La diffusion d’une vidéo montrant un cheval violemment battu sur une plage à Zarzis a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux. Face à ces images, le parquet s’est saisi de l’affaire de sa propre initiative et a ouvert une enquête. Parallèlement, l’Association Rahma pour le bien-être animal, basée à Sousse, a mandaté un avocat afin d’assurer le suivi judiciaire du dossier.
Mercredi 15 juillet 2026, intervenant par téléphone au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, l’avocat Marwen Khaskhoussi a indiqué avoir été chargé par l’Association Rahma de suivre cette procédure judiciaire.
Selon lui, dès la diffusion de la vidéo, le parquet est intervenu de sa propre initiative en ouvrant une enquête. Les parties concernées ont été entendues et un vétérinaire a été désigné afin d’examiner le cheval et d’évaluer l’ampleur des éventuelles blessures qu’il aurait subies. Le ministère public a également ordonné d’approfondir les investigations afin d’établir les circonstances exactes des faits.
L’Association Rahma se constituera partie civile
Me Khaskhoussi a précisé que l’Association Rahma interviendra devant la justice en se constituant partie civile lorsque le dossier sera renvoyé devant le tribunal. Cette démarche vise à défendre les droits de l’animal et, plus largement, la cause du bien-être animal.
Interrogé sur l’état de santé du cheval, l’avocat a indiqué que l’animal faisait toujours l’objet d’un suivi vétérinaire. Le rapport d’expertise, qui sera transmis au parquet, permettra d’évaluer son état de santé et d’éclairer la suite de la procédure.
Selon les premiers éléments évoqués par Me Khaskhoussi, l’auteur présumé des violences serait le propriétaire du cheval. Celui-ci utiliserait l’animal dans le cadre d’activités de loisirs. L’avocat a toutefois souligné que les investigations en cours devront permettre d’établir précisément les circonstances et les motivations de cette agression.
Un cadre juridique jugé insuffisant
Marwen Khaskhoussi a dénoncé les limites du cadre juridique tunisien en matière de protection animale. Il a rappelé que les textes actuellement en vigueur reposent essentiellement sur une logique de protection de la propriété privée plutôt que sur la reconnaissance de l’animal comme être sensible. Selon lui, cette philosophie conduit à considérer l’animal avant tout comme un bien appartenant à son propriétaire, et non comme un être vivant bénéficiant d’une protection juridique autonome, ce qui explique la faiblesse des sanctions prévues.
L’avocat a notamment cité l’article 317 du Code pénal, qui réprime les mauvais traitements infligés aux animaux d’une peine maximale de quinze jours de prison et d’une amende de 4,8 dinars. Il a également évoqué le décret du 15 décembre 1896, qui prévoit, dans certains cas précis, notamment l’empoisonnement de certaines catégories d’animaux, des peines pouvant aller d’un à cinq ans de prison.
I.N.










