Les alertes se multiplient autour des conséquences des coupures d’électricité dans les établissements de santé. Lundi 27 juillet 2026, le président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM), Wajih Dhokkar, et le président de l’Association tunisienne de défense des droits de l’enfant, Moez Cherif, ont dénoncé une série de dysfonctionnements qu’ils jugent particulièrement graves, évoquant notamment une coupure d’électricité ayant touché le service de réanimation néonatale de l’hôpital Wassila Bourguiba de La Rabta.
Des nouveau-nés ventilés manuellement
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, Wajih Dhokkar affirme qu’une panne d’électricité est survenue la veille dans le service de réanimation des nouveau-nés de l’hôpital La Rabta, où sont pris en charge des nourrissons sous assistance respiratoire.
Selon lui, cette situation a nécessité le rappel en urgence de médecins à leur domicile afin qu’ils assurent manuellement la ventilation des nouveau-nés. Il indique qu’une cellule de crise a été mise en place et que les services de néonatalogie des autres hôpitaux de Tunis ont été contactés afin d’accueillir les nourrissons si un transfert devenait nécessaire. Il précise qu’aucun décès n’a finalement été enregistré.
Le médecin estime toutefois que cet épisode illustre les failles du système hospitalier face aux délestages, dénonçant des groupes électrogènes absents, défaillants ou ne couvrant qu’une partie des besoins des établissements.

Eau, électricité et moyens de secours en cause
Dans la même publication, Wajih Dhokkar affirme également que l’hôpital de Mahdia s’est retrouvé privé d’eau, au point que des équipes ont dû s’approvisionner auprès d’habitants vivant à proximité de l’établissement.
Il évoque aussi la situation à Gabès, où dix décès auraient été enregistrés en vingt-quatre heures, dont deux personnes transférées depuis un établissement pénitentiaire, tout en dénonçant le manque de moyens logistiques pour faire face aux effets de la canicule.
Le président de l’OTJM critique par ailleurs le silence du ministère de la Santé, estimant que les responsables hospitaliers hésitent à déclarer une situation d’urgence ou à prendre certaines mesures sans instruction de leur hiérarchie.
Une inquiétude pour les séquelles chez les nourrissons
De son côté, le président de l’Association tunisienne de défense des droits de l’enfant, Moez Cherif, a confirmé, dans une publication distincte, qu’une coupure d’électricité avait touché le service de néonatalogie de La Rabta, obligeant le personnel médical à ventiler manuellement les nouveau-nés.
Il déplore qu’un service de réanimation ne soit pas en mesure d’assurer la continuité des soins dans de telles circonstances et rappelle qu’une baisse de l’oxygénation cérébrale chez un nourrisson peut entraîner des séquelles neurologiques graves et irréversibles.
Des alertes qui se multiplient
Ces nouvelles déclarations interviennent quelques jours après les précédentes alertes lancées par l’Organisation tunisienne des jeunes médecins. L’OTJM avait alors estimé, sur la base des remontées de jeunes médecins exerçant dans les hôpitaux publics, que le nombre de décès liés à la canicule pourrait se situer entre 150 et 200, tout en regrettant l’absence de bilan officiel communiqué par le ministère de la Santé. En effet, à ce stade, aucune source officielle n’a confirmé les faits rapportés ni les chiffres avancés dans ces publications.
L’organisation avait également appelé les autorités à mettre en place une cellule nationale de crise, à publier des données sanitaires régulières et à renforcer les moyens des établissements hospitaliers confrontés simultanément à la vague de chaleur, aux perturbations de l’approvisionnement en eau et aux coupures répétées d’électricité.
M.B.Z











