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Médecins de la diaspora : l’État rappelle les conditions d’une équivalence sans examen

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Par Sarra Hlaoui

    La question de l’équivalence des diplômes des médecins tunisiens formés à l’étranger revient régulièrement dans le débat public, alors que les hôpitaux tunisiens continuent de faire face à une pénurie de spécialistes. Interpellé par un député, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique affirme que le cadre réglementaire actuel permet déjà d’obtenir une équivalence sans examen, sous certaines conditions.

    Une réponse au Parlement qui clarifie les règles

    Dans une réponse écrite adressée le 1er juillet 2026 au président de l’Assemblée des représentants du peuple, en réaction à une question du député Mohamed Ali, le ministère précise qu’un médecin tunisien diplômé à l’étranger peut obtenir l’équivalence de son diplôme sans passer d’épreuve d’évaluation ni suivre une formation complémentaire, à condition de justifier d’au moins cinq années d’exercice effectif après l’obtention de son diplôme de spécialité.

    Selon le département, cette possibilité est déjà prévue par la réglementation en vigueur et ne nécessite donc pas de modification législative.

    Une réforme entrée en vigueur en 2023

    Le ministère rappelle que les règles encadrant l’équivalence des diplômes, notamment dans les spécialités médicales, ont été révisées par l’arrêté ministériel du 10 octobre 2023.

    Cette réforme est l’aboutissement d’un processus de concertation engagé dès 2018 avec les principaux acteurs du secteur, notamment le ministère de la Santé ; les facultés de médecine et l’Ordre des médecins.

    Le texte prévoit explicitement que les médecins pouvant prouver cinq années de pratique professionnelle après leur spécialisation peuvent bénéficier directement de l’équivalence, sans être soumis à un test d’aptitude, à une formation complémentaire ou à une combinaison des deux.

    Des médecins déjà concernés

    Le ministère souligne que cette disposition est déjà appliquée par la commission sectorielle chargée des équivalences des diplômes médicaux et paramédicaux.

    Des décisions favorables ont ainsi été accordées à plusieurs médecins ayant effectué leur spécialisation en Allemagne, après vérification de leur ancienneté professionnelle et des documents attestant de leur exercice effectif.

    Le département rappelle toutefois la spécificité du système allemand : la spécialisation n’y est pas sanctionnée par un diplôme universitaire national, mais par un certificat de compétence délivré par l’Ordre des médecins de chaque Land.

    Une revendication portée par les médecins de la diaspora

    Dans sa question parlementaire, le député Mohamed Ali évoquait la proposition formulée depuis plus d’un an par l’Association des médecins tunisiens en Allemagne, en partenariat avec l’Organisation tunisienne des jeunes médecins.

    Cette initiative, appuyée par une pétition signée par plus de 100 médecins tunisiens installés en Allemagne et transmise également à la Présidence de la République, vise à assouplir davantage les conditions d’équivalence afin de faciliter le retour des compétences médicales en Tunisie.

    Selon le parlementaire, cette mesure permettrait de répondre aux importantes difficultés de recrutement auxquelles sont confrontés plusieurs établissements hospitaliers, notamment dans les spécialités les plus déficitaires.

    Un enjeu stratégique pour le système de santé

    La réponse du ministère intervient dans un contexte marqué par la fuite continue des compétences médicales vers l’étranger et par les difficultés de nombreux hôpitaux publics à pourvoir certains postes de spécialistes.

    En rappelant que l’équivalence sans examen est déjà ouverte aux praticiens justifiant de cinq ans d’expérience, les autorités cherchent à lever les ambiguïtés sur la réglementation actuelle. Reste désormais à savoir si ce dispositif suffira à convaincre davantage de médecins de la diaspora de revenir exercer en Tunisie, alors que la question de l’attractivité des conditions de travail demeure au cœur du débat.

    S.H

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