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Canicule, délestages et coupures d’eau : dans les élevages tunisiens, des scènes de désolation après la mort de milliers d’animaux

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Par Nadya Jennene

    La chaleur n’a pas seulement frappé les hommes. Dans les élevages, les animaleries et les petites exploitations familiales, elle a laissé derrière elle un paysage de désolation. Alors que les températures ont dépassé les 45 °C dans plusieurs régions du pays, les coupures d’électricité et les interruptions d’approvisionnement en eau ont plongé des centaines d’éleveurs dans une situation dramatique. Privés de ventilation, de refroidissement et d’eau en quantité suffisante, des milliers d’animaux n’ont pas survécu à cette succession d’épreuves climatiques et techniques.

    Sur les réseaux sociaux, les images sont difficiles à regarder. Des éleveurs filment leurs installations silencieuses, autrefois animées par le mouvement des volailles, le bruissement des cages ou le frémissement des bassins. À la place, des scènes de perte et d’impuissance : des poissons flottant à la surface de l’eau, des cages d’oiseaux immobiles, des élevages avicoles décimés par la chaleur. Derrière chaque vidéo, une même expression revient : celle d’éleveurs désemparés, confrontés à des pertes qu’ils décrivent comme catastrophiques.

    Dans les exploitations piscicoles, la panne d’électricité a eu des conséquences immédiates. Les systèmes d’aération des bassins, indispensables pour maintenir un niveau suffisant d’oxygène dissous dans l’eau, cessent de fonctionner dès l’arrêt des pompes. Or, lorsque la température de l’eau augmente, la capacité de celle-ci à retenir l’oxygène diminue fortement. Dans un bassin surchauffé et mal oxygéné, les poissons peuvent rapidement entrer en état de stress aigu, puis mourir par asphyxie.

    Selon les spécialistes de l’aquaculture, à mesure que la température augmente, le métabolisme des poissons accélère : ils consomment davantage d’oxygène alors même que l’environnement leur en fournit moins. Ce double phénomène crée un déséquilibre fatal, particulièrement lorsque les équipements d’oxygénation sont interrompus pendant plusieurs heures.

    Dans les élevages de volailles, la situation est tout aussi dramatique. Contrairement aux humains, les poulets et les autres oiseaux d’élevage disposent de moyens très limités pour évacuer la chaleur. Ils ne transpirent pas et dépendent principalement de la respiration pour réguler leur température corporelle.

    Lorsque le mercure dépasse les 40°C, surtout dans des bâtiments fermés, la chaleur devient rapidement un facteur de mortalité. Les systèmes de ventilation, souvent électriques, jouent alors un rôle vital. Une coupure prolongée prive les animaux d’un renouvellement d’air indispensable, entraînant une accumulation de chaleur, d’humidité et de gaz dans les bâtiments.

    Le phénomène est connu sous le nom de stress thermique. Sous l’effet de températures extrêmes, les oiseaux réduisent leur alimentation, augmentent leur fréquence respiratoire et mobilisent toute leur énergie pour tenter de maintenir leur température interne. Au-delà d’un certain seuil, l’organisme n’arrive plus à compenser : les fonctions vitales se dérèglent et la mortalité peut devenir massive en quelques heures.

    Pour les éleveurs, le drame est d’autant plus violent qu’il ne s’agit pas seulement d’une perte économique. Derrière chaque bâtiment touché, ce sont des mois de travail, des investissements et parfois l’unique source de revenus d’une famille qui disparaissent brutalement.

    Les animaleries n’ont pas été épargnées. Des commerçants spécialisés dans la vente de poissons d’aquarium, de perruches, de canaris et d’autres petits animaux ont également partagé des témoignages bouleversants.

    Les spécialistes du climat alertent depuis plusieurs années sur l’intensification des vagues de chaleur dans la région méditerranéenne. Mais l’épisode actuel révèle une autre réalité : les conséquences d’une canicule ne dépendent pas uniquement de la température enregistrée, mais aussi de la capacité des infrastructures à y résister.

    Une température dépassant les 45°C constitue déjà une menace majeure pour les organismes vivants. Lorsqu’elle s’accompagne d’une interruption de l’eau et de l’électricité, elle transforme les espaces d’élevage en environnements hostiles où les animaux perdent leurs mécanismes de protection.

    Pour les éleveurs touchés, le traumatisme restera longtemps marqué. Au-delà des pertes financières, les images partagées ces derniers jours racontent une catastrophe silencieuse : celle d’animaux pris au piège d’une chaleur exceptionnelle et d’un système incapable de leur garantir les conditions minimales de survie.

    Dans les campagnes comme dans les commerces urbains, la canicule a laissé derrière elle un spectacle de ruines : des bassins vides, des cages silencieuses et des éleveurs qui regardent, impuissants, disparaître le fruit de plusieurs années de travail.

    N.J

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    Commentaire

    1. le financier

      Répondre
      24 juillet 2026 | 11h14

      Je vous conseille d acheter des conserves parcequ il y aura pénurie de bcp de denree alimentaire et hausse des prix sur volaile viande poisson lait …

    Répondre

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