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Tunisie : la colère monte

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Service IA, Business News

Par Maya Bouallégui

    Grèves, manifestations et pénuries d’eau rythment ce début de mois de juillet. Le dernier baromètre du FTDES montre qu’il ne s’agit pas d’une succession de mouvements isolés, mais d’une montée continue de la contestation depuis le début de l’année.

    Le week-end dernier, les livreurs de repas ont observé une grève nationale. Hier, c’était au tour des taxis individuels et des louages. Depuis plusieurs jours, des habitants manifestent dans plusieurs régions du pays contre les coupures et les pénuries d’eau. Chaque jour apporte son lot de protestations et, d’une région à l’autre, les revendications changent, mais le climat reste le même.

    Le dernier baromètre du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), publié lundi 13 juillet, montre que cette multiplication des mouvements ne doit rien au hasard. Elle s’inscrit dans une dynamique qui s’accélère depuis le début de l’année.

    Le premier trimestre s’était déjà achevé sur un niveau rarement observé, avec 1.310 mouvements sociaux recensés entre janvier et mars sur l’ensemble du territoire. Trois mois plus tard, le compteur grimpe à 1.884 mouvements, soit une progression de 44 % en un seul trimestre.

    Le constat dressé par le FTDES au mois d’avril se confirme donc en juillet. L’organisation estimait alors que les Tunisiens étaient sortis de la période de recul observée les années précédentes et avaient retrouvé le chemin de la contestation pour défendre leurs droits. Trois mois plus tard, ce retour dans la rue s’est transformé en accélération.

    Juin fait exploser les compteurs

    C’est surtout le mois de juin qui retient l’attention. À lui seul, il concentre 867 mouvements sociaux. C’est davantage que n’importe quel autre mois depuis le début de l’année et presque le double du mois de mars, qui détenait jusque-là le record avec 462 mouvements.

    Janvier avait enregistré 501 mouvements. Février était retombé à 347 avant un nouveau rebond en mars avec 462 protestations. Avril en compte 604, mai connaît un léger ralentissement avec 413 mouvements, puis juin fait bondir les statistiques à un niveau inédit.

    Cette évolution est loin d’être anodine. Elle montre que la contestation ne progresse plus par vagues successives. Elle s’installe et gagne en intensité.

    Le FTDES le souligne d’ailleurs explicitement en estimant que le recours à la protestation est désormais devenu un moyen permanent d’exprimer des revendications et non plus une réaction ponctuelle à une crise particulière.

    Emploi, pouvoir d’achat, eau : les mêmes revendications reviennent

    Les raisons de cette colère changent peu d’un trimestre à l’autre. L’emploi reste, de très loin, le premier motif de contestation. Au deuxième trimestre, près des deux tiers des mouvements concernent les recrutements, les régularisations, les salaires, les conditions de travail ou encore les négociations sociales. Les diplômés au chômage, les médecins, les employés des banques, les avocats, les ouvriers et les agents de plusieurs entreprises publiques figurent parmi les catégories les plus mobilisées.

    Les revendications à caractère politique et civil occupent toujours la deuxième place. Elles portent principalement sur les arrestations, les procès, la liberté d’expression ou encore la liberté associative.

    Mais c’est la progression des mouvements liés à l’eau et à l’environnement qui retient particulièrement l’attention. Ils occupent désormais la troisième place et concernent principalement les coupures d’eau potable, les problèmes d’assainissement, la pollution industrielle ou encore les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour accéder à l’eau d’irrigation.

    Difficile, dans ces conditions, de ne pas faire le rapprochement avec les manifestations organisées ces derniers jours dans plusieurs régions contre les pénuries d’eau.

    Une défiance qui s’installe

    Le FTDES ne se contente pas de compter les mouvements sociaux. Il cherche aussi à en expliquer les causes.

    Selon lui, cette montée de la contestation traduit la dégradation du pouvoir d’achat, la hausse continue du coût de la vie, la persistance du chômage, les retards de paiement dans plusieurs secteurs, mais aussi le sentiment, de plus en plus partagé, que les circuits administratifs classiques ne permettent plus d’obtenir de réponses rapides. Pour de nombreux citoyens, la rue devient le moyen le plus efficace de faire pression sur les autorités.

    Cette défiance s’observe également dans la diversité des secteurs concernés. Fonction publique, santé, banques, agriculture, transport, environnement ou encore enseignement : aucune grande catégorie professionnelle ne semble aujourd’hui épargnée.

    Le rapport relève également que les mouvements couvrent désormais l’ensemble du territoire, même si Tunis reste la région la plus mobilisée en raison de la concentration des centres de décision.

    Un climat qui dépasse les conflits sectoriels

    La grève des livreurs, celle des taxis et des louages, les manifestations contre les coupures d’eau ou les mouvements observés dans plusieurs administrations n’ont pas les mêmes causes immédiates. Les revendications diffèrent d’un secteur à l’autre.

    En revanche, elles interviennent toutes dans un contexte où les difficultés économiques s’accumulent et où les mouvements sociaux deviennent de plus en plus fréquents.

    C’est ce que montrent les deux derniers baromètres du FTDES. Le premier signalait un retour de la contestation sociale. Le second montre qu’elle s’accélère.

