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Aïn Zaghouan : le luxe des façades, la misère des trottoirs

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Par Nadya Jennene

    Le premier indice n’est pas visuel. C’est une odeur. Une odeur lourde qui s’élève bien avant que n’apparaissent les premiers sacs éventrés. Puis viennent les conteneurs débordants, les cartons abandonnés, les déchets ménagers éparpillés par le vent et les chats errants qui fouillent dans ce qui ressemble désormais à des décharges à ciel ouvert.

    La scène ne se déroule pourtant ni dans une zone industrielle ni dans un quartier oublié des politiques publiques. Elle se joue à Aïn Zaghouan, l’un des secteurs résidentiels les plus prisés du Grand Tunis, où les immeubles contemporains côtoient les résidences de standing et où le marché immobilier affiche des prix parmi les plus élevés de la capitale.

    Au fil des rues, le contraste saute aux yeux. Derrière les façades impeccables, les trottoirs racontent une tout autre histoire.

    Depuis plusieurs semaines, les habitants multiplient les publications sur Facebook. Les photographies se succèdent, presque identiques. Ici, un conteneur disparaît sous une montagne de sacs-poubelles. Là, les déchets débordent jusque sur la chaussée. Plus loin, des détritus jonchent le sol après avoir été éventrés par des animaux errants.

    Les commentaires qui accompagnent ces images oscillent entre colère et lassitude. Tous décrivent un même sentiment : celui d’un quartier progressivement abandonné à une insalubrité que ses habitants peinent à comprendre.

    Sous le soleil de juillet, les sacs gonflés par la chaleur deviennent rapidement des foyers d’odeurs nauséabondes. Les insectes prolifèrent. Les chats et les chiens errants dispersent les détritus sur plusieurs mètres. Les passants changent de trottoir, les enfants slaloment entre les déchets et les commerçants assistent, impuissants, à la dégradation de leur environnement immédiat.

    Le paradoxe est d’autant plus saisissant qu’Aïn Zaghouan symbolise depuis des années la montée en gamme de l’immobilier tunisien. Selon les estimations du marché, le prix du mètre carré oscille aujourd’hui entre 2200 et 4500 dinars, selon le standing, l’état du bien et sa localisation. Des montants qui traduisent les attentes élevées des acquéreurs, séduits par la promesse d’un cadre de vie moderne, sécurisé et agréable.

    Or, pour de nombreux résidents, cette promesse semble aujourd’hui se heurter à une réalité beaucoup moins reluisante.

    Sur les réseaux sociaux, les interrogations se multiplient. Pourquoi la collecte des déchets paraît-elle aussi irrégulière ? Comment expliquer que des amas d’ordures puissent demeurer plusieurs jours dans un quartier réputé pour son attractivité ? Où sont passés les services municipaux censés assurer un ramassage régulier ?

    À défaut de réponses, les habitants continuent d’accumuler les preuves.

    Chaque nouvelle photographie publiée en ligne ressemble à la précédente. Chaque vidéo alimente un peu plus le sentiment d’exaspération. Les signalements s’enchaînent, les commentaires aussi, comme une chronique quotidienne de l’insalubrité.

    Cette situation dépasse le simple problème de propreté. Elle interroge la capacité des services publics à accompagner le développement urbain d’un quartier en pleine expansion. Car si l’immobilier y a connu une croissance spectaculaire, beaucoup estiment que les infrastructures et les prestations municipales n’ont pas suivi le même rythme. Et aujourd’hui, à Aïn Zaghouan, ce sont les déchets qui racontent le mieux cette défaillance. 

    N.J

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    3 commentaires

    1. EL OUAFI

      Répondre
      10 juillet 2026 | 22h07

      Monsieur Gg ,que faire ?

      Fallait il réduire le nombre des CAFES ? Pour faire sortir ces feneants de leur tanière ?
      Faire bosser ces bons à rien à coups de trique ?
      Ils sont nés dans la merde et créverons dans la merde !
      C’est question malheureusement de culture ! Ils adorent patauger dans la merde !

    2. Gg

      Répondre
      10 juillet 2026 | 11h00

      Je n’aurais pas osé l’ecrire, mais ce spectacle épouvantable est partout en Tunisie, du plus petit village aux sites les plus prestigieux.
      Je lisais sur un site allemand « la Tunisie, c’est un café pour hommes et à côté un café, et a côté un tas d’ordures, et un café… »
      Vous vous faites mal.

    3. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      10 juillet 2026 | 10h02

      Pourquoi peiner à chercher la raison, c’est un complot ourdi

    Répondre

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