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Maltraitance animale : le Parlement accélère l’examen de deux propositions de loi

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Par Myriam Ben Zineb

    À la suite de l’émoi suscité par la diffusion d’une vidéo montrant un cheval violemment maltraité, le député Mohamed Zied El Maher a annoncé que le Parlement poursuivait l’examen de deux propositions de loi destinées à renforcer la protection des animaux en Tunisie. Lors de son intervention sur Diwan FM, mardi 7 juillet 2026, il a indiqué que ces textes visent à la fois à durcir les sanctions contre les auteurs de mauvais traitements et à développer la sensibilisation au bien-être animal.

    Le député a rappelé que la proposition de loi n°66 de l’année 2024, déposée le 23 juillet 2024 par un groupe de députés, constitue un nouveau texte consacré à la protection des animaux. Elle est actuellement examinée par la Commission de l’agriculture, qui a déjà auditionné les initiateurs du projet ainsi que plusieurs intervenants du secteur.

    Selon Mohamed Zied El Maher, des ajustements sont en cours afin de préciser certaines définitions juridiques et de tenir compte des observations formulées, notamment par les services de l’État.

    Interrogé sur les raisons pour lesquelles la proposition de loi, déposée en juillet 2024, n’a toujours pas été adoptée, Mohamed Zied El Maher a indiqué que son examen se poursuivait au sein de la Commission de l’agriculture. Il a expliqué que plusieurs observations, notamment formulées par le gouvernement, avaient conduit à retravailler certaines dispositions du texte, en particulier les définitions juridiques et les modalités d’application. Selon lui, ces clarifications sont indispensables pour déterminer précisément les responsabilités des autorités administratives, notamment en matière de gestion des animaux errants, tout en privilégiant des méthodes plus respectueuses du bien-être animal.

    Des peines plus sévères pour les actes de maltraitance

    La proposition de loi prévoit un renforcement des sanctions financières et pénales en cas de maltraitance, de capture ou de mise à mort d’un animal dans des conditions jugées inappropriées. Le député a précisé que la sévérité des peines varierait en fonction de la gravité des faits.

    Il a notamment évoqué la question de la capture des chiens errants, estimant que les municipalités devraient privilégier des méthodes « plus respectueuses de la vie animale et plus conformes aux standards actuels ».

    Pour le parlementaire, il n’est plus acceptable que la Tunisie continue de s’appuyer sur une législation remontant à 1896, sous le règne des beys, alors que les enjeux liés au bien-être animal ont profondément évolué.

    Une seconde proposition axée sur l’éducation

    Mohamed Zied El Maher a également évoqué une seconde initiative parlementaire, la proposition de loi n°74, qui complète la première sans s’y substituer.

    Contrairement au texte répressif, cette proposition met l’accent sur la prévention et la sensibilisation. Elle prévoit notamment l’introduction, dans les programmes scolaires, de notions relatives au respect des animaux, à la protection de l’environnement, à la préservation des équilibres écologiques et à la lutte contre la pollution.

    Le député estime que ces thématiques pourraient être intégrées progressivement au système éducatif, en attendant la réforme globale de l’enseignement.

    « Ces actes ne représentent pas la société tunisienne »

    Revenant sur les récentes affaires de maltraitance animale, Mohamed Zied El Maher a estimé que les images montrant un cheval victime de sévices étaient « bouleversantes » et contraires aux valeurs de la société tunisienne.

    Il a rappelé que la Tunisie disposait déjà, avant même le protectorat français de 1881, d’une association caritative de protection des animaux, preuve selon lui que la bienveillance envers les animaux fait partie de l’héritage national.

    « Ces comportements restent le fait d’une minorité et ne représentent pas notre société », a-t-il affirmé, appelant à ne pas banaliser ces violences et à appliquer la loi avec fermeté.

    Le député a, par ailleurs, salué la réaction de nombreux citoyens ayant condamné la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, tout en plaidant pour un renforcement des campagnes de sensibilisation à travers l’école, les médias et les programmes de télévision.

    Il a enfin appelé à accélérer l’adoption des deux propositions de loi afin de renforcer la protection juridique des animaux, tout en développant une véritable culture du respect du vivant.

    M.B.Z

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