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Délestages : production à l’arrêt, commandes menacées, les industriels tirent la sonnette d’alarme

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Par Nadya Jennene

    Les interruptions répétées de courant commencent à faire sentir leurs effets sur l’activité économique. L’Union des petites et moyennes industries (UPMI) a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences des délestages qui touchent plusieurs zones industrielles, mettant en garde contre leurs répercussions sur la production, la compétitivité des entreprises et l’emploi.

    Dans un communiqué publié vendredi 17 juillet 2026, l’organisation professionnelle a exprimé sa profonde préoccupation face à la multiplication des coupures électriques observées ces derniers jours, estimant qu’elles perturbent de manière croissante le fonctionnement des unités industrielles, en particulier les petites et moyennes entreprises qui constituent un pilier essentiel du tissu économique tunisien.

    Des coupures qui coûtent cher aux industriels

    Selon l’UPMI, les interruptions de courant provoquent l’arrêt des lignes de production, l’immobilisation des équipements industriels et la perte d’heures de travail rémunérées sans création de valeur.

    Les entreprises doivent également faire face à d’autres coûts indirects, notamment la détérioration de certaines matières premières et produits semi-finis, ainsi que l’augmentation des dépenses liées au redémarrage des machines et à la remise en fonctionnement des installations.

    Les retards enregistrés dans l’exécution des commandes et le non-respect des délais de livraison constituent également une source d’inquiétude majeure, notamment pour les entreprises exportatrices. L’UPMI a souligné que ces perturbations risqueraient d’altérer la confiance des clients nationaux et internationaux et d’affaiblir la capacité des entreprises tunisiennes à rester compétitives sur les marchés extérieurs.

    Ces alertes interviennent dans un contexte énergétique particulièrement tendu. La Tunisie connaît actuellement une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures dépassant largement les normales saisonnières dans plusieurs régions. 

    Cette situation entraîne une forte hausse de la consommation électrique, notamment en raison de l’utilisation intensive des climatiseurs, mettant sous pression les capacités de production de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg).

    Face à l’écart entre l’offre disponible et la demande durant les heures de pointe, la Steg a mis en place des opérations de délestage afin de préserver l’équilibre du réseau et éviter un incident majeur d’approvisionnement, voire un black-out total. 

    Mais pour les acteurs économiques, ces mesures d’urgence doivent être accompagnées d’une meilleure anticipation et d’une communication plus efficace.

    L’UPMI réclame une planification et une vision de long terme

    Tout en reconnaissant les efforts déployés par la STEG pour assurer la continuité du service dans un contexte difficile, l’UPMI a insisté sur la nécessité d’une meilleure programmation des interruptions.

    Selon l’organisation, l’absence d’information préalable ou de calendrier précis empêche les entreprises de planifier leurs activités, d’organiser leurs cycles de production et de protéger leurs équipements.

    L’UPMI a appelé ainsi à l’élaboration et à la publication d’un programme clair des coupures, précisant les horaires et les zones concernées, afin de permettre aux industriels de prendre les mesures nécessaires pour limiter les pertes.

    Pour l’organisation, la gestion des délestages doit désormais intégrer davantage les contraintes économiques des entreprises, notamment celles qui fonctionnent avec des équipements sensibles ou dont les processus de fabrication nécessitent une alimentation électrique continue.

    Au-delà de la gestion immédiate de la crise, l’UPMI a plaidé pour la création d’un indice national du coût économique des coupures d’électricité. 

    Cette nouvelle mesure aurait pour objectif d’évaluer de manière scientifique et régulière le coût réel des interruptions électriques pour l’économie tunisienne, en calculant notamment la perte générée par chaque heure de coupure selon les secteurs d’activité et des standards internationaux.

    L’organisation a proposé que cet indicateur soit élaboré avec la participation des ministères concernés, des structures publiques, des universités et des centres de recherche, afin d’intégrer ces données dans les politiques publiques liées à l’énergie, aux infrastructures et à l’investissement.

    L’UPMI a demandé également d’étudier la possibilité d’exempter, lorsque les contraintes techniques le permettent, les zones industrielles des coupures tournantes, considérant ces espaces comme des moteurs de production, d’exportation, de création de richesse et d’emplois.

    Pour l’organisation, la protection du secteur industriel face aux perturbations énergétiques constitue désormais un enjeu national qui nécessite une coordination renforcée entre les autorités publiques, la Steg et les représentants du secteur privé.

    Dans un pays où les entreprises font déjà face à des contraintes liées au financement, aux coûts de production et à la pression sur les marchés extérieurs, la question de la fiabilité énergétique devient un facteur déterminant de compétitivité. Les coupures d’électricité ne sont donc plus seulement un problème technique : elles représentent un risque économique qui appelle des réponses structurelles et une planification à long terme.

    N.J

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    Commentaire

    1. HatemC

      Répondre
      17 juillet 2026 | 16h57

      Voila pourquoi la Tunisie est si dépendante de l’Algérie

      https://www.youtube.com/watch?v=J3CdyEDMVgk

    Répondre

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