La campagne 2025-2026 des fruits d’été s’annonce favorable en Tunisie. Malgré le recul des superficies cultivées, les rendements progressent et tirent la production vers le haut. À l’export, les recettes augmentent plus rapidement que les volumes, avec une montée en puissance des fruits à forte valeur ajoutée et une diversification des débouchés.
L’Observatoire national de l’agriculture (Onagri) a publié, vendredi 24 juillet 2026, une note consacrée à la campagne 2025-2026 des fruits d’été. Les données, provenant du Groupement interprofessionnel des fruits (GIFruits), font ressortir une production nationale de fruits d’été à noyau de 262.916 tonnes, en hausse de 4,6% par rapport à la campagne précédente. Une progression réalisée malgré une diminution de 3% des superficies cultivées et que l’Observatoire attribue principalement à l’amélioration des rendements de plusieurs variétés et régions productrices.
Pêches en forte hausse, cerises en net recul
Les pêches et nectarines constituent le principal moteur de cette progression. Leur production cumulée atteint 138.500 tonnes, contre 122.950 tonnes en 2025, soit une hausse de 12,6%.
Dans le détail, les pêches précoces enregistrent la plus forte progression, de 19,7%, pour atteindre 48.700 tonnes. Les pêches de saison augmentent de 9,8%, à 68.660 tonnes, et les tardives de 10,1%, à 19.600 tonnes. Les nectarines évoluent, en revanche, à contre-courant, avec une production en baisse de 17,9%, à 1.600 tonnes.
La production d’abricots s’établit à 43.500 tonnes, en progression de 1,9%. Celle des amandes sèches recule de 5%, à 53.700 tonnes, tandis que la prune (aouina) progresse de 2,9%, à 17.500 tonnes. La baisse la plus importante concerne les cerises, dont la production chute de 27,1%, passant de 9.600 à 7.000 tonnes. Le nèfle (boussaâ) affiche, de son côté, une légère progression de 1,8%, à 2.800 tonnes.
La production est par ailleurs fortement concentrée géographiquement. Kairouan, Ben Arous, Kasserine, La Manouba et Sidi Bouzid représentent ensemble plus de 89% de la production nationale de fruits d’été à noyau.
Les exportations augmentent de 10% en volume et de 18% en valeur
La dynamique est également positive à l’export. En 2026, 8.797 tonnes de fruits ont été exportées, contre 7.986 tonnes durant la même période de 2025, soit une progression de 10%. Les recettes ont augmenté encore plus rapidement, de 18%, passant de 56,1 à 66,1 millions de dinars.
La Libye demeure de loin le premier débouché des fruits tunisiens. Elle a absorbé 5.310 tonnes pour une valeur de 22,595 millions de dinars, contre 5.145 tonnes et 20,576 millions de dinars un an auparavant. Elle représente ainsi plus de 60% des volumes exportés.
La France enregistre, de son côté, une progression particulièrement marquée. Les quantités expédiées ont plus que doublé, passant de 509 à 1.129 tonnes, soit une hausse de 121%. Leur valeur a été multipliée par environ quatre, passant de 1,599 à 6,447 millions de dinars. L’Italie, troisième destination, reste relativement stable avec 751 tonnes exportées, contre 762 tonnes en 2025.
La pêche arrive en tête des produits exportés en volume. Environ 3.001 tonnes, soit près de 94% des exportations de ce fruit, ont été écoulées sur le marché libyen. Les exportations de pêches ont généré 16,4 millions de dinars. La pastèque occupe la deuxième position en volume, avec 2.309 tonnes, principalement destinées à la France, à la Libye et à l’Italie.
Fruits rouges : de faibles volumes pour des recettes importantes
Au-delà des volumes, la note de l’Onagri met particulièrement en avant les produits à forte valeur ajoutée. Les fruits rouges en offrent l’illustration : 660 tonnes de fraises ont généré 13,5 millions de dinars, tandis que moins de 751 tonnes de myrtilles ont rapporté 21,9 millions de dinars.
Les Émirats arabes unis constituent le premier débouché de la fraise tunisienne avec 385 tonnes, devant la France avec 91 tonnes. Singapour, le Qatar et l’Arabie saoudite figurent également parmi ses marchés, aux côtés d’autres destinations asiatiques et africaines.
Plus largement, les pays du Golfe prennent une place croissante dans les exportations tunisiennes de fruits à forte valeur ajoutée. Les Émirats ont importé différentes catégories de produits, notamment des fraises, des myrtilles, des pêches, des nectarines et des figues de Barbarie, pour une valeur dépassant à eux seuls 14,5 millions de dinars.
Cette diversification gagne aussi l’Asie. Vers la Chine, les volumes sont passés de quinze tonnes en 2025 à 71 tonnes en 2026, tandis que leur valeur a bondi de 417.000 dinars à 2,297 millions de dinars. Oman affiche également une progression notable : les quantités exportées sont passées de neuf à 33 tonnes et leur valeur de 240.000 à 692.000 dinars.
Pour l’Onagri, les résultats de 2026 témoignent ainsi d’une évolution progressive du modèle d’exportation des fruits tunisiens, davantage orienté vers la valeur ajoutée que vers les seuls volumes. Si les marchés traditionnels continuent d’absorber l’essentiel des exportations, la diversification vers les marchés européens, asiatiques et du Golfe, associée au développement de produits à rendement élevé comme les fruits rouges, apparaît comme un levier pour accroître la valeur économique des exportations tunisiennes.
I.N.










