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Inflation en recul à 5,3% : quels effets sur les prix à la consommation ?

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Par Nadya Jennene

    Le ralentissement de l’inflation enregistré en Tunisie constitue un signal encourageant, mais il ne doit pas être interprété comme un retour généralisé à la baisse des prix. C’est le constat dressé par l’expert en fiscalité Mohamed Salah Ayari, qui a analysé les dernières données publiées par l’Institut national de la statistique (INS) lors d’une intervention mercredi 8 juillet 2026 sur les ondes de la Radio nationale.

    Selon les derniers chiffres de l’INS, le taux d’inflation est revenu à 5,3% en juin 2026, poursuivant ainsi sa trajectoire baissière. Une évolution positive qui, selon l’expert, contribue à améliorer progressivement le climat économique, sans pour autant alléger immédiatement le coût de la vie des ménages. Mohamed Salah Ayari a en effet avancé que ce recul traduisait simplement un ralentissement de leur rythme de progression.

    Cette nuance est particulièrement visible dans l’évolution des produits alimentaires. Plusieurs denrées de base ont continué à enregistrer de fortes hausses sur un an. Les prix de la viande ovine ont augmenté de 18,3%, ceux de la viande bovine de 13,6%, tandis que la volaille affiche une progression de 13,5%. Les poissons frais ont renchéri de 11,7%, alors que les fruits frais ont enregistré une hausse de 11%.

    Ces augmentations expliquent pourquoi une partie des consommateurs peine encore à ressentir les effets de la décélération de l’inflation dans son quotidien.

    L’expert a relevé néanmoins des signes d’amélioration sur certains postes de dépenses. Les huiles alimentaires ont vu leurs prix reculer de 5,5%, tandis que les œufs affichent une baisse de 3,1%.

    Pour Mohamed Salah Ayari, ces évolutions montrent que le marché n’évolue pas de manière uniforme : certaines catégories de produits continuent d’augmenter, alors que d’autres amorcent un repli.

    La baisse progressive de l’inflation constitue, à son sens, une étape importante vers l’amélioration du climat de consommation. Cependant, il serait insuffisant de s’en satisfaire. L’enjeu est désormais d’agir sur les facteurs structurels qui alimentent la hausse des prix afin de prolonger durablement cette dynamique.

    Mohamed Salah Ayari a d’ailleurs identifié trois priorités pour renforcer la maîtrise de l’inflation au cours des prochains mois.

    La première consiste à soutenir la production nationale. Plus l’offre de produits est abondante, plus la pression sur les prix diminue. Le deuxième levier concerne l’amélioration des chaînes d’approvisionnement. L’expert a insisté sur la nécessité de lutter contre les circuits spéculatifs et les intermédiaires qui achètent les produits aux agriculteurs à un certain prix avant de les revendre beaucoup plus cher aux consommateurs. Il a appelé également à un renforcement du rôle des services de contrôle relevant du ministère du Commerce.

    Mohamed Salah Ayari a, enfin, plaidé pour une réduction des coûts de production. Une meilleure maîtrise des charges supportées par les entreprises, une gestion plus efficace des moyens de production et une diminution des coûts d’exploitation permettraient, selon lui, de limiter mécaniquement les hausses de prix répercutées sur le consommateur.

    N.J

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