obtenir de réponse. Il assurait que son contrat, prêt depuis février, n’avait toujours pas été signé et que les autorités ne l’avaient contacté qu’après son sacre mondial à Singapour.

    Ahmed Jaouadi avait également indiqué avoir dépensé « 80.000 euros » de sa poche pour financer une partie de sa préparation et rémunérer son entraîneur. La Fédération tunisienne de natation avait contesté cette version, assurant avoir honoré ses engagements financiers et détaillant les versements effectués au profit de l’athlète.

    En mars 2026, la championne paralympique Raoua Tlili avait, à son tour, dénoncé publiquement la situation des sportifs tunisiens. Elle avait évoqué des salaires impayés, l’absence de contrat pour l’année 2025 et l’obligation de financer elle-même certaines compétitions internationales malgré son palmarès.

    Plus récemment, Firas Kattousi avait lui aussi dénoncé les obstacles administratifs rencontrés par les sportifs tunisiens, évoquant notamment des difficultés liées à l’obtention d’un visa et un système dans lequel les athlètes se retrouvent souvent seuls pour gérer leur préparation, leurs démarches administratives et parfois même leur financement.

    Un départ en Norvège qui avait fait polémique

    L’affaire Ghofrane Belkhir avait éclaté le 2 octobre 2025 et avait rapidement fait la une de l’actualité sportive. Le président du bureau provisoire de la Fédération tunisienne d’haltérophilie, Zied Ayedi, avait alors annoncé que l’athlète avait quitté la délégation nationale de manière irrégulière lors d’une escale à l’aéroport d’Oslo, avant le départ vers Førde où devaient se dérouler les Championnats du monde.

    Selon les explications fournies à l’époque, elle avait demandé à effectuer une courte promenade dans l’aéroport, laissant son passeport et ses bagages auprès de l’entraîneur de l’équipe nationale, avant de ne jamais revenir. Sa disparition avait semé la stupeur au sein de la délégation tunisienne et suscité une vive polémique. Elle avait ensuite adressé un message d’excuses à son entraîneur et aux responsables de la fédération, qualifiant son geste de « décision personnelle ».

    Quelques semaines plus tard, devant l’Assemblée des représentants du peuple, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, avait qualifié ce départ d’acte « inacceptable et irresponsable », annonçant que l’haltérophile serait tenue de rembourser les aides financières dont elle avait bénéficié.

    L’annonce de son intégration à la sélection allemande met désormais un terme aux interrogations sur son avenir sportif. Elle vient également alimenter le débat, relancé ces derniers mois par plusieurs champions tunisiens, sur les conditions d’accompagnement des sportifs d’élite et les difficultés qui poussent certains d’entre eux à tourner le dos à la Tunisie.

    I.N.

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    6 commentaires

    1. Roberto Di Camerino

      Répondre
      5 juillet 2026 | 14h27

      C’est inquiétant. La fierté de porter le maillot national a laissé place à l’indifférence. On ne se bat plus pour le drapeau, on se bat pour un contrat, un visa ou un billet d’avion.

      Autrefois, représenter son pays était un honneur. Aujourd’hui, trop de sportifs, des plus jeunes aux plus confirmés, ne voient plus leur avenir dans leur propre nation. Comme une grande partie de la jeunesse, ils n’aspirent qu’à partir, convaincus que leurs rêves se réaliseront ailleurs.

      Un pays qui ne parvient plus à inspirer sa jeunesse perd bien plus que des athlètes : il perd sa confiance, son espérance et, à terme, son avenir. Le maillot n’a pas perdu sa valeur ; c’est le pays qui, aux yeux de beaucoup, n’offre plus de raisons de le porter avec fierté.

      On ne joue plus pour le  » Marioul  » et je mets le tort sur le president qui n’inspire pas, il souille tout ce qu’il touche, et ses sbires ne sont pas différents , de là le degoût des jeunes pour un pays qu’ils ne reconnaissent plus.

      L’époque où Mohamed Gammoudi déclarait vouloir offrir « une surprise-partie au peuple tunisien » est bien révolue. La formule prêtait à sourire. Il était peut-être peu instruit, mais il était sincère, patriote et animé d’un amour indéfectible pour son pays.

