Le président du Conseil des chambres mixtes (CCM), Nacef Belkhiria, a plaidé, lundi 20 juillet 2026, pour une refonte de la politique tunisienne de valorisation du capital humain, estimant que le pays ne pourrait plus se contenter de former des compétences de haut niveau sans mettre en place des mécanismes permettant de les retenir et de les intégrer durablement dans son développement économique.
S’exprimant au micro d’Express FM, il a rappelé que la Tunisie avait fait, depuis l’indépendance, le choix stratégique d’investir dans l’être humain, considérant la formation et l’éducation comme ses principales richesses. Cet héritage constitue, a-t-il souligné, un acquis majeur qu’il est impératif de préserver et d’accompagner par des politiques publiques cohérentes.
Il a insisté, dans ce sens, sur la nécessité pour l’État de mettre en place des indicateurs de performance permettant d’évaluer les résultats des investissements consentis dans le formation de la jeunesse tunisienne.
À ses yeux, il est incohérent de former des générations entières dans des filières stratégiques telles que les sciences, la médecine ou l’ingénierie sans assurer un suivi de leurs parcours professionnels.
« Chaque année, nous célébrons les lauréats et les meilleurs diplômés, puis nous perdons leur trace. Nous ignorons ce qu’ils deviennent par la suite. C’est précisément là que réside l’échec », a-t-il regretté.
Le président du CCM a également pointé du doigt certaines pratiques universitaires qui facilitent le départ des jeunes diplômés vers l’étranger.
Il a notamment évoqué les projets de fin d’études (PFE) réalisés au sein d’entreprises étrangères, estimant que ces collaborations constituent souvent une porte d’entrée vers le recrutement international.
« Nous autorisons nos étudiants à effectuer leurs projets de fin d’études avec des entreprises étrangères qui, ensuite, les recrutent et les emmènent hors de Tunisie », a-t-il observé.
À titre d’exemple, il a indiqué que l’ensemble d’une promotion de près de 80 ingénieurs informaticiens diplômés de l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (INSAT) a quitté le pays pour poursuivre sa carrière à l’étranger, illustrant selon lui l’ampleur de la fuite des compétences.
Nacef Belkhiria a également cité l’expérience de la Chine, rappelant que les autorités chinoises avaient, à une certaine période, constaté que les étudiants envoyés se former à l’étranger ne revenaient plus dans leur pays.
Face à cette situation, Pékin a profondément réorienté sa stratégie afin de créer les conditions économiques, scientifiques et industrielles favorisant le retour ou le maintien de ses talents, contribuant ainsi à l’émergence de la Chine comme puissance technologique mondiale.
Selon lui, cette expérience démontre qu’une politique volontariste peut transformer le capital humain en véritable levier de souveraineté économique et d’innovation.
Dans cette perspective, le président du Conseil des chambres mixtes a indiqué que son organisation avait identifié plusieurs domaines prioritaires sur lesquels la Tunisie devrait concentrer ses investissements afin de renforcer sa compétitivité.
Il a cité en premier lieu les biotechnologies médicales et pharmaceutiques, considérées comme un secteur à fort potentiel de création de valeur. Il a également mis en avant les sciences et technologies liées à l’intelligence artificielle, au numérique et à l’Internet, qu’il juge indispensables à la transformation économique du pays.
Enfin, il a appelé à une modernisation profonde du secteur agricole. Selon lui, l’agriculture tunisienne demeure largement fondée sur des modèles traditionnels qui ne répondent plus aux exigences imposées par les mutations climatiques et les nouvelles technologies. Il a ainsi plaidé pour une agriculture plus innovante, résiliente et davantage intégrée aux évolutions scientifiques afin d’assurer la sécurité alimentaire et la compétitivité du pays.
N.J











Commentaire
Tunisino
On reste toujours dans le micro, des constatations du passé pour bricoler le futur, c’est le niveau des industriels tunisiens qui manquent cruellement d’organisation scientifique du travail et de projection dans le futur! On parle de valorisation de compétence dans l’absolu, sans se référer à un projet national, et on prend l’exemple d’un pays bricoleur comme la chine pour référence, en se détachant complétement des principes de gestion d’entreprise: vivre, se développer, et influencer. C’est peut être francophone, puisque les philosophes tunisiens ne connaissent pas l’anglais, ainsi ils leur est impossible d’analyser les expériences de développement des pays les plus avancés du monde: Etats Unis, Japon, et Allemagne. Ils se limitent à des petites ambitions, on est sans moyens, on ne peut pas prendre les risques, les tunisiens sont incapables, on est un pays faible, l’excellence n’est pas la notre, elle est pour les autres! L’audace, la vision, et la discipline sont aussi pour les autres: américains, japonais, et allemands!