Les coupures d’électricité continuent de perturber plusieurs régions du pays alors que la Tunisie traverse une vague de chaleur exceptionnelle. Pour Elyes Ben Ammar, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), les difficultés actuelles ne peuvent toutefois être réduites aux fortes températures ou aux pannes techniques. Le responsable syndical pointe avant tout une capacité de production devenue insuffisante pour répondre à la demande et estime que la situation actuelle est le résultat de plusieurs années de retards et de mauvais choix en matière de politique énergétique.
Intervenant mardi 21 juillet 2026 au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, Elyes Ben Ammar a reconnu sans détour l’existence d’« une crise d’approvisionnement en électricité », estimant que « la situation du réseau électrique national est difficile ».
Une capacité de production qui ne parvient plus à suivre la demande
Selon le responsable syndical, le principal problème auquel fait actuellement face le système électrique tunisien réside dans l’écart entre les capacités de production disponibles et les besoins de consommation.
« Notre capacité de production n’est pas parvenue à suivre la demande de consommation », a-t-il affirmé, considérant qu’il s’agit de la principale explication aux difficultés rencontrées actuellement.
Elyes Ben Ammar ne nie pas pour autant l’existence de pannes ou d’incidents liés notamment aux fortes chaleurs. Il estime cependant que ces phénomènes, qui peuvent survenir chaque été en Tunisie comme ailleurs, ne suffisent pas à expliquer à eux seuls l’ampleur des perturbations observées ces derniers jours.
Cette analyse intervient alors que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) avait expliqué, ces derniers jours, que la vague de chaleur exceptionnelle avait entraîné une forte augmentation de la consommation d’électricité, notamment en raison de l’utilisation massive des climatiseurs. La directrice commerciale et marketing de l’entreprise, Hend Ennaifer, avait notamment fait état d’une hausse d’environ 30% de la consommation durant les heures de pointe et de capacités de production disponibles avoisinant les 5.000 mégawatts.
Des difficultés signalées, selon lui, depuis plusieurs années
Pour Elyes Ben Ammar, la situation observée en 2026 est surtout l’aboutissement de difficultés accumulées pendant plusieurs années. « Ce que nous vivons aujourd’hui en 2026 est le résultat d’années passées. Nous ne pouvons pas l’imputer à une seule année », a-t-il soutenu.
Selon lui, la Steg alertait sur ce risque depuis 2020, avec des mises en garde renforcées en 2024 concernant les difficultés qui pourraient survenir en 2026 pour répondre à la demande en électricité.
Il a, dans ce contexte, mis en cause les choix relevant de la politique énergétique nationale, estimant que la Steg n’est pas seule décisionnaire en la matière et que les orientations stratégiques relèvent également de l’autorité de tutelle.
Elyes Ben Ammar a également évoqué le développement insuffisant, selon lui, des nouvelles capacités de production d’électricité à partir des énergies renouvelables. Selon les chiffres qu’il a avancés, 1.750 mégawatts de capacités renouvelables devaient être disponibles à l’horizon 2025, alors que seulement environ 250 mégawatts auraient effectivement été réalisés.
Le syndicaliste a par ailleurs rejeté les accusations selon lesquelles l’UGTT ou les structures syndicales auraient entravé le développement de ces projets. Il a reconnu l’existence de divergences avec l’autorité de tutelle sur certains dossiers, tout en contestant que celles-ci puissent expliquer les retards enregistrés.
Vers une baisse de l’intensité des coupures avec le recul de la chaleur ?
Interrogé sur la durée de cette situation, Elyes Ben Ammar s’est montré prudent. Il estime toutefois que la baisse attendue des températures devrait réduire la pression exercée sur le réseau et, par conséquent, diminuer l’intensité des délestages.
Il a également expliqué que les listes de zones annoncées par la Steg dans le cadre des délestages constituent un programme prévisionnel susceptible d’être modifié en fonction de l’état du réseau en temps réel. Lorsqu’une quantité déterminée de puissance doit être retirée du réseau afin d’en préserver l’équilibre, les contraintes techniques peuvent conduire les équipes à modifier les zones initialement prévues et à en inclure d’autres.
Cette précision intervient après les interrogations de citoyens affirmant avoir subi des coupures alors que leur quartier ne figurait pas parmi les zones annoncées, tandis que d’autres secteurs initialement inscrits sur les listes n’auraient finalement pas été touchés.
Depuis plusieurs jours, la Steg procède en effet à des délestages dans différentes régions du pays lorsque la demande dépasse les capacités disponibles. L’entreprise explique que ces interruptions temporaires sont nécessaires pour préserver l’équilibre du réseau et éviter un effondrement généralisé du système électrique.
Pour Elyes Ben Ammar, la crise actuelle devra néanmoins donner lieu, une fois la période critique dépassée, à une évaluation plus large des choix opérés ces dernières années. Il appelle ainsi à revoir la politique énergétique électrique du pays et à tirer les enseignements des difficultés rencontrées afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
I.N.











Commentaire
HatemC
L’UGTT est la cause majeure de la plupart des malheurs et problemes structurels de ce pays ….la transition énergétique a ete bloquée par ce syndicat de malheur. ..