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Photovoltaïque : la Steg autorise officiellement le stockage par batteries pour les installations raccordées au réseau

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Par Sarra Hlaoui

    En pleine crise énergétique marquée par des délestages à répétition, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) franchit une nouvelle étape dans le développement du photovoltaïque. L’entreprise publique vient de publier ce mercredi 22 juillet 2026, un référentiel technique qui encadre, pour la première fois, l’intégration des systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS) dans les installations photovoltaïques raccordées au réseau basse tension.

    Cette évolution concerne aussi bien les particuliers que les professionnels disposant d’installations solaires connectées au réseau national et ouvre la voie à une meilleure gestion de l’énergie produite.

    Une avancée dans un contexte de fortes tensions sur le réseau

    La publication de ce référentiel intervient alors que la Tunisie fait face à une vague de chaleur exceptionnelle ayant entraîné une hausse spectaculaire de la consommation électrique. Depuis le début du mois de juillet, les températures élevées ont fortement accru le recours à la climatisation, poussant la demande d’électricité à des niveaux records.

    Pour préserver la stabilité du réseau, la Steg a été contrainte de procéder à des coupures tournantes dans plusieurs régions du pays, mettant en évidence les limites d’un système électrique encore largement dépendant des centrales thermiques alimentées au gaz naturel.

    Dans ce contexte, l’intégration du stockage par batteries apparaît comme un levier permettant d’améliorer la résilience des installations photovoltaïques et de réduire leur dépendance au réseau pendant les périodes de forte demande ou lors des coupures.

    Le stockage désormais reconnu par la réglementation

    Le nouveau référentiel consacre un volet spécifique aux batteries de stockage. Il reconnaît officiellement leur rôle dans l’optimisation de l’autoconsommation de l’électricité produite par les panneaux solaires, tout en permettant d’assurer une alimentation de secours lorsque le réseau est indisponible.

    Les batteries pourront ainsi emmagasiner l’énergie produite durant la journée afin de l’utiliser en soirée ou lors des interruptions d’alimentation. Le document prévoit également le recours à des onduleurs hybrides capables de gérer simultanément la production photovoltaïque, le stockage et l’alimentation des équipements électriques.

    Des exigences techniques renforcées

    L’intégration des batteries reste toutefois soumise à un ensemble de prescriptions techniques strictes. Les équipements devront répondre à plusieurs normes internationales de sécurité et de performance, notamment en matière de certification, tandis que les installateurs devront fournir un dossier technique détaillé comprenant les caractéristiques des équipements, les calculs de dimensionnement, les schémas électriques ainsi que les dispositifs de protection mis en place.

    Une attention particulière est accordée à la prévention des risques d’incendie, à la ventilation des locaux accueillant les batteries et aux conditions de refroidissement des installations, des aspects jugés essentiels au regard des températures élevées enregistrées ces dernières semaines.

    Pour les systèmes de grande capacité, dépassant 100 kWh, la Steg exigera également la présentation d’essais réalisés en usine afin de garantir la fiabilité des équipements.

    Compatibilité et sécurité au cœur du dispositif

    Le référentiel introduit également l’obligation de démontrer la compatibilité entre les batteries et les onduleurs utilisés. Cette exigence vise à garantir le bon fonctionnement des installations et à limiter les risques techniques.

    Chaque système devra en outre être équipé d’un dispositif de gestion des batteries (Battery Management System – BMS), chargé de surveiller en permanence leur fonctionnement, de protéger les cellules et de prévenir tout risque de surchauffe ou d’emballement thermique.

    Un signal pour le développement du photovoltaïque

    Avec la publication de ce référentiel, la Steg dote enfin le secteur d’un cadre réglementaire clair pour le stockage de l’énergie, une évolution attendue depuis plusieurs années par les professionnels du solaire.

    Cette mesure devrait favoriser le déploiement des batteries dans les installations photovoltaïques, alors que leur coût diminue progressivement et que les solutions associant panneaux solaires et stockage se démocratisent à l’échelle internationale.

    Au-delà de l’aspect technique, cette décision intervient dans un contexte où la sécurité énergétique est devenue un enjeu majeur. Elle pourrait contribuer à renforcer l’autonomie énergétique des consommateurs tout en accompagnant la montée en puissance des énergies renouvelables dans le mix électrique tunisien, même si le développement du secteur reste confronté aux procédures de raccordement et aux contraintes administratives qui continuent de susciter des critiques de la part des acteurs de la filière.

    S.H

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    2 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      23 juillet 2026 | 0h21

      ​Autoriser le stockage était une étape indispensable, mais la façon dont c’est fait ressemble à un aveu d’impuissance.
      Au lieu d’intégrer le stockage dans un plan national structuré (avec subventions ciblées, normes de sécurité strictes, recyclage des batteries et pilotage intelligent), la STEG lâche du lest dans la précipitation pour étouffer la colère populaire, au risque de créer un désordre technique et économique ingérable d’ici deux ou trois ans.

    2. HatemC

      Répondre
      23 juillet 2026 | 0h15

      Photovoltaïque :
      enfin les batteries… mais où est la stratégie nationale ?
      La STEG autorise désormais le stockage par batteries pour les installations photovoltaïques raccordées au réseau.
      Sur le principe, cette évolution est positive : le stockage est indispensable pour développer les énergies renouvelables.

      Mais une question demeure : où est la stratégie nationale ?
      Depuis des années, les décisions semblent s’enchaîner au coup par coup, sans vision globale, sans calendrier clair et sans véritable plan de transformation du système énergétique tunisien.

      Autoriser les batteries est une mesure utile, mais elle ne peut remplacer une politique énergétique cohérente.

      À force de multiplier les décisions ponctuelles sans plan d’ensemble, le risque est de créer un système difficile à coordonner, au détriment de l’efficacité du réseau et de la sécurité énergétique.

      La Tunisie n’a pas besoin d’improvisation. Elle a besoin d’une véritable stratégie énergétique pour réduire sa dépendance au gaz et préparer l’avenir….

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