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Le tourisme mondial vend des récits. Le tourisme tunisien vend des brochures et des cartes postales.

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Par Slim Larnaout

    Par Slim Larnaout

    Le tourisme mondial a changé. Les destinations ne se battent plus uniquement sur les hôtels, les plages ou les prix, mais sur leur capacité à imposer une image forte dans l’esprit du public avant même le voyage.

    Selon une étude de Statista relayée par PhotoAid, 75% des voyageurs déclarent aujourd’hui que les réseaux sociaux sont le facteur qui influence le plus leur choix de destination, devant la télévision, le cinéma ou les recommandations de proches.

    Aujourd’hui, un billet d’avion s’achète souvent après une vidéo TikTok, une série Netflix, un film ou un contenu Instagram. Le tourisme est devenu une industrie de l’attention, où l’image détermine directement la valeur perçue d’un pays.

    Le pays a les actifs. Il n’a pas le récit.

    La Tunisie concentre sur un territoire compact ce que beaucoup de pays tentent de fabriquer artificiellement : Sahara, désert minéral, médinas, villages troglodytes, ruines romaines, lumière méditerranéenne, architecture ottomane, oasis et littoral.

    Ce sont des décors que l’industrie mondiale de l’image recherche activement. Pourtant, le pays continue de se vendre avec les mêmes images recyclées depuis des années : drone sur hôtel, coucher de soleil sur la plage, chameau dans le Sahara, le folklore touristique d’une autre époque. Ces images montrent un lieu. Elles ne construisent pas une identité.

    Avoir un produit ne suffit pas. Encore faut-il savoir le raconter.

    La bataille de la perception

    Pendant ce temps, le cinéma, le luxe, le streaming, les jeux vidéo et les réseaux sociaux ont redéfini, chacun à leur manière, les attentes des publics à l’échelle mondiale : mise en scène soignée, univers immersifs, storytelling permanent. Le visiteur d’aujourd’hui ne veut plus seulement voir un lieu, il veut y entrer comme dans une fiction, en ressentir l’atmosphère, en vivre une expérience.

    Cette exigence rebat les cartes entre destinations. Deux pays peuvent posséder des paysages comparables, un patrimoine d’égale richesse : celui qui impose le récit le plus fort de son territoire capte le désir, fixe la valeur perçue et impose sa puissance culturelle.

    La bataille n’est plus géographique. Elle est narrative.

    Ce que les autres ont compris

    Dubaï ne vend pas seulement des infrastructures. La ville vend une mise en scène cohérente où architecture, luxe, événements, sport et contenus numériques racontent la même histoire.

    La Thaïlande a poussé cette logique encore plus loin en transformant sa culture en spectacle immersif. Une production comme Phuket FantaSea ne montre pas simplement un patrimoine. Elle le met en scène comme une expérience complète mêlant lumière, musique, performance et émotion. Le divertissement devient alors un outil économique autant qu’artistique.

    Le Maroc a intégré le cinéma international dans sa stratégie touristique. Les studios Atlas, à Ouarzazate, surnommée le « Hollywood du Maroc », ont accueilli des tournages comme Gladiator et Game of Thrones. Selon CNN Business, les dépenses des productions étrangères dans le pays sont passées de 23 millions de dollars en 2013 à 120 millions de dollars en 2014, portées par cette filière cinématographique qui renforce directement l’image du pays à l’international.

    Ces pays ne gèrent pas un secteur touristique. Ils pilotent une image de marque.

    C’est précisément ce qui manque encore à la Tunisie : une direction créative capable de transformer le territoire en expérience désirable et mémorable.

    Le désert tunisien est devenu une planète. Personne n’a su le capitaliser.

    Quand George Lucas choisit le sud tunisien pour incarner Tatooine dans Star Wars, il ne filme pas un décor local. Il crée une image mondiale reconnue par plusieurs générations. Matmata, Tozeur et Ksar Hadada sont aujourd’hui visités par des fans du monde entier, non pas pour la Tunisie, mais pour Star Wars.

    Le lieu appartient pourtant à la Tunisie. Ce décor naturel était sous les yeux de tout le monde depuis toujours, sans que personne, localement, y voie une expérience à construire. Il a fallu un regard extérieur, celui de Lucas, pour en faire un récit et un imaginaire mondial.

    Aucune stratégie touristique tunisienne n’a depuis transformé ce patrimoine naturel en produit premium, en expérience commercialisable à l’international. C’est une opportunité économique qui dort depuis des années.

    Un retard qui coûte cher à la Tunisie

    L’image d’un pays influence directement le profil des touristes qu’il attire, les investissements qu’il reçoit, les tournages internationaux qu’il héberge, sa crédibilité économique globale. C’est pourquoi la Tunisie a besoin d’une vision qui relie tourisme, audiovisuel et culture dans une seule stratégie d’image.

    Les pays qui ont réussi cette transformation fabriquent la sensation avant de vendre un voyage. Ils imposent un imaginaire avant de proposer un séjour. Ils construisent le désir avant de gérer la réservation.

    La Tunisie a les décors. Ce qui lui manque, c’est cette vision collective et la volonté de la construire.


