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L’État profond tunisien

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Par Faouzi Ben Abderrahman

    L’administration, le véritable pilier du pouvoir

    Il n’existe pas, en Tunisie, d’« État profond » au sens américain du terme.

    Il existe en revanche une administration qui a toujours fait partie intégrante du système de gouvernance. Aux côtés du parti au pouvoir, c’est elle qui gouvernait, élaborait les politiques publiques et en assurait la mise en œuvre. D’ailleurs, l’immense majorité des ministres étaient issus de cette même administration.

    À l’époque, les rôles étaient clairement répartis : le parti constituait la couverture politique du régime, tandis que l’administration en était le bras exécutif. Il existait une véritable orientation politique ; les décisions relevaient du politique, et l’administration occupait une place centrale dans le fonctionnement du système.

    En 2011, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), héritier du parti destourien, a disparu. L’administration, elle, est restée au pouvoir. Elle a continué à gouverner avec tous les gouvernements qui se sont succédé. Jusqu’en 2021, elle est toutefois demeurée au second plan et son influence est restée relativement limitée.

    Depuis 2021, une bureaucratie sans contrepoids politique

    Après le 25 juillet 2021, Kaïs Saïed a choisi de gouverner avec l’administration, sans véritable couverture politique ni vision politique structurée, hormis quelques projets présidentiels tels que la réconciliation pénale, les sociétés communautaires ou encore certaines réformes législatives.

    Au sein de cette administration existe ce que l’on peut qualifier de « complexe sécuritaire et judiciaire », qui est devenu l’instrument du pouvoir pour neutraliser et marginaliser les corps intermédiaires : partis politiques, organisations nationales, conseils municipaux et régionaux.

    Aujourd’hui, cette même administration se retrouve à élaborer des programmes qui dépassent largement ses capacités, sans bénéficier d’un véritable cadre politique. Le Plan de développement en est, selon moi, une parfaite illustration.

    L’administration tunisienne est-elle, par nature, hostile à la démocratie, au pluralisme et aux libertés ? Personnellement, je ne le crois pas.

    Le véritable problème réside ailleurs. Depuis l’indépendance, la doctrine de l’administration tunisienne consiste avant tout à servir le pouvoir en place, plutôt qu’à servir l’intérêt général, comme c’est le cas dans les États qui respectent pleinement leurs citoyens.

    Dès lors, lorsque le pouvoir est démocratique, l’administration s’inscrit naturellement dans cette dynamique. Mais lorsque le pouvoir est hostile aux libertés, elle finit par anticiper les attentes du dirigeant et à les satisfaire avant même qu’elles ne soient formulées.

    Pourquoi cette doctrine n’a-t-elle pas évolué après la révolution ?

    Parce que tous les partis qui ont gouverné, sans exception, ont cherché à reproduire les pratiques du RCD. Ils ont voulu enfiler les mêmes habits que l’ancien parti au pouvoir et utiliser l’administration comme instrument de gouvernement, plutôt que de réformer en profondeur sa culture et sa mission.

    Kaïs Saïed s’inscrit dans cette même logique, mais il est allé un pas plus loin.

    Il appréhende la politique davantage comme un simple citoyen que comme un chef d’État. Il n’aime ni la politique ni les responsables politiques. À ses yeux, il ne participe pas à une compétition politique. C’est pourquoi il a choisi de gouverner par l’administration et avec l’administration, sans lui fixer, comme le prévoit pourtant la Constitution, de véritables orientations politiques.

    Il lui a ainsi laissé une marge de décision et d’exécution bien plus importante que celle dont elle disposait auparavant. Cette approche est cohérente avec les régimes populistes, qui ne peuvent gouverner qu’en s’appuyant sur une bureaucratie administrative.

    Le mythe de l’État profond, la réalité d’une bureaucratie toute-puissante

    Je ne crois donc pas à l’existence, en Tunisie, d’un État profond doté d’une stratégie, d’une vision et d’une capacité de coordination.

    En revanche, je vois une administration qui se satisfait du pouvoir dont elle dispose, sans aucun contrepoids politique susceptible de limiter ses décisions.

    C’est précisément pour cette raison qu’elle est aujourd’hui capable d’opposer un véritable droit de veto à des lois pourtant adoptées par le Parlement issu du projet politique de Kaïs Saïed lui-même.

