La Tunisie continue de subir une vague de chaleur exceptionnelle qui devrait se prolonger encore plusieurs jours avant une baisse progressive des températures. Pour le spécialiste des questions climatiques Hamdi Hached, ce n’est pas tant l’intensité des températures qui est inédite que leur maintien pendant plus d’une semaine, une situation qui accroît les risques sanitaires et met le réseau électrique sous forte pression.
Jeudi 16 juillet 2026, l’ingénieur en halieutique et spécialiste des questions climatiques Hamdi Hached est intervenu au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM pour expliquer les caractéristiques de l’épisode caniculaire que traverse actuellement la Tunisie. Selon lui, si le pays a déjà connu des températures comparables par le passé, c’est leur persistance pendant plusieurs jours consécutifs qui rend la situation actuelle particulièrement préoccupante.
Des températures durablement élevées
Selon Hamdi Hached, les températures devraient légèrement reculer à partir de samedi, sans pour autant retrouver immédiatement des niveaux habituels.
« Les températures baisseront de trois ou quatre degrés, mais cela restera une vague de chaleur, avec des maximales dépassant les 35 degrés Celsius. Cette situation devrait se poursuivre pratiquement jusqu’aux 24 ou 25 juillet, avant un retour progressif vers des niveaux plus proches des normales estivales », a-t-il expliqué.
Le spécialiste précise qu’après cette séquence caniculaire, les températures reviendront progressivement vers leurs niveaux estivaux habituels, tout en demeurant légèrement supérieures aux normales saisonnières.
Interrogé sur les températures attendues dans les prochains jours, Hamdi Hached n’a pas exclu que certaines régions puissent localement approcher les cinquante degrés Celsius, tout en soulignant qu’il s’agissait d’une éventualité.
« Dans plusieurs régions, les températures pourraient dépasser de cinq à dix degrés les normales de saison. À ces niveaux, on entre dans une zone présentant un véritable risque sanitaire, notamment pour les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques », a-t-il averti.
Le bulletin publié jeudi matin par l’Institut national de la météorologie (INM) confirme un léger recul des températures sur les côtes est, avec des maximales comprises entre 34 et 39 degrés Celsius, tandis que le reste du pays continuera d’enregistrer des valeurs comprises entre 42 et 47 degrés Celsius, sous l’effet du sirocco.
Une durée inhabituelle qui inquiète
Pour Hamdi Hached, ce n’est pas tant le niveau absolu des températures qui constitue une nouveauté que leur succession pendant plusieurs jours.
« Nous avons déjà connu de telles températures auparavant. Ce qui est inhabituel, c’est le nombre de jours consécutifs où elles se maintiennent à ce niveau. C’est cela qui est préoccupant », a-t-il souligné.
Selon lui, l’épisode de fortes chaleurs devrait ainsi s’étendre sur plus d’une semaine et pourrait avoisiner une dizaine de jours, alors que les précédents épisodes comparables ne duraient généralement que deux ou trois jours.
Le spécialiste n’exclut pas non plus que de nouveaux records puissent être battus.
« Il est possible que de nouveaux records soient enregistrés demain », a-t-il indiqué, tout en précisant qu’il s’agissait d’une possibilité et non d’une certitude.
Se protéger aujourd’hui, préparer l’avenir
Face à ces températures extrêmes, Hamdi Hached appelle les citoyens à redoubler de vigilance, en particulier pour les personnes les plus vulnérables.
« Les personnes âgées doivent rester dans des espaces climatisés ou, au minimum, dans des endroits bien ventilés. Lorsqu’il n’y a pas de climatiseur, il faut créer un courant d’air en ouvrant les fenêtres, comme cela se faisait autrefois », a-t-il conseillé.
Il recommande également d’anticiper une éventuelle coupure d’électricité en prévoyant une solution alternative de rafraîchissement, notamment pour les personnes âgées et les personnes les plus fragiles.
Au-delà de la situation actuelle, Hamdi Hached estime que cet épisode doit servir de leçon pour mieux adapter les infrastructures nationales aux effets du changement climatique.
« Il faut considérer cette crise comme une occasion d’apprendre et de préparer l’avenir. Ces phénomènes vont se poursuivre et nous devons renforcer notre réseau électrique pour être capables d’y faire face », a-t-il affirmé.
Un premier pic atteint mercredi
Mercredi 15 juillet, plusieurs stations météorologiques ont dépassé les 45 degrés Celsius. Nasrallah (gouvernorat de Kairouan) a enregistré la température la plus élevée avec 48,2 degrés Celsius, devant Jendouba (48 degrés Celsius) et Gaâfour (gouvernorat de Siliana, 46,5 degrés Celsius), confirmant l’intensité exceptionnelle de cet épisode caniculaire.
Cette vague de chaleur exerce également une forte pression sur le réseau électrique. Selon les explications fournies mercredi par le PDG de la Steg, Fayçal Trifa, les pics de consommation liés au recours massif aux climatiseurs, combinés à des contraintes techniques, expliquent les coupures de courant observées ces derniers jours dans plusieurs régions. De son côté, l’UGTT estime que la répétition des délestages met aussi en évidence la nécessité de renforcer durablement les capacités de production et les infrastructures électriques face à des épisodes de chaleur appelés à devenir plus fréquents.
I.N.