      Aujourd’hui, comparez simplement les exploits des Lions de l’Atlas à la dérive des « Canards de Carthage ». D’un côté, une équipe qui joue avec le cœur, la fierté et l’ambition de représenter sa nation. De l’autre, une sélection qui semble avoir perdu son âme, son identité et jusqu’au goût du sacrifice.

      Les victoires ne sont jamais le fruit du hasard. Elles naissent d’une vision, d’un projet, d’une discipline et d’un patriotisme que l’on ne peut ni acheter ni improviser.

      • Hannibal

        Répondre
        5 juillet 2026 | 16h47

        … Et celui d’où tous les malheurs viennent vous répondra sûrement « plus patriote que moi tu meurs! »
        Lui et sa bande de vauriens réalisent plutôt une œuvre de destruction massive et ils font porter le chapeau à ceux qui voudraient justement la stopper.
        C’est un cauchemar que seuls les psychanalystes et les historiens arriveront à le détricoter.

    2. Gg

      Répondre
      5 juillet 2026 | 10h58

      Faut la comprendre…
      La carrière d’un sportif de ce niveau dure 10 ans, parfois moins 15 au plus.
      Donc elle s’assure un avenir.
      Courage à elle!

    3. zaghouan2040

      Répondre
      5 juillet 2026 | 10h42

      Faillite obscène d’un Etat nécrosé par l’incompétence et la clochardisation

    4. A4

      Répondre
      4 juillet 2026 | 21h42

      Sauve qui peut ! Ce pays n’est plus un pays !!!

      LE ZOO
      Ecrit par A4 – Tunis, le 12 Octobre 2020

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Depuis que des étranges vipères
      Débarquant en toute impunité
      Ont proposé à des va-t-en-guerre
      Leur venin pour traitement de santé

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand dans sa constitution idiote
      L’Etat est un ogre à trois têtes
      Ayant des mains souffrant de tremblote
      Et du courage autant qu’une mauviette

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand les trois têtes de l’ogre débile
      Passent le plus clair de leurs journées
      A cogner, s’esquinter les profils
      A saigner et se bouffer les nez

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand deux cent dix-sept stupides corbeaux
      Décident pour orner leur perchoir
      De mettre en haut de l’escabeau
      Un ignoble vautour charognard

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand du fond de son isolement
      Un fou caméléon enragé
      Rumine dans un langage véhément
      Des chansons vieilles et usagées

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand des chacals toujours affamés
      Forment des hordes, posent des chicanes
      Devant une armée de malformés
      Qui ne sait pas réouvrir la vanne

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand les cabots noirs de la justice
      Ferment à double tour tous leurs tiroirs
      Pour protéger leurs odieux complices
      Des assassins, voleurs et pillards

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand les rats de la médiocrité
      Se sont emparés de ses rouages
      Pour, dans un acte prémédité
      Le conduire tout droit vers le naufrage

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Quand les ratés veulent faire la cigale
      Quand les fourmis lasses et épuisées
      Par ces fainéants qui se régalent
      Choisissent de se volatiliser

      Mon pays, ce n’est plus un pays
      Ce n’est qu’un zoo sans porte ni mur
      Où ne survivront plus que les loups
      Où la parole n’est plus qu’un murmure
      Et les horizons sombres et flous

      Mon pays, ce n’est plus un pays !!!

    5. Tunisino

      Répondre
      4 juillet 2026 | 17h36

      Faute de rêve national, tous les tunisiens se sentent trahis par leur pays, c’est du déjà vu en Grèce, par exemple. Tout le monde souhaite quitter tout pays perdant, sauf les patriotes et le bêtes. La Tunisie a été bâti pour une seule génération, celle de 70 ans et plus, ainsi tous ceux qui sont inférieurs à 70 ans se sentent en porte à faux, et l’aventure continu! Les littéraires et les illettrés politisés, nuls et égoistes, aventuriers et suicidaires, ont rendu la Tunisie un pays désolant.

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