    Les textes qu’elle désapprouve ne sont tout simplement pas appliqués : les décrets d’application ne sont pas publiés et les lois restent lettre morte. C’est notamment le cas de plusieurs dispositions de la dernière loi de finances, adoptées sans l’accord du gouvernement. Dix mois plus tard, les textes d’application n’ont toujours pas vu le jour.

    Ce n’est pas cela, un État profond.

    C’est une bureaucratie centrale au service du pouvoir.

    BIO EXPRESS

    Faouzi Ben Abderrahman est un ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et figure politique tunisienne

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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    5 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      26 juillet 2026 | 17h00

      @Tunisino
      EN SOMME, VOUS

      vous nous avez fait une synthèse de l

      • Citoyen_H

        Répondre
        26 juillet 2026 | 18h31

        @Tunisino
        BIEN JOUÉ.

        En somme, vous nous avez fourni une petite synthèse sur la pléthore de charognards et d’affamés post-2011, des PARVENUS, des OPPORTUNISTES, dont la seule devise est : la faim justifie les moyens.

    2. État profond...Etat morfond...Deep state...Deep siditata...Taratata.

      Répondre
      26 juillet 2026 | 15h30

      Point d’état profond en Tunisie.

      Ni au sens moderne et séculier (discrétionnaire, illégitime et occulte) ni comme encore moins au sens traditionnel façon « Ahl el Hal wal Akd » (ouverte, normative et plus limité).

      La thama « Deep », wala thama « State », ya baba !

      Ni Etat ni Profondeur !

      En tout cas K… pas dignes de noms au regard des paramètres essentiels relativement bien connus de tous désormais et trop exhaustifs pour être déroulés.

      La Tunisie n’est ni USA ni Angleterre, ni France ni Algérie ni Egypte ni Iran ni Chine ni Pakistan ni encore la Turquie.

      « Dipsy statoutounet tinisien » bureauKrasseux à la solde des imamatriKulés QômcepSion françalgériatriKS pour substantifiKe partie plutôt.

      Un Etat profond digne de nom ne laisserait pas les premières Dames pestilentielles faire par le passé toutes à leur guise dé-nominations gouvernementales Bounkibiques ou autres partages du goûtu gâteau patrimonial public, ce haut bien commun préservé, défendu, libéré, fructifié, transmis becs et ongles, sueur et sang, fer et chrome, zinc et titane par les valeureu.ses.x de Zaghouan jusqu’aux Titans de Tataouine; véreux partages par voracité d’intérêts délinquants au truchement du jeu des 7 proches familles zabazinzinzolines de sinistre mémoire… RENDEZ AU PLU VITE LES PLUS DE 33 MILLIARDS CUMULÉS, Ô INFAMANTE CASTE PILLARDE CRIMINELLE ZABAZINZINZOLINE EN PASSANT PAR BOUNKIBA ET AUTRES ZOKAFIONS NAOUFELONS !

      Un « État profond » ne laisserait pas
      s’imposer les viles velayités mollahrdeuses astroturfeuses étrangères contre-révolutionnaires antidémocratiques et autres intérets néocoloniaux antidémocratiques contre-révolutionnaires françalgériatriques.

      Un État profond ne laisserait pas l’illégitime Kaptation vampirisante sonnante Qômme trébuchante Qômtinuer et déjouerait in petto puis mettrait à la trappe carabinés melocarabinieris Konciergeantes maritimes et satrapiques sabotages peuplicidaires.

      A travers le globe, c’est de la T-pop qu’on braillerait à tue tête.

      Du T-drama addictif dont on se gaverait à s’en crever les mirettes.

      K3iba « Tunsung » mobile dans chaque poche.

      Ka3ba écran « Tunsung » dans chaque foyer.

      Des centaines de milliers de T-Drones, de T-3assla et de super T-tankers à travers ciel, mer et terres du Globe terrestre.

      Etat profond.

      Etat morfond ouais.

      Dawla 3amika.

      Deep state.

      Deep sidi tata.

      Taratata.

      « Deep staKa » wa « Deep saKhta » 3ala moKhou wa mokhQÔM, ya kamchat eli deyrine bi ZoKafion Dernier Qaramita insh’Allah oui !

      Un État profond aurait empêché la mise à la trappe des principales conquêtes et acquis de la décennie prodigieuse de la Révolution de la Dignité.

