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Une petite fille, une fleur et une vitre : le récit poignant d’une visite à Issam Chebbi en prison

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Par Sarra Hlaoui

    Une simple fleur, une vitre infranchissable et les larmes d’une enfant. C’est à travers cette scène chargée d’émotion que Faïza Rahem a relaté, jeudi 9 juillet, sa visite hebdomadaire à Issam Chebbi, détenu depuis près de quatre ans dans le cadre de l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».

    Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux, elle raconte un moment qui, au-delà du contexte politique, met en lumière les répercussions humaines de la détention sur les familles, et plus particulièrement sur les enfants.

    Une fleur pour son grand-père

    Au moment d’entrer au parloir, la petite Kenza Chebbi, petite-fille du dirigeant politique, tenait une fleur qu’elle avait cueillie. Lorsque Faïza Rahem lui demande si elle peut l’avoir, l’enfant répond sans hésiter : « Non, elle est pour Issam. »

    Mais, comme dans la plupart des salles de visite des établissements pénitentiaires, une vitre sépare les détenus de leurs proches. L’enfant tente alors, avec l’innocence de son âge, de trouver un moyen de faire passer sa fleur. Elle grimpe sur la tablette où se trouve le téléphone du parloir et frappe contre la vitre, espérant qu’elle puisse s’ouvrir.

    Pendant toute la durée de la visite, elle multiplie les tentatives, sans succès.

    Les larmes d’une enfant

    À la fin du temps réglementaire, les adultes demandent à la fillette de saluer son grand-père. Elle refuse. Déçue, bouleversée, elle éclate en sanglots. Au lieu de lui parler, elle lui adresse simplement des cœurs avec les mains à travers la vitre.

    À la sortie, les accompagnateurs lui proposent de confier la fleur à un agent pénitentiaire afin qu’il la remette à son grand-père. L’enfant accourt, lui tend la fleur, et l’agent lui répond qu’il la lui transmettra. C’est seulement à ce moment-là que la petite fille retrouve un peu de sérénité.

    « Quel est le tort d’une petite fille ? »

    Dans son témoignage, l’épouse de Issam Chebbi s’interroge sur les conséquences de cette situation pour les proches des détenus.

    « Quel est le tort d’une petite fille pour vivre une telle douleur ? », écrit-elle, avant d’estimer que les familles paient elles aussi le prix de cette épreuve.

    Elle conclut en transmettant le message d’Issam Chebbi, qui affiche « une détermination de fer, un moral élevé et une constance inébranlable », malgré les conditions de sa détention.

    Ce récit, largement partagé sur les réseaux sociaux, dépasse le seul registre politique pour rappeler le coût humain de l’incarcération, notamment pour les enfants confrontés à la séparation d’un parent ou d’un grand-parent. Une fleur qui n’a pas franchi la vitre est ainsi devenue, pour beaucoup d’internautes, le symbole silencieux d’une douleur familiale.

    S.H

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