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Sousse : la LTDH empêchée de visiter la prison civile de Messadine

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Par Imen Nouira

    La section de Sousse de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) a annoncé, mardi 21 juillet 2026, que l’une de ses délégations avait été empêchée d’accéder à la prison civile de Messadine, dans la délégation de Msaken. Selon l’organisation, l’administration a invoqué la nécessité d’obtenir une autorisation du ministère de la Justice, une condition qui, affirme-t-elle, ne figure pas dans le mémorandum d’entente encadrant ses visites dans les établissements pénitentiaires.

    Dans son communiqué, la section de Sousse indique que sa délégation a été, « une nouvelle fois », empêchée de visiter la prison civile de Messadine, au motif qu’une autorisation préalable du ministère de la Justice était nécessaire.

    La LTDH conteste cette exigence, affirmant qu’elle ne figure pas dans le mémorandum d’entente régissant les visites de ses délégations dans les établissements pénitentiaires. Elle estime que cette condition constitue « une restriction injustifiée » à son activité ainsi qu’un manquement au texte et à l’esprit de cet accord.

    L’accord encadrant ces visites remonte à 2015 et avait été conclu entre la LTDH et le ministère de la Justice. Ces derniers mois, plusieurs sections de la Ligue l’ont invoqué pour contester les refus d’accès opposés à leurs délégations.

    Des demandes concernant des situations qualifiées de critiques

    La section de Sousse souligne également avoir reçu plusieurs demandes de visite concernant des situations et des cas qualifiés de critiques dans les requêtes qui lui ont été adressées. Elle ne fournit toutefois pas davantage de précisions sur la nature de ces situations ni sur les personnes concernées.

    Cette interdiction intervient trois jours après une vague d’inquiétude autour de la prison civile de Messadine. Samedi 18 juillet, une vidéo montrant une foule importante rassemblée devant l’établissement avait largement circulé sur les réseaux sociaux, alimentant une rumeur faisant état d’un incendie et de cas d’étouffement parmi les détenus.

    La Direction générale des prisons et de la rééducation avait alors démenti « catégoriquement » ces informations, les qualifiant de « totalement infondées ». Le chef du service des urgences du CHU Farhat Hached de Sousse, Dr Zied Mezghani, avait également affirmé qu’aucun détenu n’avait été admis à l’hôpital.

    La LTDH n’établit, dans son communiqué de mardi, aucun lien entre cet épisode et l’interdiction de visite qu’elle dénonce.

    Une succession d’interdictions depuis fin 2025

    Le cas de Messadine vient s’ajouter à une série de restrictions dénoncées par la LTDH au cours des derniers mois.

    Le 16 avril 2026, une délégation de la Ligue avait été empêchée de visiter la prison civile de la Mornaguia. Un précédent refus avait déjà été signalé dans le même établissement le 20 janvier.

    En décembre 2025, la section de Mahdia avait également dénoncé l’interdiction d’une visite programmée à la prison civile de Mahdia. Elle affirmait alors avoir respecté l’ensemble des procédures prévues par l’accord de 2015, notamment la notification préalable, la transmission de l’identité des membres de la délégation et l’indication de l’objet de la visite.

    Une délégation avait également été empêchée d’effectuer une visite programmée à la prison civile de Gafsa. En novembre 2025, la Ligue avait fait état de restrictions similaires concernant plusieurs établissements, notamment les prisons de Mornaguia, Belli, Nadhour et Borj Erroumi.

    Face à la répétition de ces refus, la LTDH avait déjà dénoncé, fin 2025, ce qu’elle considérait comme une remise en cause, dans les faits, du mécanisme de visite prévu par l’accord conclu avec le ministère de la Justice.

    L’interdiction signalée mardi à Messadine vient ainsi prolonger une série d’entraves dénoncées depuis plusieurs mois par la Ligue concernant l’accès de ses délégations aux établissements pénitentiaires.

    I.N.

    *Photo d’illustration

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