Le député Thabet El Abed a réagi à la grâce présidentielle annoncée à l’occasion de la Fête de la République, qui a bénéficié à près de 3000 détenus, dont l’ancien candidat à la présidentielle Ayachi Zammel et l’ancien président de la Fédération tunisienne de football (FTF), Wadie Jari. Dans une publication diffusée sur Facebook vendredi 24 juillet 2026, l’élu a salué une décision « positive » tout en appelant à poursuivre cette dynamique dans un esprit de réconciliation nationale.
Selon lui, cette mesure a permis de rendre la liberté à un grand nombre de Tunisiens et d’apporter de la joie à de nombreuses familles. Il a rappelé également avoir réclamé, deux jours auparavant, la libération de Ayachi Zammel, estimant que son inclusion parmi les bénéficiaires de la grâce constitue une évolution favorable.
Le député a toutefois tenu à distinguer l’acte de grâce du débat sur les condamnations prononcées par la justice. Il a souligné que le droit de grâce relevait d’une prérogative constitutionnelle du président de la République, tandis que l’appréciation de la légalité des jugements et du déroulement des procédures judiciaires constituait un autre débat. Un débat distinct qu’il ne convient pas de confondre avec l’accueil réservé à une mesure qu’il a qualifiée d’humanitaire.
Pour Thabet El Abed, la portée de cette décision dépasse le seul nombre de personnes concernées notant que la Tunisie, confrontée à des tensions sociales et à une forte polarisation politique, a besoin d’initiatives susceptibles de restaurer la confiance, d’apaiser les crispations et de rappeler que « la République est la maison de tous », quelles que soient leurs opinions ou leurs positions politiques.
Dans cette perspective, le parlementaire a avancé que cette démarche « mérite d’être complétée ». Il a plaidé pour une approche fondée non sur la sélection ou l’esprit de revanche, mais sur la capacité de l’État à concilier l’application de la loi avec l’ouverture à toute initiative susceptible de renforcer la paix civile et l’unité nationale, dans le respect de la Constitution et des lois.
Le député a insisté également sur le fait que l’unité nationale ne suppose ni l’effacement des divergences ni l’uniformité des opinions. À ses yeux, les désaccords politiques ne devraient jamais conduire à une rupture entre citoyens ni remettre en cause les droits fondamentaux de chacun, notamment le droit à la dignité, à la justice et à un procès équitable.
« Les convictions peuvent nous opposer, les événements susciter des lectures divergentes. Mais la force d’une République ne se mesure pas à l’effacement des différences. Elle se révèle, au contraire, dans sa capacité à les accueillir, à les ordonner et à les inscrire dans le cadre de l’État de droit, sans jamais renoncer à ce qui fonde sa légitimité : l’autorité de l’État, l’indépendance de la justice et le respect inaliénable de la dignité humaine », a-t-il écrit avant d’ajouter : « La grâce présidentielle ne saurait mettre un terme aux divergences qui traversent la vie publique. Elle peut, en revanche, constituer le point de départ d’un nécessaire rétablissement de la confiance entre les Tunisiens. Car telle est, au fond, la plus haute signification de la Fête de la République : rappeler que la République demeure la maison commune de tous ses enfants, sans distinction d’opinion ni de parcours, et que la véritable force de l’État ne réside jamais dans l’approfondissement des fractures, mais dans sa capacité à rassembler la Nation autour de ce qui l’unit. »

Dans la soirée de jeudi 23 juillet 2026, à l’occasion de la Fête de la République, célébrée ce samedi 25 juillet et marquant le 69e anniversaire de la proclamation de la République tunisienne, le président Kaïs Saïed, a décidé d’accorder une grâce présidentielle à près de 3000 détenus condamnés par la justice.
Parmi les bénéficiaires figurent notamment l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2024, Ayachi Zammel, ainsi que l’ancien président de la Fédération tunisienne de football, Wadie Jari, dont les affaires avaient suscité un important débat politique, judiciaire et médiatique. Aucune communication officielle détaillée n’a, à ce stade, précisé la liste complète des bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni les modalités exactes de sa mise en œuvre.
N.J