      Un État profond aurait empêché la moindre orchestration de coup d’État et empêché un zoKafion et son proche naoufélon de s’emparer de tous les pouvoirs avec l’aide d’un Karteron dégénéré de généraux perfides, laissant le pays incapable de fournir les biens de première nécessité, incapable d’éteindre le moindre incendie et incapable de garantir la sécurité nationale envers les forces pourvoyeuses de milichiens bullchiiteurs et autres forces à 2060 agendas pourvoyeuses à freaKS afrocentristes, tout ce démonde par frets entiers sans visas(à vis) et « ready made » armés le moment venu Kontre-insurectionnel envers un peuple remonté et décidé au ressaisissement de sa dignité socioéconomique comme citoyenne et ainsi de son destin révolutionnaire démocratique à Etat de Droit garant de ses intérêts souverains, indépendants et autodéterminés.

      Un État profond ne laisserait pas se concentrer l’ensemble des pouvoirs entre les mains d’un seul homme, ni le démantèlement des institutions, ni le spectre du passé zabazinzinzolin perdurer avec un État s’appuyant sur un parti-milice unique et un appareil judiciaro- sécuritaire omniprésent.

      Un État profond aurait discerné cette autre méthode pour une même finalité d’absence de contre-pouvoirs avec ​dissolution du Parlement, rédaction unilatérale d’une Constitution taillée sur mesure pour le Pestilent de la RipoubelliK, ​soumission du pouvoir judiciaire, dissolution du Conseil supérieur de la magistrature, limogeage de dizaines de juges en infâme contrôle politique des plus sombres sur la Justice tunisienne.

      Un État profond aurait empêché de s’ériger une telle façade potemKine démocratique avec Kontrôle des élections, candidatures écartées, taux d’abstention records, retour des méthodes répressives, recul alarmant de liberté d’expression et de la presse, arrestations massives et exil des opposants de tous bords, avocats, journalistes, figures de la société civile

      Un État profond aurait empêché la criminalisation de la dissidence via Décret-loi 54 qui sert d’outil judiciaire pour faire taire les voix critiques et restreindre l’espace public.

      Pas d’État profond quand une telle crise économique a lieu, une des pires sous cette foutue dérive autoritaire dicKtatoriale aKtuelle s’accompagnant d’une détérioration sans précédent des conditions de vie tunisienne avec son lot quotidien de pénuries, de défaillances des services publics, de pénuries d’aliments de première nécessité, de coupures d’eau et d’électricité à répétition. ​

      Un État profond ne laisserait pas un disKours officiel pointant régulièrement du doigt des « complots » ou des « saboteurs » afin d’éviter d’aborder les réformes structurelles indispensables mais de rechercher des boucs émissaires face à l’inflation et à la « staKanation éKonomique ».

      UN ETAT PROFOND DIGNE DE NOM NE LAISSERAIT PAS UNE BANDE TRIPLEMENT ILLEGITIME D’INKOMPETENTS BULLCHIITEURS BULLCHIITÉS AU TROGNON NEOQARAMITHEUX KALAMITEUX MYTHOS ACHEVER CE PAUVRE PAYS DECHIKETÉ QUOTIDIENNEMENT TOUT DU LONG DE LEUR FOUTU DOUBLE QUINKHANNAT SATRAPOSABOTEUR INFAMANT QÔMME AFFAMEUR !

      REDDITION INTEGRALE DES QÔMPTES AUX VICTIMES DU REGIME PARJURANT ET A TOUT LE PAYS !

      QUE LE REGIME PARJURANT POUTSCHIK SATRAPOSABOTEUR PEUPLICIDAIRE DEGAGE LE PLANCHER SANS FAÇON DU SOL AU ZAGAFOND !

      RETOUR AUX PRINCIPES FONDAMENTAUX DEMOCRATIQUES D ESPRIT 2011 ET LETTRE COMMUNE 2014 REFORMÉS COMME CONTINUÉS SANS ENTRAVES NI INGERENCES NI CONCESSIONS NI KONTORSIONS NI QÔMPROMISSIONS.

      HONTE À « L’ILLITE TINISIENNE » D’ARRIERE PETITE COUR DE RECREATION !

      MAUDITS SOIENT LES POMPIERS PYROMANES ZAGAFOUS DU BUS ET QÔMDUKTEURS IMPOSÉS FRAKASSANT LE PAYS MUR APRÈS MUR !

