Le secteur du transport non régulier en Tunisie se dirige vers une paralysie annoncée, selon les déclarations d’Ali Turkia, intervenu sur Mosaïque FM lundi 6 juillet 2026, au sujet du mouvement de protestation envisagé.
Le responsable syndical a confirmé la tenue d’une grèvel touchant l’ensemble des composantes du transport non régulier – taxis individuels, louages, transport rural, transport touristique et transport collectif – sur tout le territoire national. Cette mobilisation est prévue le 13 juillet de 5 heures du matin à 21 heures et pourrait entraîner un arrêt quasi total de la circulation des moyens de transport concernés.
Selon lui, cette décision s’inscrit dans la continuité d’un conflit social ancien, marqué par des revendications portant principalement sur la révision des tarifs, notamment la course de base et la prise en charge au compteur, jugées obsolètes face à la hausse du coût de la vie et des charges d’exploitation.
Le représentant syndical a dénoncé le non-respect des engagements conclus lors de plusieurs réunions officielles, notamment un accord datant du 22 juin, portant sur la réforme du cadre réglementaire du secteur, la révision de la tarification et l’application de certaines dispositions réglementaires. Il a affirmé que les autorités ne se seraient pas conformées aux engagements écrits, malgré des promesses de mise en œuvre progressive.
Il a également rappelé qu’un précédent mouvement de grève, prévu pour le 27 avril, avait été suspendu à la suite d’interventions de haut niveau, dans un contexte de tensions sociales, sans que les dossiers en suspens ne connaissent depuis d’avancées concrètes.
Parmi les difficultés évoquées figurent également la dégradation de la situation économique des professionnels du secteur, avec des cas de saisies de véhicules, ainsi que l’incapacité d’un grand nombre d’exploitants à honorer leurs obligations sociales et fiscales.
Face à l’absence de solutions, la chambre syndicale estime que la révision des tarifs demeure une condition centrale pour rétablir l’équilibre économique du secteur. Les discussions autour du montant exact de l’augmentation restent, selon lui, ouvertes, mais la profession insiste sur la nécessité d’une revalorisation jugée adaptée à la réalité économique actuelle.
N.J











Commentaire
HatemC
Un secteur resté bloqué dans les années 1980
Pendant que le reste du monde a profondément modernisé le transport urbain grâce au numérique, la Tunisie fonctionne encore avec :
des licences administratives rigides ;
une réglementation complexe ;
des compteurs parfois obsolètes ;
pas de digitalisation ;
une absence d’applications nationales performantes.
Le client dispose de peu de services modernes :
réservation en ligne ;
paiement électronique ;
géolocalisation ;
notation des chauffeurs ;
estimation du prix avant la course.
Le problème du transport non régulier n’est pas le prix de la course. C’est un modèle économique qui n’a pas évolué depuis des décennies. Sans réforme profonde, chaque hausse tarifaire ne fera que repousser la prochaine crise.