Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé, mercredi 15 juillet 2026, la condamnation en appel du journaliste et chroniqueur Haythem El Mekki à une peine d’un an de prison. L’organisation appelle à former un pourvoi en cassation et réaffirme son opposition au recours à des peines privatives de liberté dans les affaires liées à la liberté d’expression.
Une condamnation après un non-lieu en première instance
Dans un communiqué publié mercredi, le SNJT indique avoir appris « avec une profonde inquiétude et une vive indignation » l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Sfax condamnant Haythem El Mekki à un an d’emprisonnement.
L’affaire est liée à une plainte déposée par le CHU Habib Bourguiba de Sfax après la publication, par le journaliste, d’un post sur les réseaux sociaux évoquant la situation au sein de l’établissement hospitalier. Le syndicat rappelle que le Tribunal de première instance avait auparavant prononcé un non-lieu, avant que la Cour d’appel ne revienne sur cette décision.
Haythem El Mekki a lui-même annoncé ce verdict mercredi dans une publication sur les réseaux sociaux. Il a précisé que cette affaire remonte à janvier 2024 et qu’elle constitue la deuxième des trois procédures judiciaires engagées contre lui ces dernières années. Selon lui, ces affaires, ouvertes à Gorjani en mai 2023, à Sfax en janvier 2024 et à El Aouina en mars 2025, sont toutes liées à des déclarations dans les médias ou à des publications sur les réseaux sociaux.
Le journaliste a également indiqué que les poursuites avaient été initialement engagées sur la base du décret-loi n°54 avant que la condamnation ne soit finalement prononcée en application de l’article 86 du Code des télécommunications.
Le SNJT dénonce le recours aux peines de prison
Pour le SNJT, ce changement de qualification juridique illustre une tendance préoccupante au recours à des dispositions pénales prévoyant des peines d’emprisonnement dans des affaires liées à la liberté d’expression, au détriment des garanties prévues par le décret-loi n°115 relatif à la liberté de la presse.
Le syndicat estime que les poursuites visant des journalistes en raison de leurs opinions ou de leurs publications, notamment lorsqu’elles portent sur des questions d’intérêt général, favorisent un climat d’intimidation et d’autocensure et affaiblissent le rôle des médias dans le débat public.
Dans son communiqué, le SNJT exprime sa solidarité avec Haythem El Mekki, condamne le jugement rendu contre lui, apporte son soutien à son équipe de défense et appelle à former un pourvoi en cassation afin d’obtenir son annulation. Il réitère également son opposition à l’utilisation de l’article 86 du Code des télécommunications pour poursuivre des journalistes et invite les autorités à respecter les garanties constitutionnelles ainsi que les engagements internationaux de la Tunisie en matière de liberté d’expression.
De son côté, Haythem El Mekki considère que cette condamnation constitue un nouveau signal adressé aux voix critiques. Il affirme avoir toujours été conscient des risques liés à ses prises de position et conclut son message en exprimant sa solidarité avec toutes les personnes victimes d’injustice.
I.N.










