Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Faute d’accès adapté, un élu local en fauteuil roulant reste bloqué à l’entrée de l’ARP

Article réservé aux abonnés

Par Myriam Ben Zineb

    Le membre du conseil local de Tataouine-Nord, Abdallah Snoun, a dénoncé, lundi 13 juillet 2026, l’inaccessibilité du siège de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) aux personnes en situation de handicap. Invité à participer à une réunion au Parlement, il affirme n’avoir jamais pu accéder à la salle, faute d’un aménagement lui permettant de franchir les escaliers.

    « Je suis arrivé à l’ARP, mais pas à la séance »

    Plus de cinq cents kilomètres parcourus depuis Tataouine pour finalement rester au pied d’un escalier. C’est le témoignage qu’a partagé Abdallah Snoun sur les réseaux sociaux, accompagné d’une photo le montrant face à un escalier du siège de l’ARP, qu’il n’a pas pu franchir en raison de l’absence d’un accès adapté.

    Selon l’élu local, aucun ascenseur ni équipement d’accessibilité ne lui permettait d’accéder à l’étage. Des personnes présentes lui auraient proposé de le porter jusqu’à la salle.

    Une proposition qu’il dit avoir refusée.

    « Je n’ai pas parcouru cinq cents kilomètres pour remplacer mon droit par la générosité des autres », écrit-il, estimant que « la dignité ne se porte pas à bout de bras ».

    « Comment une institution qui vote les lois peut-elle être inaccessible ? »

    Au-delà de son expérience personnelle, Abdallah Snoun interpelle directement les pouvoirs publics sur l’accessibilité des institutions.

    Il juge paradoxal que le siège de l’Assemblée des représentants du peuple, où sont élaborées et votées les lois, ne garantisse pas un accès autonome aux personnes en situation de handicap.

    Dans son message, il s’interroge notamment sur le cas d’un futur député en fauteuil roulant : devrait-il, lui aussi, attendre que plusieurs personnes le portent pour rejoindre l’hémicycle ? Peut-on parler d’égalité lorsque l’exercice d’un mandat dépend de l’assistance d’autrui ?

    Une critique qui dépasse le seul Parlement

    Pour l’élu, l’absence d’un ascenseur ne constitue pas seulement une défaillance technique, mais révèle une conception des espaces publics qui continue d’ignorer les personnes en situation de handicap.

    Il estime que l’exclusion commence dès la conception des bâtiments lorsque leurs besoins ne sont pas pris en compte, rappelant que les institutions publiques ne peuvent exiger des administrations, des collectivités ou des établissements publics qu’ils soient accessibles si elles ne montrent pas elles-mêmes l’exemple.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *