Le journaliste Hamza Belloumi a annoncé, vendredi 17 juillet 2026, avoir été condamné, aux côtés de la journaliste Insaf Boughdiri, ancienne rédactrice en chef de l’émission politique Le Huitième Jour (Al Yawm Athamen), dans le cadre d’une affaire remontant à douze ans.
Selon le journaliste, un jugement par défaut en première instance leur a infligé une amende, tandis qu’un jugement par défaut en appel a prononcé à leur encontre une peine d’un an de prison. Nous apprenons également que la peine est assortie d’une amende de 8.000 dinars.
L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée en 2015 par l’ancien président de la République Moncef Marzouki, à la suite de la diffusion, dans leur émission, d’une vidéo le montrant prétendument appelant à un « bain de sang » en Tunisie. Il s’est avéré par la suite que cette vidéo était un montage.
Hamza Belloumi affirme que lui et sa consœur pensaient que le dossier avait été classé, d’autant qu’ils n’ont, selon lui, jamais pu exercer leur droit à la défense, ni en première instance ni en appel. Les deux journalistes ont indiqué avoir formé opposition contre ces jugements et réaffirment leur « totale innocence », estimant qu’il ne s’agissait que d’une erreur professionnelle pour laquelle ils avaient présenté des excuses publiques à l’époque.
Selon les informations disponibles, un mandat de recherche a également été émis à l’encontre de Hamza Belloumi et d’Insaf Boughdiri.
Dans la même affaire, Noureddine Ben Ticha et Chahrazed Akacha ont eux aussi été condamnés à un an de prison et à une amende de 8.000 dinars.
Marzouki : « J’ai porté plainte après avoir quitté la présidence »
De son côté, Moncef Marzouki a réagi dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Il rappelle qu’il avait renoncé, durant son mandat présidentiel, à poursuivre des journalistes, estimant qu’une telle démarche était incompatible avec ses principes démocratiques et son engagement en faveur des droits humains.
L’ancien chef de l’État explique avoir déposé cette plainte en 2015, après son départ de la présidence, considérant qu’il était alors légitime de poursuivre en justice ceux qui avaient, selon lui, diffusé une vidéo falsifiée lui attribuant un appel à la violence.
Il s’interroge toutefois sur le calendrier de cette décision judiciaire, rendue plus de dix ans après les faits, ainsi que sur le fait que d’autres personnes ayant diffusé, selon lui, des contenus similaires n’aient pas été poursuivies.
Au-delà de cette affaire, Moncef Marzouki estime que ce jugement ne saurait occulter les nombreuses condamnations prononcées contre des opposants sous le régime actuel. Il critique sévèrement l’état de la justice en Tunisie, qu’il juge instrumentalisée, et accuse une partie des médias d’avoir contribué à la dégradation de la situation politique et sociale du pays. Il conclut son communiqué en appelant les « journalistes honnêtes », les magistrats et l’ensemble des institutions à œuvrer pour le rétablissement de l’État de droit.
S.H











2 commentaires
Mhammed Ben Hassine
[pensaient que le dossier avait été classé, d’autant qu’ils n’ont, selon lui, jamais pu exercer leur droit à la défense, ni en première instance ni en appel]
Permettez moi de comprendre, il n’ont pu exercer leur défense ni en 1er instance ni en appel mais qui a porté l’affaire en appel si ce nest que leur avocats donc la défense
Bizarre
Fares
Vivement le salut!