À quelques semaines de l’ultimatum lancé par les fournisseurs de dispositifs médicaux, le ministère de la Santé tente de désamorcer une crise qui menace directement les hôpitaux publics. Après des années d’impayés et des mois d’alertes, des discussions ont enfin été engagées avec les professionnels du secteur pour éviter une interruption des livraisons et de la maintenance des équipements médicaux.
Le ministère de la Santé a engagé des discussions avec les représentants du secteur des équipements médicaux afin d’éviter une interruption de l’approvisionnement des hôpitaux publics, redoutée à partir du 31 août 2026. L’information a été annoncée par le président de la Chambre syndicale des équipements médicaux de l’Utica, Lotfi Ben Yedder, lors de son intervention, samedi 11 juillet 2026, sur Diwan FM.
Cette initiative intervient quelques jours seulement après la conférence de presse organisée par la profession, au cours de laquelle les représentants du secteur avaient lancé un véritable cri d’alarme. Ils avaient averti que, sans règlement des créances dues à plus de 600 entreprises avant le 31 août, ils se verraient contraints de déclarer un cas de « force majeure », avec à la clé un risque de suspension des livraisons de dispositifs médicaux et des services de maintenance dans les établissements publics de santé.
Une première réunion, mais pas encore de solution
Lotfi Ben Yedder a indiqué que le ministère avait réagi aux alertes formulées cette semaine et qu’une première réunion de travail s’était tenue avec le ministre de la Santé. Une rencontre qu’il a qualifiée de « positive ».
Selon lui, le ministre s’est montré attentif aux difficultés rencontrées par les fabricants, importateurs et distributeurs de dispositifs médicaux. Il a également annoncé que le ministère de la Santé, en coordination avec le ministère des Affaires sociales, s’est engagé à mobiliser des financements durant les mois de juillet et d’août afin de soulager les tensions de trésorerie des entreprises.
Le montant des fonds qui pourraient être débloqués n’a toutefois pas encore été précisé.
Les deux parties ont convenu de poursuivre les réunions au cours des trois prochains mois et de mettre en place une commission mixte chargée d’examiner plusieurs dossiers restés en suspens, notamment les garanties bancaires et les pénalités de retard liées aux perturbations de l’approvisionnement.
Des impayés accumulés depuis 2020
Pour les professionnels, la crise ne date pas d’hier. Lotfi Ben Yedder rappelle qu’elle trouve son origine dans l’accumulation des factures impayées par les structures publiques de santé depuis 2020.
Si les entreprises restent bénéficiaires sur le plan comptable, elles sont confrontées à une grave crise de liquidités qui met aujourd’hui leur activité en péril. Plusieurs sociétés ont déjà réduit leurs livraisons ou consacré leurs ressources au recouvrement de leurs créances, tandis que les fournisseurs étrangers deviennent de plus en plus réticents à accorder des délais de paiement aux opérateurs tunisiens.
Au-delà de la fourniture de matériel, ces entreprises assurent également la maintenance préventive et les interventions d’urgence sur les équipements médicaux. Une interruption de leurs activités pourrait donc affecter non seulement l’approvisionnement en dispositifs médicaux, mais aussi le fonctionnement quotidien des hôpitaux, où une partie des équipements dépend d’un suivi technique permanent.
Le président de la Chambre syndicale s’est dit confiant quant à l’issue des discussions engagées avec les autorités, tout en espérant que les mesures promises permettront d’éviter ce qu’il qualifie de « catastrophe sanitaire ».
M.B.Z