    Bio express

    Slim Larnaout est directeur de production créative. Expert international en audiovisuel et en communication visuelle, il accompagne les marques, les agences et les producteurs dans leurs productions.


    Sources citées dans la tribune :

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    2 commentaires

    1. Ô oui, tant à faire et à (re)saisir substantiellement, par et vers le haut et sans complexe imposé en le domaine.

      Répondre
      8 juillet 2026 | 11h17

      Fonds bourguibozabapillés récupérés et cadre prolifique démocratique comme économique retrouvé d Esprit 2011 et Lettre Commune 2014.

      Patrimoine prolifique et vue encore plus vaste que celle des conchitoyens_Haineux monoobssédés et leur rêve ersatzeux en Puy du (zaga)Fou antique romain berberocomplexé identitaré exclusiviste éradicateur.

      Il y a de quoi bien faire et mieux faire, à plus grande longueur et centralité d’histoire comme patrimoine amazighoarabe musulman, science fiction à étendument skywalker, tout un « waterworld » tunisien ( amirauté navale aghalbide, Yusuf Reis/Jack Sparrow, corsaires et pirateries etc.), prouesses se la Résistance Tunisienne à Protectaratat / Colonisatuon et tant d’autres encore de sujets inspirants, motivants et à prolifiques retombées « gagnant-gagnant ».

      Monthy Pithons, Star wars, Indiana Jones, Coluche… puis semi Puy du (zaga)fou ?

      Yallah! .Banzaie !

      Encore plus mieux, encore plus beau, encore plus véridique et encore plus haut tendent les bras au pays silencié mais conscient, lucide, discernant de la chose et bientôt retrouvé de lui même par lui même et pour lui même.

      Encore plus mieux, encore plus beau, encore plus véridique et encore plus haut tendent les bras
      à ses forces de tout âge, vives, créatives, sans complexes d’eux mêmes , ni insultes ni mépris ni occultations ni éradications sélectives de son passé inspirant en le domaine et salutaire à bien des égards.

      A commencer par le domaine en question abordé par l’ article.

      Ce pays mérite et vaut mieux.

      Ô oui.

      Passé.

      Présent.

      Suite.

      Futur.

      Tant à faire, à saisir, dessaisir et ressaisir.

      https://m.youtube.com/watch?v=DbQAyWJxOQE&list=RDDbQAyWJxOQE&start_radio=1&pp=ygUpcGFzdCBwcmVzZW50IGZ1dHVyZSBhbmRvciBicmFuZG9uIHJvYmVydHOgBwE%3D

      https://m.youtube.com/shorts/IivOCu4PqgA

      https://m.youtube.com/shorts/tYKZNa8y83c

      https://m.youtube.com/watch?v=QPWLp5LKmCA&list=RDQPWLp5LKmCA&start_radio=1&pp=ygUOaXNtYWVpbCBoYXR0YWKgBwE%3D

    2. Citoyen_H

      Répondre
      7 juillet 2026 | 16h50

      ARGUMENTATION BOF ET TRÈS APPROXIMATIVE

      Sans vouloir trop m’attarder sur ce sujet, vous n’avez aucunement parlé de ceux qui promurent de leurs empreintes respectives, leur pays respectif, dans le domaine du cinéma et des festivals.
      Il y eut Tarek Ben Ammar, pour la Tunisie, et Dlamel Debbouze + les « accords d’Abraham », pour le Maroc.
      Notons qu’à l’époque où Ben Ammar était en pleine activité, Dubai n’existait pas.
      Avec de l’argent intelligemment investi, on peut faire de miracles.
      Le patrimoine des vestiges antiques, romains et Carthaginois, à travers le pays, pourrait générer un afflux touristique conséquent et qualitatif, important.

      – la saleté endémique,
      – la médiocrité culturelle et intellectuelle et le manque total d’implication des responsables qui sont bien plus obnubilés par la Marchadés , la Bi M ou l’Oudi dans laquelle ils vont circuler, qu’à la mission qui leur est affectée
      – des moyens financiers mis à disposition
      – l’entretien et la mise en valeur des sites
      – une bureaucratie étouffante
      – le « je m’en foutisme » royal des employés incultes et analphabètes, protégés par une immunité divine grâce à la plus puissante arme de destruction massive, l’UGTT
      – le manque total de patriotisme des gaflé-tsir indigènes
      font en sorte, que pour le moment, l’immobilisme est PRESQUE souverain de ce milieu en question

      Bien encadré, bien organisé, bien desservi et bien entretenu, le domaine du tourisme antique, pourrait générer un attrait touristique qualitatif et financier, assez conséquent.
      Peindre (part des professionnels) les avions de tunisair avec des représentations d’œuvres antiques présentes sur notre sol, attisera la curiosité en attirant systématiquement l’attention de beaucoup de voyageurs circulants à travers tous aéroports desservis par notre compagnie nationale

      Mais avant tout, il faut intensifier la purge de toute la racaille de corrompus, des incompétents et des bons à rien engagés par les chléyék bagla-liha (2011- 2014), des parvenus et des escrocs, dont le nombre a explosé depuis le passage au pouvoir, des bédouins, gardiens de boucs et de chèvres, d’étables et d’écuries

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