      ALLEZ AU DIABLE AFREAKS AGENDA 2060, TN VISIONS OF DIVISION SOON IN YOUR HOOMA HOOD, MOLLAH-LA-LAND DES VELAYATA EL FAKASSA KHRAMAYNA GROSSE CHATTE À SCHRODINGER DE SES MORTS , FRANCALGERIATRIE EN TREILLIS ET EMIRATÉS MZAWARABES UNIS !

      https://m.youtube.com/watch?v=t73o0ohfgb4&list=RDt73o0ohfgb4&start_radio=1&pp=ygUQdGhlIGxvc3QgYnVzIG9zdKAHAdIHCQmjCwGHKiGM7w%3D%3D

      https://m.youtube.com/shorts/jIbW3Bc_ns0

      https://m.youtube.com/shorts/8iLEZfbQVYs

      https://m.youtube.com/watch?v=iYfAFDQm7O8

      https://m.youtube.com/watch?v=YVMUjAE-0SM&list=RDYVMUjAE-0SM&start_radio=1&pp=ygUUaWxsaXQgbWFnbmV0aWMgYXVkaW-gBwE%3D

      https://m.youtube.com/shorts/TXNovNSNP0w

    3. A4

      Répondre
      26 juillet 2026 | 12h58

      Au « complexe sécuritaire et judiciaire », et avec tous mes respects !

      POULETTE
      Ecrit par A4 – Tunis, le 09 Mai 2026

      Tous les cabots de la grange
      Fiers et contents sont aux anges
      Ils peuvent danser et faire la fête
      A la santé de la poulette
      Qui par manque de neurones
      S’est plantée en haut du trône

      Ils lui disent en langue de chiens
      Qu’elle est l’idole des batraciens
      Que tous les moutons de la brousse
      Aiment bien l’entendre quand elle glousse
      Qu’ils sont prêts si elle le souhaite
      A ne faire que baisser la tête

      Ils lui racontent des salades
      La rendant encore plus malade
      Que les rats et les gros cochons
      Ainsi que cigales et pigeons
      Sont à l’extase comme des mordus
      A chaque nouvel œuf pondu

      Connaissant bien sa trouillardise
      Les clebs, il faut bien qu’on le dise
      Lui ont saturé la cervelle
      Avec des complots à la pelle
      Pour qu’elle soit troublée mais bien sage
      En ne quittant jamais sa cage

      C’est ainsi qu’ils ont carte blanche
      Pour sévir lundi comme dimanche
      Pour traficoter sans limite
      Sans compte à rendre, sans poursuite
      En rongeant les os et les chairs
      De tout ce qui rode sur cette terre

      Il faut les voir tous ces clébards
      Quand ils piétinent sans crier gare
      Quand ils accusent de trahison
      Quand ils saturent toutes les prisons
      Puis qui rigolent, disent en cachette:
      Qu’est ce qu’elle endosse, pauvre poulette !

    4. Tunisino

      Répondre
      26 juillet 2026 | 12h34

      Faouzi Abderrahman ne connait pas la Tunisie, il a été parachuté après 2011 comme beaucoup de nouveaux arrivés, pour devenir ministre sans avoir le recul nécessaire, dans le cadre d’une répartition aveugle des valises politiques sur les partis vainqueurs, sans projet sauf de gouverner pour gouverner et que la Tunisie aille à l’enfer.
      1. L’administration tunisienne a été cadré depuis 1956 par le PSD puis par le RCD, pour servir la politique de l’Etat. La loyauté n’est pas à la patrie mais au parti, faute d’un projet national de développement durable.
      2. L’administration tunisienne s’est remplie graduellement par des opportunistes, disciplinés mais incompétents, qui se sont convertis à servir les partis vainqueurs de l’après 2011, l’essentiel est de grimper l’échelle de responsabilité.
      3. Saied méprise l’administration car il voit ses responsables comme capables de faire tout pour grimper l’échelle de responsabilité, même en se terminant à la prison!
      4. Pour que la Tunisie devient un pays meilleur, il faut plutôt croire à un futur meilleur et durable, au sens anglophone, où les limités, les égoistes, et les déséquilibrés n’ont aucune chance à atteindre des responsabilités.
      2. L’administration profonde au sens francophone est un effet qui a pour cause l’excès de confiance des fonctionnaires face au remplacement périodique des responsables. Au sens anglophone, c’est profond, il s’agit du garde des deux rails du progrès durable, démocratique et technique, qui est capable de faire tout, même éliminer un mauvais président pour le bien des deux rails!

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