En dépit de l’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques en 2025, la Banque centrale de Tunisie (BCT) estime que le déficit énergétique continue de constituer l’une des principales fragilités de l’économie nationale. Dans son rapport annuel 2025, elle appelle à accélérer la transition énergétique afin de réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures et de renforcer la résilience de l’économie tunisienne.
Le déficit énergétique, principale vulnérabilité extérieure
Dans son mot introductif au rapport annuel 2025, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhaier Nouri, prévient que « le déficit énergétique continue de constituer l’une des principales sources de vulnérabilité extérieure ». Il explique que « le recul de la production nationale d’hydrocarbures, conjugué à l’essoufflement des découvertes et au ralentissement des activités d’exploration, a progressivement renforcé la dépendance du pays aux approvisionnements extérieurs, et a accentué les pressions sur les équilibres extérieurs ».
Cette situation intervient alors que le déficit énergétique structurel représente désormais plus de la moitié du déficit commercial total. Selon le gouverneur, le déficit courant est demeuré, en 2025, à un niveau relativement maîtrisé, s’établissant à 2,3% du PIB, contre 1,6% en 2024, malgré le creusement du déficit commercial, qui a atteint 21,8 milliards de dinars. Cette évolution reflète essentiellement la persistance du déficit énergétique structurel, même si cette dégradation a été largement compensée par la consolidation des recettes touristiques et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger.
La transition énergétique comme levier de résilience
Pour la BCT, la réponse passe par une transformation profonde du modèle énergétique. Fethi Zouhaier Nouri estime que « la dépendance énergétique, l’insuffisance de l’investissement productif ainsi que les mutations profondes et accélérées de l’environnement international soulignent l’urgence de renforcer la capacité d’adaptation du tissu productif national et d’accélérer la transition énergétique ».
La Banque centrale considère ainsi que le développement des énergies renouvelables et la diversification du mix énergétique constituent un levier stratégique pour renforcer la sécurité énergétique du pays, réduire son exposition aux chocs extérieurs et soutenir une croissance plus durable. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes économiques, commerciales et géopolitiques, qui appellent, selon l’institution, à renforcer durablement la résilience de l’économie tunisienne.
Le gouverneur souligne que cette transition revêt un caractère d’autant plus urgent que les perspectives pour 2026 demeurent entourées d’un « degré élevé d’incertitude », dans un contexte marqué par la poursuite des tensions commerciales et géopolitiques ainsi que par les risques entourant l’évolution des marchés de l’énergie. Il avertit qu’une « recrudescence éventuelle des prix de l’énergie et des coûts d’importation » est susceptible d’exercer de nouvelles pressions sur l’inflation, les finances publiques et les équilibres extérieurs, renforçant ainsi la nécessité de réduire la dépendance énergétique du pays.
Cette mise en garde intervient alors même que la BCT dresse un bilan globalement favorable de l’année 2025, marqué notamment par une croissance de 2,5%, une inflation moyenne ramenée à 5,3%, une progression d’environ 30% des investissements directs étrangers et des avoirs nets en devises couvrant 106 jours d’importation. Pour le gouverneur, « les progrès accomplis ne sauraient occulter les défis qui subsistent », au premier rang desquels figure le déficit énergétique.
I.N.










