La Fédération tunisienne des artisans et petites et moyennes entreprises (FTAPME) appelle à repenser le système des peines en Tunisie afin de favoriser la réinsertion des détenus, réduire la surpopulation carcérale et alléger la charge financière supportée par l’État. Elle plaide pour une approche faisant de la peine un moyen de réhabilitation et de contribution à la collectivité, au-delà de la seule privation de liberté.
Dans un communiqué publié dans la soirée du lundi 20 juillet 2026 et adressé au président de la République ainsi qu’à la ministre de la Justice, la FTAPME dresse le constat d’une surpopulation croissante dans les établissements pénitentiaires. Elle relève, parallèlement, que l’État, les municipalités et plusieurs services publics font face à un manque de main-d’œuvre et à une hausse du coût des services.
Des alternatives à la prison et des travaux d’utilité publique
Partant de ce constat, la fédération propose de remplacer les courtes peines d’emprisonnement par des peines alternatives prenant la forme de travaux d’intérêt général, effectués sous le contrôle de la justice.
Elle suggère également de permettre aux personnes condamnées à de longues peines, lorsque leur situation juridique et leur état de santé le permettent, de participer à différents travaux d’utilité publique.
La FTAPME cite notamment le reboisement, l’entretien des établissements publics, le nettoyage des villes, la protection des forêts ainsi que des projets agricoles et des travaux d’infrastructure. Cette activité donnerait lieu, selon sa proposition, au versement d’une indemnité symbolique dont les modalités seraient fixées par la loi.
Une partie du produit du travail pour les victimes, les prisons ou les familles
La fédération suggère, par ailleurs, qu’une partie du produit de ce travail puisse contribuer à indemniser les personnes lésées, à couvrir une partie du coût de l’hébergement dans les établissements pénitentiaires ou encore, lorsque cela est nécessaire, à soutenir les familles des détenus.
La FTAPME estime que le contribuable ne devrait pas supporter seul l’intégralité du coût de la détention d’une personne en capacité de travailler. Elle considère que celle-ci pourrait, dans un cadre légal et humain respectant sa dignité et ses droits, contribuer par son travail au service de la collectivité tout en acquérant des compétences susceptibles de faciliter sa réinsertion à l’issue de sa peine.
Un appel à un dialogue national sur le système des peines
À travers ces propositions, la fédération défend une conception de la peine associant dissuasion et réhabilitation. Elle estime qu’une telle réforme pourrait permettre aux condamnés de contribuer à la collectivité, alléger la charge financière supportée par l’État et, notamment par le recours aux peines alternatives, contribuer à réduire la surpopulation carcérale.
La FTAPME appelle ainsi le président de la République et la ministre de la Justice à ouvrir un dialogue national consacré à la réforme du système des peines. Elle souhaite que cette réflexion soit menée dans le respect de la Constitution, de la dignité humaine et des droits des personnes concernées, tout en servant, selon ses termes, « l’intérêt supérieur de la nation ».
I.N.










