Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé, vendredi 24 juillet, avoir convoqué l’ambassadrice de France en Tunisie pour lui transmettre une « vive protestation » à la suite « d’un entretien diffusé récemment par une chaîne publique française avec une personne recherchée par la justice tunisienne ».
Selon le communiqué du ministère, cette interview aurait porté atteinte à « la souveraineté de l’État tunisien », visé « sa sécurité nationale et ses institutions » et constitué « un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes ».
La convocation de la représentante diplomatique française intervient sur instruction du président de la République Kaïs Saïed. Le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger a fait part de « l’indignation » des autorités tunisiennes face à ce qu’elles considèrent comme la répétition de contenus hostiles diffusés sur des médias publics français.
Moncef Marzouki critique la politique actuelle de Tunis sur France 24
Le communiqué du ministère ne précise toutefois ni l’identité de la personne interviewée ni le média concerné. Cette protestation intervient alors que l’ancien président tunisien, Moncef Marzouki, a accordé cette semaine un entretien à la chaîne française France 24, dans lequel il a vivement critiqué la gestion politique actuelle de la Tunisie.
Lors de cette intervention, Moncef Marzouki a notamment dénoncé les discours officiels visant les migrants subsahariens, estimant que la politique menée par les autorités tunisiennes constituait une rupture préjudiciable avec l’environnement africain du pays.
L’ancien chef de l’État a également sévèrement critiqué l’évolution politique de la Tunisie depuis l’arrivée au pouvoir du président Kaïs Saïed, mettant en cause la trajectoire institutionnelle et les choix opérés par les autorités actuelles.
Tunis accuse un média public français de dépasser les limites de la liberté d’expression
Dans son communiqué, le ministère affirme que de telles pratiques dépasseraient les limites garanties par « la liberté d’expression, la liberté de la presse et les règles déontologiques de la profession journalistique ».
Les autorités tunisiennes accusent également le média concerné de diffuser « des contenus incitatifs » et « des allégations mensongères » contre l’État tunisien, estimant que ces actes relèveraient d’une « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures du pays.
Le gouvernement tunisien considère par ailleurs que le caractère public de la chaîne concernée engage la responsabilité morale de l’État français. Il rejette l’argument de l’indépendance éditoriale des médias publics, estimant que les autorités françaises doivent prendre des mesures pour empêcher la diffusion de contenus jugés « inacceptables ».
R.B.H













9 commentaires
EL OUAFI
À mon avis, El Ouafi, c’est une tempête dans un verre d’eau !
Que l’ex-président Marzouki dise ce qu’il lui plaît !
La liberté de la presse est sans équivoque ; le pouvoir français ne peut, en aucun cas, intervenir pour s’opposer à de telles pratiques par une presse indépendante, même si celle-ci est financée par le contribuable français !
Le gouvernement tunisien aurait dû passer outre ce que Marzouki disait, ignorer son existence, ne pas lui donner l’occasion de propager ses accusations envers le pouvoir tunisien !
Le ministère des Affaires étrangères s’est fait donner le bâton pour se faire battre !
Erreur et manque de pondération du ministère : laisser les chiens aboyer et faire en sorte que ce soit un non-événement majeur, et mépris envers ses auteurs !
Fares
En pleine crise et après le scandale de la coupe du monde ce régime n’oeuvre qu’ à ménager la susceptibilité de l’autre? Il n’ y a plus de descence dans ce bled. La France n’est pas une République bannière. Merci à France 24 et à tous les médias étrangers d’offrir leurs tribunes aux opposants.
Roberto Di Camerino
« la souveraineté de l’État tunisien », visé « sa sécurité nationale et ses institutions » et constitué « un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes ».
Comme elle est fragile cette secutité de L »etat. Elle est menacee constamment, Un argument tellement utilise qu’il a perdu totute signfication.
Citoyen_H
MAIS QUI DONC, DONNE DE L’IMPORTANCE AUX PROPOS
de ce très provisoire saltimbanque, qui passa son temps de squattage, à Carthage, à s’empiffrer et à s’enivrer, puis de visiter des pays qu’on a grand mal à situer sur le planisphère !
Qu’on nous informe donc des retombées économiques de ses visites ringardes.
Tout comme le Bouchleka, qui se rendit aux Seychelles, avec sa femme, soi-disant pour revenir avec des containers de contrats pour la Tunisie.
Hahahahaha, Hahahahahaha, Hahahahaha, quels individus arrogants, ces représentants du meilleur gouvernement de la planète, de toute l’histoire de l’humanité.
Gg
La France ne peut pas s’opposer à ce que des journalistes interviewent un ancien président.
C’est un non événement, vraiment c’est insignifiant.
Mhammed Ben Hassine
LIBERTE DEXPRESSION
UN CHAMP ÉLASTIQUE QU’ON PEUT FACILEMENT LE RETRAISSIR LELARGIR MIDELER AU GOUT DE CHACUN
L'internaute tunisien
Qualifier un ancien président de la république d’un « hors la loi recherché par la justice » pour plaire au locataire actuel de Carthage en dit beaucoup sur l’état actuel de la politique en Tunisie. De toutes les manières KS a raté la porte de l’histoire. Ce n’est qu’une question de mois, peut être d’années, et son entreprise sera à jamais enterrée.
Hannibal
« Il rejette l’argument de l’indépendance éditoriale des médias publics »
…
Pas besoin de faire un commentaire
Hannibal
Finalement, je vais en faire un ou plutôt donner un conseil à l’ambassadrice de la France en Tunisie :
Vous ne devriez pas aller à cette convocation d’abord parce que l’État français n’y est pour rien puisqu’il respecte la liberté de la presse même celle bénéficiant de financement public et surtout, pour que votre interlocuteur n’ait pas l’occasion de ridiculiser la Tunisie en raison d’une réaction qui n’a aucune raison d’être.