Après des années de critiques sur l’état des écoles, les programmes jugés dépassés et les inégalités entre régions, le ministère de l’Éducation dévoile les grandes lignes de sa réforme 2026-2030. Au menu : nouveaux programmes, transition numérique, réorganisation du temps scolaire et investissements massifs. Reste désormais à transformer les promesses en réalisations.
Le ministère de l’Éducation a levé le voile sur les principaux axes de la réforme du système éducatif prévue pour la période 2026-2030. Une feuille de route qui ambitionne de revoir en profondeur l’école tunisienne, de la salle de classe aux programmes d’enseignement, en passant par les infrastructures, la formation des enseignants et le numérique.
Ces précisions figurent dans une réponse adressée à la députée Mariem Cherif, qui avait interpellé le département sur la dégradation des établissements scolaires et les difficultés rencontrées dans la conduite de la réforme.
Une refonte qui touche tous les niveaux
Le ministère assure que son plan s’appuie sur les conclusions de la consultation nationale et sur les travaux du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement. Son objectif affiché est de construire une école publique « plus performante et plus équitable ».
Dans les faits, le chantier annoncé est vaste. Les programmes scolaires seront revus, tout comme les méthodes pédagogiques. Le temps scolaire devrait être réorganisé afin de mieux prendre en compte les rythmes et le bien-être psychologique des élèves. Le préscolaire sera renforcé, tandis que les filières techniques et professionnelles feront l’objet d’une restructuration.
Autre priorité mise en avant : la transition numérique, appelée à s’accélérer dans les établissements scolaires. Le ministère annonce également une révision de la politique linguistique afin de trouver, selon ses termes, un équilibre entre le renforcement de l’arabe et l’ouverture aux langues étrangères.
1,5 milliard de dinars déjà investis, selon le ministère
Sur le front des infrastructures, le département affirme avoir consacré près de 1,5 milliard de dinars au secteur au cours des cinq dernières années.
Selon les chiffres communiqués, ces investissements ont permis plus de 5.500 interventions dans quelque 3.300 établissements scolaires : construction de nouvelles écoles, réhabilitation de bâtiments vétustes, reconstruction de clôtures, amélioration de l’accès à l’eau potable ou encore installation de caméras de surveillance.
Des chiffres qui contrastent toutefois avec les nombreuses alertes régulièrement lancées par les syndicats, les associations de parents d’élèves et les organisations de la société civile sur l’état préoccupant d’une partie du parc scolaire, notamment dans les régions de l’intérieur, où des écoles continuent de fonctionner sans équipements de base ou dans des locaux fortement dégradés.
Une enveloppe record pour 2026
Pour 2026, le ministère prévoit d’accélérer le rythme des investissements avec une enveloppe de 717 millions de dinars, en hausse d’environ 20 % par rapport à l’année précédente.
Ce budget doit financer la construction de 19 nouveaux établissements scolaires, la création de 514 salles de classe supplémentaires ainsi que la rénovation ou la réhabilitation de 464 établissements, avec une priorité affichée pour les zones rurales.
Le programme comprend également l’acquisition de mobilier scolaire, de matériel pédagogique, d’équipements informatiques ainsi que des crédits destinés aux interventions d’urgence.
L’épreuve du terrain
À travers cette feuille de route, le ministère affiche une ambition claire : moderniser l’école publique et améliorer les conditions d’apprentissage. Mais au-delà des annonces et des montants engagés, le véritable défi reste celui de l’exécution.
Dans un contexte où les retards dans les projets publics, les disparités régionales et les difficultés matérielles des établissements alimentent régulièrement les critiques, cette réforme sera avant tout jugée à l’aune de ses résultats concrets dans les salles de classe, plutôt qu’à celle des intentions affichées.
S.H











Commentaire
Tunisino
Le ministère de l’éducation est dominé par des littéraires, faible en calcul, qui font de la planification philosophique, sans même se référer à un projet national, qui d’ailleurs n’existe pas, puisque l’Etat est littéraire, depuis 1956, aucun rêve de rendre la Tunisie un pays durablement avancé! N’y a-t-il pas une personne qui peut leur dire qu’il faut faire la différence entre les sciences de l’éducation et l’ingénierie de l’éducation? N’y a-t-il pas une personne qui peut leur dire que la mise à niveau/la mise au point/l’amélioration d’une machine éducative doit se faire suivants les priorités nationales en développement, et en apprenant des pays les plus avancés? N’y a-t-il pas une personne qui peut leur dire qu’il doivent avoir le courage de demander au roi de Carthage comment il souhaite rendre la Tunisie? N’y a-t-il pas une personne qui peut leur dire qu’ils sont en train de détruire nos enfants par leurs approches illettrés? Est-ce que les mieux classés en collèges et lycées pilotes sont les plus intelligents? La reconstruction de la Tunisie ne sera jamais facile, puisqu’une machine littéraire nulle en calcul est à remplacer par une machine scientifique où tout se fait par calcul!