Retards chroniques, pannes à répétition, infrastructures vieillissantes, matériel roulant à bout de souffle, actes de vandalisme et sous-investissement : le transport public tunisien traverse depuis plusieurs années une crise profonde qui affecte quotidiennement des centaines de milliers d’usagers. Entre métros immobilisés, trains supprimés et réseaux ferroviaires dégradés, la situation ne cesse d’alimenter la colère des citoyens et les inquiétudes des professionnels du secteur.
C’est dans ce contexte que la Fédération générale du transport, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a lancé, jeudi 9 juillet 2026, un nouvel appel pressant aux autorités pour engager un véritable plan national de sauvetage de la Société des transports de Tunis (Transtu) et de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) et de son réseau ferroviaire.
Dans un communiqué, le bureau exécutif de la fédération a appelé les pouvoirs publics à assumer pleinement leurs responsabilités en mettant en œuvre un programme d’urgence axé sur le renouvellement de la flotte, la sécurisation des conditions de transport, l’amélioration de la qualité des services, le recrutement des ressources humaines indispensables et le sauvetage d’un réseau ferroviaire qu’il estime aujourd’hui au bord de l’effondrement.
La structure syndicale a fait état d’une dégradation sans précédent des infrastructures ferroviaires de la SNCFT. Selon elle, la sécurité des agents et des voyageurs est désormais sérieusement menacée en raison d’une gouvernance défaillante, de l’absence de vision stratégique, du blocage des décisions et du désengagement progressif de l’État en matière d’investissement dans ce secteur vital.
La fédération a dénoncé notamment une paralysie persistante dans plusieurs dossiers jugés stratégiques pour la modernisation du réseau. Elle a cité en particulier le projet d’acquisition de 30 nouvelles rames de métro, dont le financement, estimé à près de 495,5 millions de dinars, a pourtant été approuvé par un conseil ministériel restreint. Malgré cette validation, aucun appel d’offres n’a encore été publié, a déploré la Fédération.
Selon la Fédération, une grande partie des rames de métro en circulation a dépassé les quarante années d’exploitation, entraînant une multiplication des pannes techniques, des dysfonctionnements des équipements essentiels et même des problèmes de sécurité, à l’image de portes qui restent ouvertes durant les trajets. Ces défaillances se traduisent quotidiennement par des retards récurrents et l’annulation de nombreuses dessertes.
Le syndicat a alerté également sur le retard accusé dans le lancement de l’appel d’offres portant sur l’acquisition de 18 nouvelles rames destinées à la ligne Tunis–La Goulette–La Marsa (TGM), alors même que les besoins sont jugés urgents. Pour la Fédération générale du transport, ces blocages illustrent avant tout une crise de gouvernance, de prise de décision et de gestion des deniers publics, bien plus qu’un simple problème de financement.
Il a relevé également le maintien à l’arrêt de 118 nouveaux autobus, toujours immobilisés dans les dépôts de Ben Arous faute de décisions permettant leur mise en service. À cela s’ajoute une pénurie aiguë de ressources humaines qui, selon lui, empêche l’exploitation optimale des équipements disponibles et contribue à l’aggravation de la crise que traverse le transport public.
L’organisation syndicale a par ailleurs condamné fermement les campagnes de dénigrement visant les agents et les syndicalistes du secteur, estimant que les travailleurs ont permis, malgré des moyens limités et des conditions de travail particulièrement difficiles, d’assurer la continuité du service public, tandis que les autorités compétentes n’ont pas été en mesure de garantir les conditions minimales de sécurité et d’exploitation.
N.J