    Les chiffres ne disent pas ce qui se passera dans les prochains mois. Ils montrent en revanche qu’au fil des semaines, la rue retrouve une place centrale dans l’expression du mécontentement social. Les événements observés depuis le début du mois de juillet donnent déjà un premier aperçu de cette nouvelle réalité.

    Le pouvoir rattrapé par le quotidien

    Depuis le 25 juillet 2021, le débat politique tunisien a été dominé par les questions institutionnelles, les procès, les arrestations, les complots, la souveraineté ou encore la lutte contre la corruption. Les chiffres du FTDES montrent qu’un autre sujet s’impose progressivement : le quotidien.

    Or ce quotidien est devenu le principal terrain sur lequel le pouvoir est désormais attendu. À mesure que les difficultés s’accumulent, les discours et les visites surprises ne suffisent plus.

    Les réseaux sociaux en donnent un aperçu. Depuis la visite présidentielle à Mnihla, le 5 juillet, les internautes multiplient les images générées par intelligence artificielle montrant le quartier transformé en ville ultramoderne. La plaisanterie fonctionne parce que Mnihla est l’un des quartiers que Kaïs Saïed a le plus visités depuis son arrivée au pouvoir… sans que rien n’ait vraiment changé pour ses habitants.

    Cette ironie dit plus sur l’état de l’opinion que bien des sondages. Elle montre qu’une partie des Tunisiens n’attend plus des symboles. Elle attend des résultats.

    Les images de Mnihla créées par intelligence artificielle ne sont finalement qu’une autre façon de raconter ce que montrent déjà les chiffres du FTDES. Derrière l’ironie des réseaux sociaux comme derrière la multiplication des mouvements sociaux, c’est le même message qui apparaît : les Tunisiens jugent de plus en plus le pouvoir à l’aune de leur quotidien. Et c’est précisément sur ce terrain que la colère continue de monter.

    Maya Bouallégui


    Cliquer ici pour lire le rapport du FTDES du 1er trimestre

    Cliquer ici pour lire le rapport du FTDES du 2etrimestre

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    6 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      15 juillet 2026 | 20h03

      PAS MAL DE PARTICIPANTS SUR CE SITE,

      sans doute victimes de capacités cognitives très limitées, telles, celles des poissons rouges, qui ne disposent que de trois jours de mémoire.
      Ils subissent un reset, chaque 72 H.
      À ce jour, avec les capacités de leur mince pack de neurones embarqués, les bagla-liha ne représente absolument rien dans leurs souvenirs.
      Quelle tristesse !

    2. Hannibal

      Répondre
      15 juillet 2026 | 8h54

      Certains commentateurs ne savent répéter que la même chose. Ils savent que leur disque est rayé et qu’ils sont incapables de proposer autre chose que de la haine et que l’occultation du soleil par un tamis.
      Alors, soit ils sont id..ts, soit ils sont complices de cette mascarade imposée au pays.
      Je lis par ailleurs que certains des complices ou des soutiens profèrent publiquement des menaces de mort. Là, on atteint un degré de stu..dité jamais égalé.
      Réveillez-vous! La haine qui est instillée dans les esprits simples n’a qu’un seul objectif : garder le poste en installant la peur.

    3. Citoyen_H

      Répondre
      14 juillet 2026 | 20h44

      EN 2011

      les Atlantistes, fomenteurs et initiateurs du coup d’État, vous avaient recommandé, de meugler en chœur, un tout petit refrain en boucle : « Khob’z ou Mè et ZABA, Lè ».
      Cela correspondait parfaitement au niveau de votre QI et d’un flagrant déficit de matières cérébrales.
      C’était du sur-mesure.
      Ils vous ont poussé, à ce jour, à manger exclusivement de la me*de, excepté leurs complices, ceux qui leur ouvrirent les portes de la NATION en les accueillant à bras ouverts, à savoir, les membres de la maudite troika.
      Ils savaient à l’avance ce qui allait nous arriver.
      De plus, ils initièrent la plus grande migration d’exode rural de tous les temps.
      Que vous ont-ils proposé à beugler cette fois-ci, avec Kaissoune à la tête de l’État ?

      Sachez que ce sera bien pire et bien plus indigeste que tout ce que vous aviez goulument ingurgité, la première fois, dix années durant.
      Au bout, votre perte.
      Réfléchissez-y bien, avant de vous lancer dans l’inconnu, les rkhass, yéli mè té7’m’douch Rabi.

    4. Tunisino

      Répondre
      14 juillet 2026 | 18h55

      La colère monte! Pourquoi les régimes tunisiens sont personnels, égoistes, et bêtes? Ils n’arrivent jamais à s’en sortir indemnes et laissent le pays en état catastrophique pour le régime suivant! C’est toujours une histoire d’hommes, les excellent tirent vers la réussite et se terminent bien alors que les médiocres tirent vers l’échec et se terminent mal, même dans les plus petites missions!

    5. le financier

      Répondre
      14 juillet 2026 | 18h23

      Il suffit de couper l eau electricités et de plus avoir de pain et on aura les tunisiens dans la rue. …. allez encore un petit effort

      • Roberto Di Camerino

        Répondre
        15 juillet 2026 | 14h00

        Va-t-on voir un autre DEGAGE bientôt?
        INCHALLAH …

    Répondre

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