Chaque été, les plages tunisiennes accueillent des milliers de baigneurs venus profiter de la mer. Pourtant, derrière une apparente tranquillité, l’eau peut parfois cacher un phénomène naturel particulièrement dangereux : le courant d’arrachement, également appelé courant de retour. Invisible pour un grand nombre d’estivants, ce mouvement d’eau peut rapidement transformer une baignade en situation de danger, y compris pour des nageurs expérimentés.
Face aux risques liés à ce phénomène, la Protection civile tunisienne a lancé, vendredi 10 juillet 2026, un appel à la vigilance à destination des vacanciers, rappelant que ce courant marin puissant et rapide se déplace depuis la plage vers le large et peut entraîner un nageur malgré ses capacités physiques.
Elle a également insisté sur l’importance du respect des consignes de sécurité, notamment l’interdiction de baignade lorsque le drapeau rouge est hissé.
Un phénomène naturel provoqué par le mouvement des vagues
Pour comprendre le courant d’arrachement, il faut d’abord comprendre le fonctionnement naturel des vagues. Lorsque celles-ci arrivent sur la plage, elles transportent une grande quantité d’eau vers le rivage. Cette eau doit ensuite repartir vers la mer. Dans certaines configurations, notamment lorsqu’elle trouve un passage entre des bancs de sable ou une zone plus profonde, elle se concentre dans un couloir étroit et repart rapidement vers le large.
Ce déplacement crée un courant très fort qui agit comme une véritable « rivière » dans la mer. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’une force qui attire le nageur vers le fond, mais d’un mouvement horizontal qui l’éloigne progressivement de la côte. Sa vitesse peut être supérieure à celle d’un nageur, ce qui explique pourquoi tenter de lutter directement contre lui en nageant vers la plage conduit souvent à l’épuisement.
Un danger difficile à repérer depuis le rivage
L’une des principales difficultés liées aux courants d’arrachement est qu’ils ne sont pas toujours visibles. Une zone où le courant est présent peut parfois sembler plus calme que le reste de la mer, avec moins de vagues ou une surface plus uniforme. Cette apparente tranquillité peut tromper les baigneurs qui pensent se trouver dans un endroit plus sûr.
Certains signes peuvent toutefois alerter les personnes habituées à observer la mer : une bande d’eau plus sombre, une interruption dans la ligne des vagues, une zone où l’écume ou des débris flottants semblent se déplacer vers le large. Mais pour un vacancier non formé, ces indices restent difficiles à identifier, d’où l’importance de privilégier les zones surveillées et de suivre les indications des secours.
Les courants d’arrachement peuvent apparaître sur différentes plages, mais certaines zones présentent davantage de risques. La Protection civile a recommandé notamment d’éviter la baignade près des rochers, des ports, des digues et des zones de rejet d’eau, où les mouvements marins peuvent être plus complexes et imprévisibles.
Que faire lorsqu’un courant d’arrachement emporte un nageur ?
La panique est souvent la première réaction lorsqu’une personne constate qu’elle s’éloigne du rivage malgré ses efforts pour revenir. Pourtant, le réflexe consistant à nager directement vers la plage est précisément celui qui peut provoquer un épuisement rapide.
La meilleure stratégie consiste à conserver son calme et à chercher à sortir du courant en nageant parallèlement à la plage, sur le côté. Une fois sorti de cette zone de déplacement rapide, le nageur peut alors reprendre progressivement la direction du rivage. Si la sortie du courant est difficile, il est préférable de rester à flot, de signaler sa présence et d’attendre l’intervention des secours plutôt que de gaspiller toute son énergie dans une lutte inefficace contre le courant.
N.J










