Alors que les délestages électriques se multiplient dans plusieurs régions de la Tunisie en raison de la forte pression exercée sur le réseau national pendant la vague de chaleur actuelle, le secteur de la santé alerte sur les conséquences humaines de ces interruptions, notamment pour les patients dont l’état nécessite un apport régulier en oxygène à domicile.
Le président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM), Wajih Dhokkar, a tiré la sonnette d’alarme dans deux publications diffusées sur sa page Facebook, mettant en garde contre une situation qui, selon lui, expose certains patients fragiles à des risques majeurs.
Dans son premier message publié jeudi 16 juillet 2026, le médecin a expliqué que depuis la période de la pandémie de Covid-19, la saturation des capacités hospitalières, notamment le manque de lits d’hospitalisation, avait progressivement modifié les pratiques dans les services d’urgence.
Selon lui, face à l’insuffisance des capacités d’accueil dans les établissements publics de santé et à l’accumulation des difficultés financières des structures hospitalières, une nouvelle réalité s’est imposée : certains patients dont l’état est jugé suffisamment stable sont orientés vers un retour à domicile avec un suivi médical et une assistance respiratoire.
Il a précisé qu’il s’agissait notamment de patients nécessitant encore un apport en oxygène à faible débit, généralement inférieur à cinq litres par minute. Même si cette solution n’est pas toujours l’option médicale idéale, elle constitue, selon lui, une adaptation aux contraintes actuelles du système de santé.
Ces patients rentrent alors chez eux avec des concentrateurs d’oxygène, des appareils électriques indispensables à leur prise en charge, qu’ils utilisent jusqu’à l’amélioration de leur état de santé.
Mais les coupures de courant viennent fragiliser cet équilibre précaire. Wajih Dhokkar affirme que plusieurs patients concernés subissent désormais des interruptions électriques répétées, les obligeant à se rendre de nouveau dans les services d’urgence lorsque leurs appareils cessent de fonctionner.
« Certains reviennent plusieurs fois aux urgences dans la journée en attendant le rétablissement de l’électricité », a-t-il écrit, soulignant l’angoisse vécue par des personnes qui dépendent de ces équipements pour maintenir leur traitement.
Selon le médecin, cette situation provoque également une inquiétude psychologique importante chez certains patients, qui refusent parfois de quitter l’hôpital par crainte de se retrouver seuls à domicile en cas de nouvelle coupure.
Face à cette situation, il a appelé à mesurer l’impact humain des délestages au-delà des considérations techniques liées à la gestion du réseau électrique.

Dans son second message, Wajih Dhokkar a critiqué l’absence, selon lui, d’une réponse institutionnelle claire face à cette situation. Il a affirmé que plusieurs initiatives locales avaient été prises par des directeurs d’hôpitaux régionaux, des propriétaires de salles de fêtes et des citoyens afin d’aider les patients dépendants de l’oxygène en cas de coupure, mais a déploré l’absence d’une stratégie nationale annoncée par le ministère de la Santé.
Le médecin a évoqué notamment l’absence d’un comité de crise dédié, d’un protocole officiel de prise en charge, d’un numéro d’urgence spécifique pour les patients concernés et de directives claires destinées aux établissements sanitaires.
Il a noté également que les services d’urgence connaissaient depuis plusieurs jours une augmentation des admissions liées à ces difficultés, sans qu’une organisation particulière n’ait été communiquée pour y répondre.
L’alerte de Wajih Dhokkar interviennent dans un contexte marqué par une tension exceptionnelle sur les infrastructures publiques. La hausse des températures a entraîné une augmentation importante de la consommation électrique, notamment pour la climatisation. Face à quoi, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a décidé des délestages afin de maintenir l’équilibre du réseau.
Si ces mesures visent à éviter une panne générale, elles soulèvent une question cruciale pour les secteurs sensibles, notamment la santé : comment garantir la continuité des services vitaux lorsque l’alimentation électrique devient intermittente ?

N.J











Commentaire
HatemC
Voila pourquoi la Tunisie est si dépendante de l’Algérie
https://www.youtube.com/watch?v=J3CdyEDMVgk