Face à la multiplication des plaintes liées aux coupures d’eau potable dans plusieurs régions du pays, le PDG de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), Abdelhamid Mnaja, a apporté des explications sur les causes des perturbations, tout en assurant qu’aucun programme de rationnement généralisé n’est actuellement en vigueur.
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM vendredi 17 juillet 2026, le responsable a indiqué que les interruptions constatées ces derniers jours dans des régions telles que Tunis, La Marsa, Riadh El Andalous, Sousse, Le Kef ou encore Gafsa étaient principalement dues aux coupures d’électricité ayant affecté plusieurs stations de pompage stratégiques.
Il a expliqué que le Grand Tunis, ainsi qu’une partie des gouvernorats de Zaghouan et de Nabeul, étaient alimentés par le système hydraulique du Nord, dont la principale infrastructure est le complexe de Ghdir El Golla.
Selon lui, ce réseau, qui ne connaissait pas auparavant de difficultés majeures d’approvisionnement, a été fragilisé par les récentes interruptions du courant électrique.
Le responsable a rappelé que le système reposait sur une succession de stations de pompage permettant d’acheminer l’eau vers plusieurs réservoirs desservant Tunis, la banlieue nord, d’autres régions. Dès qu’une station cesse de fonctionner, le niveau des réservoirs diminue progressivement, provoquant des perturbations dans la distribution.
Interrogé sur les difficultés récurrentes rencontrées chaque été dans le Sahel, notamment à Sousse, malgré une amélioration du taux de remplissage des barrages, le PDG de la Sonede a reconnu que la situation était particulièrement tendue.
Il a rappelé que le système d’alimentation de cette région reposait principalement sur deux ressources : l’usine de traitement de Belli, d’une capacité nominale de 4,4 m³ par seconde, et le barrage de Nebhana, auquel s’ajoutent plusieurs stations de traitement et les champs de captage situés dans le gouvernorat de Kairouan.
Toutefois, le barrage de Nebhana ne contient actuellement qu’environ 4,5% de sa capacité, ce qui limite fortement les prélèvements possibles.
Afin de maintenir l’alimentation en eau, la Sonede exploite ses installations au-delà de leurs capacités nominales. L’usine de Belli fonctionne ainsi à près de 120% de sa capacité, avec un débit pouvant atteindre 5 m³ par seconde, tandis que les stations de surpression de Bouficha et Sidi Bou Ali ont également vu leur débit augmenté.
Le responsable a néanmoins souligné que cette stratégie présentait des limites techniques et qu’il serait indispensable de préserver les infrastructures ainsi que les réserves disponibles afin d’assurer la continuité du service pendant toute la saison estivale.
Il est également revenu sur le retard enregistré dans la mise en service de l’usine de dessalement de Sousse, un projet présenté comme essentiel pour soulager durablement le système d’alimentation du Sahel. Il a indiqué que des difficultés techniques et contractuelles retardaient encore son entrée en exploitation.
Sans avancer de calendrier précis, il a estimé que la mise en service pourrait intervenir dans les prochains jours, tout en précisant qu’il est impossible, à ce stade, de fixer une date définitive.
Selon lui, la réception du projet ne peut intervenir qu’après vérification de l’ensemble des critères de performance et de rendement prévus dans le contrat clé en main, afin de préserver les intérêts de l’État.
Répondant aux interrogations concernant l’absence d’avis préalables lors des récentes interruptions, le PDG de la Sonede a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de coupures programmées.
Il a enfin assuré que les équipes de la Sonede restent mobilisées en permanence afin de rétablir l’approvisionnement dans les meilleurs délais lorsque des incidents surviennent, rappelant que la mission première de l’entreprise demeure d’assurer la continuité de la distribution de l’eau potable sur l’ensemble du territoire.
N.J










