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Nabeul : les coupures d’électricité paralysent la transformation de la tomate et menacent toute la filière

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Par Sarra Hlaoui

    Les coupures répétées d’électricité enregistrées ces derniers jours commencent à produire leurs effets sur l’économie réelle. À Nabeul, les producteurs de tomates destinées à la transformation industrielle tirent la sonnette d’alarme, dénonçant une situation qui met en péril une campagne déjà fragilisée et menace les revenus de milliers de familles.

    Selon plusieurs agriculteurs interrogés par l’agence TAP, les interruptions de courant ont entraîné l’arrêt de plusieurs unités de transformation, tandis que d’autres continuent de fonctionner à cadence réduite, faute d’une alimentation électrique stable.

    Des camions immobilisés, des récoltes qui se dégradent

    Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Les camions chargés de tomates patientent parfois plusieurs jours devant les usines avant d’être pris en charge. Dans certains cas, les cargaisons sont finalement refusées, la qualité des fruits s’étant détériorée sous l’effet des fortes chaleurs.

    Les producteurs dénoncent des pertes financières considérables, d’autant que la campagne de la tomate représente pour beaucoup leur principale source de revenus et doit leur permettre de rembourser leurs dettes et de faire face à leurs engagements financiers.

    Face à cette situation, plusieurs agriculteurs appellent le ministère de l’Agriculture ainsi que les autorités régionales à intervenir d’urgence afin de garantir un approvisionnement continu des usines en électricité et d’éviter la perte d’une partie de la récolte.

    Une crise qui révèle des difficultés plus profondes

    Pour l’agriculteur Khaled Kachou, les coupures d’électricité ne font qu’aggraver une série de dysfonctionnements déjà existants. Il évoque également le manque de moyens de transport pour acheminer les récoltes et la lenteur des unités de transformation dans la réception des cargaisons.

    Même constat chez Makrem Khalil, qui souligne que plusieurs usines refusent de réceptionner les volumes correspondant pourtant à leur capacité théorique de production, alors que la campagne bat actuellement son plein. Il rappelle également que la saison de transformation a démarré avec retard, accentuant les difficultés de commercialisation rencontrées par les producteurs.

    La profession réclame une alimentation électrique continue

    Le secrétaire général de l’Union régionale des producteurs de tomates destinées à la transformation à Nabeul, Mohamed Ben Hassen, estime que la filière traverse des difficultés structurelles depuis plusieurs années, mais que les coupures d’électricité enregistrées cette semaine ont fait basculer la situation dans une nouvelle dimension.

    Il avertit que des milliers de familles dépendent directement de cette activité et appelle les autorités à assurer une alimentation électrique ininterrompue afin de sauver ce qui reste de la campagne.

    Selon lui, le secteur était déjà confronté aux réticences de certaines usines à accepter de nouveaux volumes, en raison d’importants stocks de concentré de tomates qui couvriraient, selon les professionnels, les besoins du marché national pour près de deux années. Les délestages ont encore aggravé cette situation, obligeant certaines unités à suspendre totalement leur activité.

    Une production nationale attendue en baisse

    Les premières estimations font état d’une légère diminution des superficies cultivées au niveau national, ramenées à environ 15.000 hectares, dont 4.500 hectares dans le gouvernorat de Nabeul.

    Avec un rendement moyen estimé à 55 tonnes par hectare, la production de Nabeul devrait atteindre environ 247.000 tonnes, sur une récolte nationale évaluée à 800.000 tonnes de tomates destinées essentiellement à la transformation industrielle. Ce volume représenterait une baisse d’environ 200.000 tonnes par rapport à la campagne précédente, renforçant les inquiétudes des professionnels quant à l’avenir immédiat de la filière.

    S.H

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