La croissance mondiale devrait atteindre 3% en 2026, selon le Fonds monétaire international (FMI), mais l’économie internationale évolue dans un environnement marqué par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, la volatilité énergétique et l’accélération des investissements liés à l’intelligence artificielle. Pour les économies importatrices d’énergie, comme la Tunisie, les risques restent importants.
L’économie mondiale fait preuve d’une résistance supérieure aux attentes, mais demeure exposée à de fortes incertitudes. Dans sa mise à jour de juillet 2026 de ses Perspectives de l’économie mondiale, le FMI décrit une conjoncture traversée par deux forces opposées : d’un côté, les effets persistants des tensions militaires et énergétiques au Moyen-Orient ; de l’autre, un cycle d’investissements technologiques porté notamment par l’intelligence artificielle.
Selon l’institution financière internationale, la croissance mondiale devrait s’établir à 3% en 2026, avant d’accélérer à 3,4% en 2027. Ces prévisions restent globalement proches de celles publiées précédemment, mais masquent des trajectoires très différentes selon les pays et leur exposition aux chocs internationaux.
Le principal signal d’alerte concerne l’inflation. Après plusieurs mois de ralentissement, le mouvement de désinflation mondiale a marqué un coup d’arrêt. Le FMI prévoit désormais une inflation globale de 4,7% en 2026, avant un retour progressif vers 3,9% en 2027.

Cette évolution s’explique notamment par la hausse des prix de l’énergie provoquée par les tensions géopolitiques. Les économies fortement dépendantes des importations énergétiques sont particulièrement vulnérables à une nouvelle flambée des cours du pétrole et du gaz.
Pour les pays comme la Tunisie, qui importent une partie importante de leurs besoins énergétiques, cette situation constitue un facteur de pression supplémentaire sur les finances publiques, la balance commerciale et le pouvoir d’achat des ménages.
Le FMI souligne que l’économie mondiale ne suit plus une trajectoire uniforme. Certains pays bénéficient du dynamisme des nouvelles technologies, notamment ceux qui occupent une place stratégique dans les chaînes de valeur liées aux semi-conducteurs, aux services numériques et à l’intelligence artificielle.
À l’inverse, les économies dépendantes des matières premières importées ou exposées aux conflits régionaux subissent davantage les conséquences du renchérissement des coûts et de l’incertitude.
Le FMI estime néanmoins que le choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient a été contenu jusqu’ici grâce notamment à l’adaptation des marchés énergétiques, à l’augmentation de certaines productions et à la progression des énergies renouvelables.

L’un des enseignements majeurs du rapport concerne le rôle croissant de la technologie dans la croissance mondiale. Le FMI observe que les investissements liés à l’intelligence artificielle soutiennent plusieurs économies et contribuent à compenser certains effets négatifs des tensions géopolitiques.
Mais l’institution appelle également à la prudence. Une correction brutale des marchés liés aux technologies ou une déception concernant les gains économiques attendus de l’IA pourraient peser sur l’activité mondiale.
Face à cette période d’incertitude, le FMI recommande aux gouvernements de préserver la stabilité des prix, de reconstruire leurs marges budgétaires et d’accélérer les réformes permettant d’améliorer leur capacité d’adaptation.
Pour les économies émergentes, le défi consiste désormais à transformer les mutations technologiques en opportunités tout en limitant leur exposition aux chocs extérieurs. Une équation particulièrement complexe pour les pays importateurs d’énergie, confrontés simultanément aux contraintes financières, sociales et climatiques.
N.J










