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« Sommes-nous des citoyens de seconde zone ? » : la Coalition nationale empêchée de tenir sa réunion à Jendouba

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Par Sarra Hlaoui

    Les tensions autour des activités des partis politiques se poursuivent en Tunisie. La Coalition nationale affirme que la réunion qu’elle devait tenir dimanche à Jendouba a été interdite, une décision qui suscite une vive réaction de ses dirigeants, lesquels dénoncent une nouvelle restriction des libertés politiques.

    Dans plusieurs publications sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du parti, Neji Jalloul, ainsi que le dirigeant Haythem El Aouni, ont accusé les autorités d’entraver l’exercice normal de l’activité politique.

    « Le droit d’écouter une autre voix politique a été empêché »

    Dans un long message publié sur Facebook, Haythem El Aouni estime que l’interdiction ne vise pas uniquement une réunion partisane, mais plus largement « le droit des citoyens d’entendre une opinion politique différente ».

    Selon lui, toutes les procédures administratives avaient pourtant été respectées, y compris la notification officielle des autorités.

    « Le rétrécissement de l’espace politique est devenu une réalité qui s’étend de jour en jour », écrit-il, considérant que l’interdiction envoie « un message dangereux » selon lequel l’espace public « ne tolère plus qu’une seule voix ».

    Le responsable politique oppose également la popularité d’un pouvoir à sa capacité à accepter le pluralisme.

    « Celui qui est confiant dans son soutien populaire ne craint ni une réunion, ni une parole, ni un parti qui présente son programme aux citoyens », affirme-t-il.

    Un réquisitoire contre la gestion politique

    Au-delà de l’incident de Jendouba, Haythem El Aouni élargit son propos à la situation générale du pays.

    Il estime que l’interdiction d’une réunion ne fera pas disparaître les préoccupations quotidiennes des Tunisiens, évoquant « la cherté de la vie, le chômage, la dégradation des services publics et la crise économique ».

    Il affirme que la Coalition nationale poursuivra son activité politique pacifique, rappelant que, selon lui, « la liberté de l’action politique n’est pas un privilège accordé par le pouvoir, mais un droit garanti par la loi ».

    Son message se conclut par une formule particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place : « Lorsque la politique est gérée par l’interdiction plutôt que par la persuasion, la crise n’est plus celle de l’opposition, mais celle de la gouvernance. »

    Neji Jalloul : « Sommes-nous devenus des citoyens de seconde zone ? »

    Quelques heures après l’annulation de la réunion, le secrétaire général du parti, Neji Jalloul, a publié un second message affirmant que les membres de la délégation avaient également été empêchés de s’installer dans des cafés de la ville.

    « Après l’interdiction de la réunion du parti dans un espace public, nous avons également été empêchés de nous asseoir dans les cafés de Jendouba. Sommes-nous devenus des citoyens de seconde zone ? », s’interroge-t-il.

    Cette déclaration renforce les accusations du parti, qui évoque un climat de pression dépassant le seul cadre de l’activité politique organisée.

    Un climat de crispation autour des activités partisanes

    Cet épisode intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques et organisations de défense des libertés dénoncent une multiplication des restrictions visant les réunions publiques et les activités de l’opposition.

    À ce stade, aucune explication officielle n’a été communiquée par les autorités concernant les raisons de l’interdiction de la réunion de la Coalition nationale à Jendouba, ni sur les accusations formulées par ses dirigeants concernant les événements survenus après cette décision.

    Les responsables de la Coalition nationale assurent, de leur côté, qu’ils maintiendront leurs activités politiques dans le respect du cadre légal, tout en dénonçant ce qu’ils considèrent comme une réduction continue de l’espace public et du pluralisme politique en Tunisie.

    S.H

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    Commentaire

    1. Roberto Di Camerino

      Répondre
      6 juillet 2026 | 14h07

      Avec cette nouvelle entrave à la liberté de réunion, vous avez désormais une preuve supplémentaire, selon moi, que le pays glisse vers une dictature digne des régimes staliniens.

      Les opposants sont emprisonnés, les réunions sont interdites, les partis politiques sont réduits au silence ou empêchés d’agir, les procès contre les figures de l’opposition se succèdent à un rythme effréné, la presse est muselée et les journalistes finissent en prison pour avoir simplement exercé leur métier.

      Le pouvoir semble dirigé par un Don Quichotte qui voit des complots partout, même lorsqu’il est le seul à les percevoir. Et lorsque l’imaginaire ne suffit plus, une justice aux ordres prend le relais : elle transforme les soupçons en certitudes, les accusations en condamnations, et prononce des peines de vingt, trente, voire trente-cinq ans de prison.

      Dans un État de droit, la justice protège les libertés et garantit les droits des citoyens. Dans un régime autoritaire, elle devient un instrument de répression destiné à intimider, à faire taire les voix dissidentes et à décourager toute opposition.

      L’Histoire nous enseigne qu’aucun pouvoir fondé sur la peur, la censure et la répression n’est éternel. Les peuples finissent toujours par réclamer leur liberté, leur dignité et le respect de leurs droits fondamentaux.

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