Le blocage des exportations tunisiennes de crevettes rouges vers l’Italie continue de susciter des inquiétudes. Intervenant mardi 14 juillet 2026 au micro de Mosaïque FM, la députée Syrine Bousandel a appelé le gouvernement à agir rapidement, estimant que des dysfonctionnements administratifs mettent en péril une filière dont dépendent des milliers de familles.
La députée a indiqué qu’un groupe de parlementaires avait adressé une pétition à la cheffe du gouvernement et pris contact avec les ministres des Affaires étrangères et de l’Agriculture afin de trouver une issue au dossier. « Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucun retour », a-t-elle regretté.
Selon Syrine Bousandel, la Tunisie dispose d’un quota annuel d’exportation de crevettes rouges, mais le ministère de l’Agriculture n’aurait pas procédé à la mise à jour des documents requis, ce qui aurait conduit au blocage des cargaisons destinées au marché italien.
Elle affirme qu’une partie des marchandises a déjà été renvoyée, tandis qu’une autre reste toujours en attente, sans que les professionnels sachent si elle pourra finalement être admise sur le marché italien. « Aujourd’hui, nous sommes face à l’inconnu », a-t-elle déclaré, soulignant que cette situation menace toute une filière.
Syrine Bousandel a rappelé que ce secteur fait vivre des milliers de familles, des pêcheurs aux exportateurs, en passant par les employés des unités de transformation et de conditionnement. Selon elle, les professionnels ne sont pas responsables de cette situation et subissent les conséquences d’erreurs administratives.
La députée a également appelé le ministère des Affaires étrangères à intervenir auprès des autorités italiennes, s’interrogeant sur l’absence, selon elle, de réaction diplomatique dans un dossier aux lourdes conséquences économiques.
Des importations suspendues depuis juin
Le dossier remonte au mois de juin, lorsque les autorités italiennes ont suspendu les importations de crevettes rouges en provenance de Tunisie.
Selon le ministère italien de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts, cité par l’agence Nova, les certificats de capture validés par les autorités tunisiennes faisaient apparaître des volumes dépassant le quota annuel de 36.000 kilogrammes attribué à la Tunisie par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM).
Les autorités italiennes ont indiqué que plus de 50.960 kilogrammes de crevettes rouges avaient été certifiés pour l’exportation vers l’Union européenne, soit un dépassement de plus de 41 % du quota autorisé. Elles ont dès lors suspendu les autorisations d’importation des cargaisons concernées et demandé des explications aux autorités tunisiennes.
Dans son intervention, Syrine Bousandel présente toutefois une autre lecture du dossier. Selon elle, le blocage résulte avant tout d’un retard du ministère tunisien de l’Agriculture dans la mise à jour des documents nécessaires, ce qui empêche actuellement l’entrée des cargaisons sur le marché italien.
En attendant une clarification entre les deux pays, l’incertitude demeure pour les opérateurs de la filière, alors qu’une partie des marchandises a déjà été renvoyée et que d’autres cargaisons restent toujours immobilisées.
M.B.Z











Commentaire
Hathatjeba Hatem
Le déblocage des exportations de crevettes entraînera une augmentation inéluctable des prix sur le marché local.
A qui profite ce blocage ou profitera le déblocage ?