Face à la recrudescence des violences visant les professionnels de santé dans les hôpitaux publics, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) appelle les médecins résidents, les internes et les étudiants en médecine à participer à un mouvement de protestation prévu lundi 6 juillet 2026 à Monastir. L’action vise à dénoncer les agressions contre les soignants et à réclamer des mesures concrètes pour renforcer leur protection.
L’OTJM a lancé, tard dans la soirée du vendredi 3 juillet 2026, un appel à une participation massive au rassemblement qui se tiendra à l’hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir, avant une marche pacifique en direction du Tribunal de première instance de Monastir. Cette mobilisation fait suite à deux agressions contre des médecins survenues au cours de la même semaine dans des établissements hospitaliers publics.
Deux agressions qui ravivent la colère
Selon l’organistaion, cette mobilisation intervient notamment après l’agression du Dr Mohamed Helmi Tabka, assistant hospitalo-universitaire en chirurgie rénale à l’hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir. D’après le communiqué, le médecin a été violemment agressé à l’intérieur même de son lieu de travail, subissant une fracture du nez ayant nécessité une intervention chirurgicale en urgence ainsi qu’un arrêt de travail de 28 jours.
L’organisation évoque également une seconde agression ayant visé le Dr Fares Taktak, médecin à l’hôpital Ibn El Jazzar de Kairouan. Pour l’OTJM, ces deux affaires illustrent la recrudescence des violences contre les professionnels de santé ainsi qu’un climat d’impunité dont bénéficieraient les auteurs de ces actes.
L’OTJM réclame une meilleure protection des soignants
Dans son communiqué, l’OTJM condamne fermement ces agressions et estime qu’elles ne constituent pas des faits isolés, mais le résultat d’années de dégradation des conditions de travail, d’absence de dispositifs de protection efficaces et de manque de réaction des autorités face à ce phénomène.
« Ce qui s’est produit n’est pas un incident isolé, mais la conséquence directe de plusieurs années de laisser-aller, de l’absence de mesures de protection, de la dégradation des conditions de travail et de l’absence d’une stratégie de lutte contre les violences visant les professionnels de santé », affirme l’organisation, rappelant qu’une étude nationale publiée en mai 2026 avait déjà alerté sur cette situation, sans susciter de réaction de la part des autorités de tutelle.
L’étude nationale publiée par l’OTJM en mai 2026 dressait un constat particulièrement préoccupant. Réalisée auprès de 734 jeunes médecins, elle révélait que 96,8% des répondants avaient été victimes de violences verbales, tandis que 20,1% déclaraient avoir subi des agressions physiques. Les services d’urgence concentraient près des deux tiers des incidents recensés et plus de neuf répondants sur dix estimaient les dispositifs de sécurité insuffisants dans les établissements de santé publics.
Au-delà de cette manifestation, l’organisation réaffirme plusieurs revendications qu’elle juge urgentes. Elle réclame notamment l’arrestation et la poursuite des auteurs d’agressions contre les soignants conformément à la loi, la mise en place d’un dispositif effectif de contrôle des accès aux établissements de santé, ainsi que l’élaboration d’une stratégie nationale globale de lutte contre les violences dans les structures hospitalières publiques.
Pour l’OTJM, la protection des médecins et de l’ensemble des professionnels de santé ne relève pas d’une revendication corporatiste, mais constitue une condition indispensable au maintien du service public de santé et à la garantie du droit des patients à des soins dispensés dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
À travers cette mobilisation, l’organisation entend obtenir des mesures concrètes afin d’enrayer la recrudescence des violences contre les professionnels de santé et de mettre fin au sentiment d’impunité qu’elle dénonce, estimant que la sécurité des soignants est une condition essentielle au bon fonctionnement des établissements publics de santé.
I.N.










